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Il est dit, selon la théorie du Chaos, que quelque chose aussi petit que le battement de l'aile d'un papillon peut finalement causer un typhon à mi-chemin autour du monde.


 

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 all we do is feel the fade (siley)

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Silena M. Eastwood

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MessageSujet: all we do is feel the fade (siley) Mar 4 Oct - 19:10




all we do is feel the fade
all we do is hide away






sordide et avide, destinée aux appétits farceurs, je l'ai compris il y a bien longtemps, ton dessein n'est pas de me livrer au plus obscur des saints, mais de m'admirer errer au tréfonds des méandres de mes propres erreurs, enfant terrible & sans cœur, pour finalement comprendre que je ne peux espérer vivre que si je meurs. vérité sibylline, tu te dévoile dans la douleur assassine de ce spectre mourant gonflé d'une âme enténébrée de mortifères prières que rancunière, j'ai faite d'or & de pierre, et, pourtant, là, battant l'ode des espoirs défaits, elle ne renait qu'au rythme irrégulier de mon cœur qui a, sans le savoir, appris l'espoir. traître, infâme, pourquoi rendre plus amer le parfum de l'éphémère quand déjà je suis damnée au plus abominable des cercles de l'Enfer ? étreintes de milles démons ravageurs, je me meurs de l'intérieur, m’écœure, me leurre, car s'il ne me détruisent & ne me brisent si bien, ces cauchemars enfantins, c'est que je leur offre le plus ironique des soutiens : le mien. aveuglément déchirée de mes propres mains, j'ai au bout des doigts leur sang mêlé au mien, vendant les honneurs obsolètes d'une existence enlisée dans les perfidies & les bassesses, abusée aux délices illusionnés d'un ange vengeur aux ailes brisées, pour avoir l'artificiel pouvoir d'étendre sur le bonheur indocile les ombres épaisses des malheurs faciles. trompée & égarée, je réside en chaque ingénue que j'ai perdue, en chaque supplice & chaque cicatrice que je tisse, chaque haine, chaque blasphème craché à la gueule de ceux qui aiment sans peine, nichée au creux des mensonges que je fredonne chaque jour pour oublier les indélébiles cicatrices des amours imbéciles. il n'y a pas d'issue pour les errants de la folie du monde, et me pliant au rôle de l'éternelle vagabonde, je concède qu'à mes côtés ne demeurera à jamais que le reflet immonde de ce que j'ai fais de mon âme aussi égarée que débauchée.

alors, je ne veux pas que tu me vois, mais dans le chaos de ce monde qui nous désigne les proies indignes d'une main divine, il n'y a que toi et nos pitoyables ruines. la fierté étranglée sous les liens d'une mort qui vint effleurer l'âme noircie de son souffle inassouvi, j'ai à peine la force d'orchestrer la comédie du fiel & des dédains habituels. victime de mes manies mesquines, c'est pourtant par toi que je me retrouve ici-bas, piégée dans les abîmes de mon esprit obscurci où je n'ai jamais aussi bien senti mon propre effroi. la rancœur gonfle sous le cœur faiblissant, à toi qui n'a de cesse de m'entraîner dans tes manigances achevées dans le sang & les tourments. qu'as-tu fais de moi ? reine déchue au corps incandescent drapée de blanc, balançant de l'inconscient au conscient & du mourant au vivant, j'ai vu la mort rire de mes déboires quand j'ai plongé en l'absolu & terrifiant noir où cette ultime étincelle oscillante et désespérement persévérante allume la carcasse d'une dernière lueur d'espoir. l'espoir. je le hais & c'est pourtant je le crois, dans cet univers malade & froid, mon seul allié.

car vois-tu, malgré la damnation dont je subis éternellement le crime, je vis. je vis & je te dévisage, puisque toi aussi, tu l'es, en vie. rescapés, naufragés, simples jouets d'une déplaisante entité, je ne te le dirais jamais, mais en toi je vois le reflet de ma propre volonté. survivants ébréchés de cette tragédie amère qui ne nous épargne guère, chaleurs communes & compagnons d'infortunes, sans l'avouer, ta chaleur à mes côtés est le pilier qui me permet de ne pas sombrer car de ta simple présence tu chasses la solitude & ses monstres qui me dévorent sans lassitude. héros involontaire, étrange sauveur de cette diablesse délétère, je t'ordonnerais de rester si jamais l'idée te venais de m'abandonner car envers moi tu es redevable, toi qui m'a plongé dans les affres abominables d'une déliquescente visible sur mon blafard visage où s'expriment l'agonie des ravages de la vie qui s'est perdue & d'un caprice est revenue.

