Un p'tit vote



Il est dit, selon la théorie du Chaos, que quelque chose aussi petit que le battement de l'aile d'un papillon peut finalement causer un typhon à mi-chemin autour du monde.


 

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 Open Scars || ft Salem

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Arizona J. O'Malley

❖ Date de naissance : 14/11/1991
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MessageSujet: Open Scars || ft Salem Lun 18 Juil - 1:49


I am running into the fire tonight, this war is easily lost
❝Cause I can't cut these wires, and sparks will turn into a fire || feat Salem L. O'Malley❞




Et au travers des flammes j'accours, scandant à la fois ton nom et mes intarissables incantations, nébuleux murmures qui en les méandres de ton cœur obscure se fracassent puis irrémédiablement s'effondrent à mesure que le spectre de mon image à l'intérieur de toi doucement se fane, meurt puis s'efface. Et perdu en l'île des souvenirs se soulèvent les cendres de ton absence, exaltées par le souffle de mon silence, virevoltant en cet ailleurs depuis lequel je ne fais que t'attendre en équilibre sur la divine balance à mesure que tu t'enfonces et t'enlises en cette vie morcelée que tu crois tienne là où elle n'est que le fruit du mensonge obscène. Ô mon frère, toi qui es mon paradis et mon enfer, ne vois-tu pas que je suis celle qui manque en cette prison aux murs de verre en laquelle sournoisement jour après jour ils t'enterrent? Ainsi vrillent nos souffrantes pensées, s'échappant de ton esprit embrumé et frappant mon cœur que ton amour à depuis des années ciblé puis abîmé, elles le touchent puis le transpercent afin de mieux ranimer en tes veines ce vieux sentiment qui te parait si étrangement familier. Moi qui ne suis qu'une inconnue qui vogue et valse parmi les ombres des sans visages qui t'encerclent et t'accablent là où le temps passe et te terrasse. Toi qui n'es plus désormais que le vestige de l'homme qui fut et de cet autre que je n'ai jamais eu. Jamais nous ne fûmes et jamais nous ne serons et pourtant, au travers des flammes sans cesse pour me rapprocher au plus près de toi j'accours. À toi je ne peux renoncer, à cette sinistre vie en laquelle sans toi je ne fais que vagabonder je ne peux t'abandonner, car au travers de la nuit noire brillent encore nos étoiles contraires qui font vrombir en nos âmes le chant de l'espoir qui rend à la fois fou et amer. Et je le sais que toi aussi tu l'entends, étouffée en ces nébuleux murmures qui en les méandres de ton cœur obscure se brisent puis subitement disparaissent, notre ode à l'apogée de son déclin cinglant qui meurtrit et oppresse. Ainsi je la parcours cette île aux souvenirs depuis laquelle tu ne fais que nous laisser mourir. Le temps pour moi se fige, là où ses émissaires se glissent jusqu'en ton lit laissé froid par le spectre de ma présence qui te hante et lentement nous afflige. Et il tue, l'interminable vertige. Et il lacère, notre immuable enfer. Alors pour éviter l'inexorable chute au travers des flammes j'accours, plongeant en le feu rutilent, m'abandonnant en le brasier ardent car je sais que lui seul saura éclairer ton cœur agonisant. Ô mon frère, toi qui es mon paradis et mon enfer, quand prendras-tu pitié de ma bien trop longue misère? Égoïste pour nous, je me retrouve à nouveau à défier les lois. Tremblante, j'ai besoin d'entendre à nouveau le son de ta voix. Téméraire, en cet instant je romps mon pacte avec Lucifer, car plus à moi l'on t'interdit et plus fort voilà que je t'espère. L'on sonne à l'entrée et le clair tintement au travers de l'appartement enfin résonne. Mes doigts s'enroulent autour de la poignée au métal doré et un frisson parcourt mon échine tandis que mon corps tout entier vient tout à coup se crisper. J'ouvre la porte et mon cœur se resserre. Une inspiration et les émotions subitement me submergent. Un soupire et les pensées se taisent lorsque lentement à ta vue la souffrance s'apaise. Mes céruléennes viennent pour la première fois depuis qu'en l'abîme ils t'ont conjuré rencontrer tes mornes azurées. Et ni la nuit ni le jour en nos yeux désabusés ne viennent s'abriter, car suite à cette fatidique journée, à la triste pâleur les voilà qu'ils les ont éternellement condamnés.

- Ivy ? Qui c'est?

- C'est ta livraison grand-mère.

Je me décale légèrement, t'invitant ainsi à pénétrer à l'intérieur :

- Bonjour, excusez-moi, ça ne vous dérange pas d'entrer un instant? Le temps pour moi de l'aider à descendre l'escalier.