et malgré les myriades d'émotions qui font désordre, le désagréable soulagement d'entendre ta machine bipper, la fierté mal placée me fait murmurer sans bien savoir si tu es réveillé un ; « je ne serais donc jamais débarrassée de toi ? » je souffle, m'essouffle. écorchée, blessée, plongée en l'éternel ressac de mes persistantes douleurs, enchaînée aux tourmentes de l'horreur, je reste la persifleuse, ténébreuse & monstrueuse survivante qui te fais l'illustre honneur d'une moue arrogante.

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MessageSujet: Re: all we do is feel the fade (siley) Sam 22 Oct - 4:33


❝ Way down we go ,
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Mes diaphanes épuisées et brûlantes de fatigue s’enlisent dans le flou, contemplent ce blanc plafond de plâtre. Une couleur bien fade et sans fable. Chambre sinistre, bien que immaculée, son odeur javellisée soulève mon âme et son insipidité renverse mon erratique agonisant. Si vide est son espace et si vaste est sa voûte. Tombeau de jaspe. Mon esprit veut s’évader au loin, survoler ses lumières criardes, ses murs blafards, voguer au travers de ce bassin vermeil d’âmes en peine qui scintille la misère et nous offrent cette immensité innocente d’une mort si vivante. Mon âme appartient à ce monde de moribonds. En ces limbes, tu es erre et erre encore. Plus fort que le tonnerre, plus foudroyant que l’éclair, l’odeur âcre de cet espace trop blanc s’empare de moi, me déchire, m’assiège et m’oblige à rester prisonnier de ces ténèbres lactescentes. Mon thorax encore encrassé du soufre, des braises, des flammes, de l’Enfer, je reste là, couché sur le dos, à contempler ce blanc plafond de plâtre, me rêvant dominer son effroyable hauteur.

Prison. Elle m’engloutie et de mon sort elle se rie. Je résiste à ses humeurs et méandres. Le plafond qui semble s’affaisser, mon sein qu’il oppresse, ma respiration qui s’empresse, mes poumons qui s’enflamment, mon torse qui se soulève, mes lèvres qui s’ouvrent de peine et la haine qui resurgit. Je lui résiste, malgré ses artifices infâmes qui animent et embrasent. Elle m’a malgré moi vaincu, mais je lui résiste toujours. Je ne vais pas crever dans ce lit et dans cette chambre !

Mes muscles se contractent, puisent dans la piteuse réserve, poussent la déchéance, s’enlisent encore plus profondément sur la voie de la détresse, ignorent ce corps défraichi qu’ils ne supportent plus, ma main pansée qui agrippe la rambarde du brancard, mes entrailles qui s’émaillent lorsque je m’assois sur le matelas trop dur et inconfortable. Mes diaphanes fixent maintenant un mur. Aussi blanc et terne que le plafond. Mur qui semble se rapprocher alors que la chambre devient tout à coup si petite. Je ne vais pas crever dans ce lit. Je ne vais pas crever dans cette chambre !

Poussant le plus terrible des soupirs, d’un souffle, d’un simple souffle, la terreur m’envahie et m’étrangle. Et je tremble. Et je m’étrange. Et je tremble de plus belle. J’ai peur, véritablement peur. Tant je sens ma vie enlacée l’horrifiante pensée qui m’a condamné il y a de cela plusieurs mois. Je vais mourir. Je vais mourir dans ce lit. Dans cette chambre…

Tombeau de jaspe. Ta voix, arrogante, emplie de mépris, qui parvient à sonder les bips tonitruants de ces machines qui nous gardent en vie et qui semble apaiser mon esprit. Le corps transi à en avoir horriblement mal, mes yeux fou d’épouvante s’arrachent de ce mur trop blanc et viennent dévisager ton livide visage. Ton masque de porcelaine, ta figure hautaine et belle, quoique ravagée. Ce n’est que maintenant que j’ose véritablement le regarder, ainsi coincés dans les vapeurs de cauchemar et de nos soirs prolongés. Vas-y dédaigne ma présence qui au fond de ton regard onyx lui plait… comme moi je me rebute de ta compagnie qui m’empêche pourtant de sombrer dans la folie. Dans l’immuable cercueil, nous lacérons à l'âme une entaille profonde… bien profonde.

- Je me suis demandé la même question lorsque j’ai entendu le toubib prononcer ton nom, que je crache, littéralement, à bout de souffle, tandis que d’un geste un peu trop intrépide je m’empare de mon oreiller et te le balance à la figure.

Stupide stupidité ; une quinte de toux m’achève, je tombe à la renverse dans mon lit, fixe ce foutu plafond, m’encastre dans le pif ma sublime lunette nasale de mon pouce et index. Si près de cracher un poumon, j’entends des souliers claquer à l’extérieur, dans le couloir… pas de course qui se rapproche de notre chambre et retentit illico dans notre chambre.

Infirmière : Mademoiselle Eastwood, de grâce, vous êtes enfin éveillée !

La blouse bleu pastelle se précipite sur toi et s’empresse d’ausculter tes constantes.

Infirmière : Le docteur Stross est en chemin. Il va vous informer de votre état. C’est un miracle ! Un miracle, oui !

À ces mots, mes diaphanes se posent à nouveau sur toi…
Que reste-t-il de nous dans la tempête ?
Que sont devenus nos cœurs, en cet enfer qui fait la fête ?
Est-ce que tu as sombré dans l’abîme du rêve et peux scander toi aussi miracle ?

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MessageSujet: Re: all we do is feel the fade (siley) Lun 13 Mar - 19:11




all we do is feel the fade
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paradoxes aux balafres bien similaires, charognes rugissantes aux cœurs de fer, c'est en écho que geignent nos carcasses et chantent nos misères. d'usure nos corps crient grâce, d'effroi nos âmes se glacent, et à l'unisson de nos silences les mornes lamentations s'entrelacent. et l'entends-tu, l'harmonie de nos tombeaux jumeaux où repose ensanglanté le suaire de ces univers à la fois d'or et de poussière ? reflets intimes d'un atroce sublime, lorsque nos ruines d'âmes rutilent dans ces mêmes cercueils d'os, de chair et de bile, de l'autre côté du miroir je te contemple à travers les flammes de l'enfer, consumée, desséchée, fragile et versatile idole aux rêves de gloire qui se fanent et s'étiolent. alors inexorablement, mes ténèbres s'accrochent à tes ténèbres, mes soupirs rampent à tes lèvres et mes douleurs font de tes douleurs le sanctuaire et la trêve. jusqu'en nos allures ici-bas s'entremêlent pour nous faire enfants du néant, nous qui invitons sur nos échines la mort en cicatrices, et la vie en supplice. sauvés pour mieux être damnés. nos dépouilles agonisantes qui de concert désenchantent. nos souffrances muettes qui sous nos crânes émaillés de tragédies hurlent et violentent. nous sommes ces vestiges d'outre-monde qui, à ses confins obscurs et immondes, soupirent et se brisent. nous sommes ces vagabonds sans nom et visage qui se font naufrage lorsque nos tourments d'un cri de l'âme se cristallisent. ivres d'horreurs, nous noyons sous le fiel de ces lèvres gangrenées d'écumes pestilentielles les douleurs qui nous lacèrent et nous écœurent. malades et ravagés, nous rêvons de miracles lorsque sous nos dermes de nacre ne serpentent que décadences fébriles et crépuscules indélébiles.

pourquoi faut-il que tu te fasses miroir lorsqu'en ces heures si noires ruisselle contre nos tempes la sinistre cantate du désespoir ?


si de tes maudites lippes l'outrage saigne, ce sont en mes obscures sentinelles que se réverbère un instant l'horripilant éclat de l'indignation. tu as osé. me débarrassant de l'oreiller d'un geste bien trop lent pour incarner avec brio l'immensité de l’agacement qui présentement incendie mes veines, je jubile d'un rire mesquin lorsqu'une violente toux te fais vicieusement comprendre que face à ta déliquescence ta volonté est vaine. « triste chose que le karma. » insensible et pourtant désabusée, j'ai l'intime sensation que le sort a fait de nous ses jouets les plus abîmés, nous réparant pour mieux nous briser. imbéciles, nous sommes des pantins imbéciles qui fuient des destins ancrés à leurs nuques en ces fils invisibles qui nous guident et nous manipulent. alors pourquoi lutter, dis-moi, si la fatalité s'attache à chacun de nos pas ?

au bord des lèvres l'amertume s'amarre lorsqu'une infirmière pénètre en notre prison aseptisée pour se précipiter vers le marbre fissuré de ma silhouette pâle et ravagée. l'enthousiasme est agaçant ; la présence d'autant plus qu'elle est un constant rappel de mes splendeurs décadentes. « admirable déduction. » que je rétorque sarcastiquement à sa remarque, l’œillade méfiante, grinçante. les exclamations vrillent le crâne, les miracles percent le myocarde d'un frisson infâme. me parviennent rapidement les bruits de pas qui martèlent le sol, et voilà la figure du fameux docteur qui s'approche de moi, un sourire exécrable de bienveillance brodant ses lippes d'un doucereux émoi. « vous avez échappé de peu à la mort, mlle eastwood. la balle qu'on a tirée a frôlé votre cœur de 2 millimètres. » si près. si près de renoncer au marasme de péchés qui siégeaient si bien au creux de ces épaules graciles, si près d'abandonner la noirceur de ce cœur versatile sur l'autel d'un dénouement à la fois tragique et ironique. « des séquelles seront à prévoir, bien sûr, mais selon l'amélioration de votre état, je peux vous assurer le véritable danger est désormais loin. vous avez eu beaucoup de chance, et je suis certain que vous serez ravie d'apprendre que votre enfant est également sain et sauf. » les sourcils se froncent. les lèvres s'entrouvrent.  « je ne suis pas enceinte. » conviction éperdue. l'esprit s'illusionne mais les lèvres tremblent. la certitude emprisonne mais le doute insidieusement résonne.« les scanners ne mentent pas. vous l'êtes depuis environ quatre mois. » les mystères éparpillées aux recoins occultes de deux sphères néantisées desquelles reluisent plus obscurément que jamais les nébuleuses profondeurs. les lèvres se crispent, les entrailles se tordent, le cœur étouffe.  « sortez. » « mademoiselle ...sortez. » l'impérative détresse le convainc. d'un geste, il congédie sa collègue ; déjà plongés dans l'oubli alors que le seuil est à peine franchi. d'une main malhabile j'étanche la porcelaine de mon visage défait, ensevelissant le souffle frénétique, l'angoisse vertigineuse qui brûle avec une ardeur démentielle mes veines, mon âme, mon cadavre incandescent d'une infinité de prières chimériques et d'insensées suppliques. non, c'est impossible. c'est impossible. les doigts effleurent instinctivement la courbe de l'abdomen tandis que les neufs cercles de l'enfer déchaînent au creux de ma carcasse désarticulée des milliers d'incendies et la martèlent d'autant de peines, poignardant les minces clartés d'humanité de ces lames aiguisées sur le fil amer des pénitences, forgées dans le diamant des larmes pécheresses et des suaves déchéances. je ne peux pas. pas moi. j’enfante l'horreur, la peur, le malheur ; tisseuse de cruautés, faucheuse carnassière, ensorceleuse funeste j'apporte reluisante d'obscurité la mort aux rêveurs et la gloire aux pécheurs. sur le sel de mes malices s'écorchent les cœurs et s'étranglent les candeurs. sur le fil de mes vices dansent l'orgueil et la vanité, tandis qu'avec mélancolie l'espoir m'a depuis longtemps rejetée. il n'y a pas de lumière ici-bas, il n'y a rien de bon qui puisse naître sur ces contrées dévastées où seules s'enracinent quelques illusions délavées, des décombres de ce qui a été et qui ne sera plus jamais. je ne suis pas née pour espérer. je ne suis pas née pour apprendre à vivre. à moi, à lui. ébauche de pureté au sein même d'un mal à quoi rien ne peut remédier. tu vas l'empoisonner. tu vas l'étouffer. tu vas le tuer. pourquoi attendre d'être blessée ? épaulée de l'énergie des désespérés, je me redresse, saisissant fébrilement le couteau apporté avec le plateau où gît encore intact le repas destiné à mon estomac désormais serré par un colossal désarroi, dégage la chemise de mon bas-ventre pour lever l'arme au delà. quatre mois, tu sais que c'est trop tard. j'expire, j'inspire. meurtrière fiévreuse. fais-le. le geste se suspend ; la lame à peine enfoncée de quelques millimètres, la carne blafarde parée d'une larme écarlate, la paupière bordée d'un unique éclat de cristal qui délaisse à son passage un sillon salé et amer. le courage manque. d'un cri de rage, j'expie la frustration qui ronge et ravage et lance violemment l'arme au loin. faible faible faible. déglutissant avec difficulté, ma silhouette de mort-vivante reste immobile, incapable de supporter un regard, un jugement, un mot, une fêlure de plus, et c'est d'une voix que je veux froide et dénuée de sentiment que je déclame, fixant le mur immaculé me faisant face, une énième menace qui délicatement se flétrit et se fane.« tu n'es au courant de rien, c'est clair ? »

sauvés pour mieux être damnés.
la mort nous refuse, et la vie nous abuse.
alors, dis-moi, que reste-t-il de nous, sinon des ruines et des lueurs qui inlassablement déclinent ?


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MessageSujet: Re: all we do is feel the fade (siley) Sam 29 Avr - 15:48


❝ Way down we go ,
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Tous les deux allongés en ces inconfortables lits, profonds comme des tombeaux, nos deux erratiques jumeaux, emprisonnés entre les cloisons de chair et d’os, qui émettent en le silence l’hymne des tambours de guerre alors que la chute dans nos ornières mortifères ne nous promet absolument rien de beau une fois échoués au cœur de la terre.  Nos âmes si lourdes et si sales qui se cachent en les reflets vermeils, nous emmitouflant dans les mystères dormants et les flammes de ce noyau de feu qui remontent à la surface, consument de son éther brumeux nos pieux et nos reposoirs de mort qui s’éblouissent dans la cruelle lumière. Que l’on sommeille tristement, avec nos poitrines gonflées, tous les deux bercés par les souffles pénibles et pétrifiés dans nos corps gelés. Sains et saufs. Vivants. Morts et vivants… minables survivants.

« …vous avez eu beaucoup de chance, et je suis certain que vous serez ravie d'apprendre que votre enfant est également sain et sauf. »

Au fond des abîmes qui abiment, les visqueuses tentacules, les rugueuses racines, surgissent de l’ombre, entraves qui s’attachent à nos chevilles et poignets, entraves de mort et de vie, Ange et Démon qui s’obstinent le droit de nous traîner trop bas ou trop haut, jouets massacrés et jouets sacrés. Ils ne nous laisseront jamais reposer en paix ! Indésirable témoin de ton agonie silencieuse alors que s’étalent sur nos cœurs passants le suaire blafard de cette nouvelle prétendue heureuse. Nos miroirs qui se déforment, reprennent forme, tout se dessinent, se redessinent, tes rêves s’endorment et tes cauchemars naissent.

« je ne suis pas enceinte. »

Suave mensonge, tu te ronges dans le sommeil, ma pauvre ! Le Destin a fait son choix, c’est dans tes racines qui se déciment, que le pieu s’est planté et que la vie veut exister ! Combler le vide avec le vide, tu n’en veux pas et porter cet espoir en toi est pour toi l’éternel désespoir. Ils ne nous laisseront jamais reposer en paix ! Couché dans mon tombeau, je vois tes sortilèges qui deviennent à l’étroit alors que nos miroirs plongent au sein de l’Autre et que pour toi j’offre la triste foi. Reflet amer. Reflet dépouillé de toutes chimères. Reflet démuni de prière et qui se brode d’ornières. Contre les remparts tu rampes, maudite, si triste, t’engourdir de la noirceur des gouffres, pour ignorer ce qui étouffe et ce qui t’empoisonne de soufre. Tu préfères la chute et franchement ma moralité également s’y bute. Après la mort, il ne peut pas y avoir de vie et avec toi je prie. Au fond des abîmes qui abiment, les visqueuses tentacules, les rugueuses racines, surgissent de l’ombre, entraves qui s’attachent à nos chevilles et poignets, entraves de mort et de vie, Ange et Démon qui s’obstinent le droit de nous traîner trop bas ou trop haut, jouets massacrés et jouets sacrés. Ils ne nous laisseront jamais reposer en paix ! Sains et saufs. Vivants. Morts et vivants… minables survivants. Tous les deux allongés en ces inconfortables lits, profonds comme des tombeaux, nos deux erratiques jumeaux, emprisonnés entre les cloisons de chair et d’os, qui émettent en le silence l’hymne des tambours de guerre alors que la chute dans nos ornières mortifères ne nous promet absolument rien de beau une fois échoués au cœur de la terre.  Nos âmes si lourdes et si sales qui se cachent en les reflets vermeils, nous emmitouflant dans les mystères dormants et les flammes de ce noyau de feu qui remontent à la surface, consument de son éther brumeux nos pieux et nos reposoirs de mort qui s’éblouissent dans la cruelle lumière. Que l’on sommeille tristement, avec nos poitrines gonflées, tous les deux bercés par les souffles pénibles et pétrifiés dans nos corps gelés.

Désormais la chaleur.
Désormais la laideur.
Mentir parce qu’au fond on a peur.
Désormais la moiteur.
Désormais l’Horreur.
Si laide, elle est cette splendeur.


Que reste-t-il de nous dans la tempête ?
Que reste-t-il de nous, sinon des ruines et des lueurs qui inlassablement déclinent ?

Mon âme fait écho à la tienne. Ma figure de vieux jaspe ravagé qui lentement fait face à la blancheur du plafond, toujours étendu de tout mon long en ce lit qui nous tue, dans le coin de mes diaphanes cireuses, je vois ta main qui s’agite alors que tu t’agites avec elle…

- Silena…

Mon souffle rêche qui se perd rapidement dans le désert de ton cri d’Enfer, te voyant t’emparer de cette arme, pour sacrifier la brebis qui s’est égarée dans les coffins de tes entrailles. L’artifice de tes horreurs m’immole et met en éclat tes ténèbres. SILENA ! que mon âme te crie, te hurle, silence, silence, alors que la lame rutilante brille et vient creuser sa pointe en tes chairs. SILENA ! qu’exhume mon souffle de moribond alors que j’amorce le prolongement de ma détresse en me redressant lourdement de contre mon lit, une main attachée à la rambarde de fer et la jumelle, tremblante, qui cherche désespérément le bipeur à côté de mon oreiller. Horrifiant ballet que nous menons, ô, mon amer reflet, lorsque ma main s’empare de la télécommande et que la tienne lance au loin dans l’oubli ce qui aurait pu te soulager le mal de cette vie.

« tu n'es au courant de rien, c'est clair ? »

Vaincu, mon monde chavire tout contre le tien alors que mon corps souillé s’échoue lourdement contre le matelas. Silence, silence, mais toujours ce SILENA, que mon âme hurle en ces bourbeuses carences.

- C’est clair…

Silence, silence, mais cette goutte salée qui danse sur la commissure de mon œil, perle paresseusement sur mes cils et ne devient qu’un souvenir lorsqu’elle meurt sur le marbre de ma joue, timide écho à mon âme qui s’est passagèrement perdue dans la tienne. Ils ne nous laisseront jamais reposer en paix !

Ma tête, lourdement, tourne sur le côté, mes claires diaphanes cessant de défier ce trop haut plafond, pour venir contempler le gris et morne paysage qui s’écrase sur un horizon sans promesses et bourrelés de bassesses. Là-haut, tout là-haut, dans les bas nuages, perdu dans la brume, perdu dans l’écume, s’envolent et volent ces deux oiseaux comme immergés de nulle part. De la petite lucarne de notre chambre, je les vois qui s’approchent frileux, les ailes engourdit sous la lourdeur grise des cieux voilés… oiseaux de malheur qui croassent et laissent résonner le lointain murmure de nos vies mises en deuil.

Ils ne nous laisseront jamais reposer en paix !

THE END
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