Je tourne alors des talons, gravissant les quelques marches qui mènent à l'étage supérieur pendant que tu t'engouffres en cette parfaite réplique de la maison de notre enfance. Des bibelots aux différents portraits qui avaient pu par le passé nous entourer, tout en passant par la teinte des murs demeurés inchangés aux photos de nos plus tendres années, je te laisse sciemment t'engouffrer en cet antre aux souvenirs érodés que j'ai pris soin de minutieusement reconstituer. Ce n'est que quelques minutes plus tard que je reviens auprès de toi accompagnée de Lisa Hayes, cette femme qui sait tout de nous et qui a bien accepté de m'aider à te retrouver. Cette dernière prend place sur le canapé du salon pendant que je me rapproche de toi :

- Je vous remercie pour votre rapidité, on commençait à désespérer.

Je jette un regard sur l'horloge du salon avant de redéposer celui-ci sur la silhouette de la vieille femme et d'ajouter :

- Bon tu vas enfin pouvoir prendre tes médicaments !

Je m'empare alors d'une des deux boites coincées sous ton bras, la plus petite bien évidemment, me réservant l'autre pour la suite de mon plan puis, prenant place aux côtés de ma complice, voilà que je déballe les fameux remèdes. S'installe une discussion entre moi et ma partenaire de crime qui finit par t'interpeler :

- Hum Monsieur ?? Quel est votre nom jeune homme? M'enfin, peu importe, venez donc vous asseoir avec nous! Grâce à vous, je pourrais enfin endurer cette journée sans sentir le moindre de mes vieux os se désagréger.

Après un léger haussement d'épaule je te contemple un sourire désolé gravé sur les lèvres puis, d'un geste de la main, t'invite à venir prendre place face à moi. Non je le sais, pour toi je ne suis plus. Je me perds alors en ton regard que je n'ai eu de cesse de réclamer, dévisageant ces yeux qui m'ont tant manqué et en lesquels je ne suis que cette inconnue qui vogue parmi les ombres des sans visages. Une inspiration et les émotions me submergent. Un soupire et les pensées se soulèvent, lorsque à ta vue la souffrance s'éveille puis m'achève. Et il tue, l'interminable vertige. Et il lacère, notre immuable enfer. Le temps pour moi se fige, tandis que mon cœur que je voulais de fer à ton contact retourne à son état de verre. Et le voilà qu'en ses bras à nouveau il m'enserre, le silence, maître de mes secrets délétères. Il me berce et violemment me rappelle en me susurrant au creux de l'oreille cette vérité qui ne fait que scander : Criminelle, criminelle ! Toi qui ne fais qu'implorer le ciel, Abel fait pleuvoir en ton cœur les perles de larmes sacrificielles quand Caïn souille de sillon carmin tes mains qui malgré toi se font criminelles. Je le comprends à présent, en l'île aux souvenirs je suis celle qui t'ai laissé mourir lorsqu'au travers des flammes je n'ai fait que courir dans l'espoir d'un jour te voir guérir. Et quand arrivera ce fameux jour, comprendras-tu ce que pour te préserver j'ai dû te faire subir? Ô mon frère, toi qui es mon paradis et mon enfer, dis-moi quand mettrons nous fin à notre bien trop longue misère?  Car plus à moi l'on t'interdit et plus fort voilà que je t'espère.



Dernière édition par Arizona J. O'Malley le Jeu 6 Oct - 20:20, édité 1 fois
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Salem L. O'Malley

❖ Date de naissance : 09/04/1990
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❖ Multicomptes : Charlize E. Flores, Judas F. Valentyne, Ramsey A. Dallas & Ruben C. Dashawn.
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❖ Âge personnage : Trente-et-un ans.
❖ Profession : Bonne question.
❖ Faction : Rebooté Fraternel après le projet Equilibrium (Audacieux qui s'ignore, né Érudit.)
❖ Forces & Faiblesses : Infecté par un mystérieux virus & mémoire défaillante.
❖ Philosophie : So fucked-up.
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MessageSujet: Re: Open Scars || ft Salem Jeu 11 Aoû - 5:18


❝ Where is your reflection ?
feat. Arizona J. O'Malley & Salem L. O'Malley. ❞



Tu n’as pas quitté mes yeux, tu restes confortablement bien coincé en les méandres labyrinthiques de mon regard solitaire, moi, âme vagabonde sur une terre que je ne comprends à peine. Mort-vivant, un mort parmi les vivants, mon sang refroidi coule à peine dans mes veines, les chairs de mon front se sont ternies avec le temps, et cet écho d’un passé trépassé qui bourdonne entre mes tempes, harmonique comme le souffle chaleureux des printemps.  Dernier songe d’une tête prisonnière de léthargie lorsqu’en mon âme les curieuses et brillantes images n’ont pas d’âge et engagent le mystère. Je t’observe prendre soin de cette vieille femme qui doit fort probablement être ta grand-mère, en mon sein, le tambour des amours chimères qui résonne, lorsqu’autour de vous le feu de cette lumière incertaine vous enflamme comme l’aube qui se libère des derniers voiles du matin. Je vois s’accumuler autour de moi les images aux mille mots, un peu comme ce vieux chêne insipide qui regarde tomber ses feuilles fanées et les voit s’envoler au zéphyr des entichées haleines qui chamboulent l’éther. Mes amours chimères n’ont pas de nuit, bien que ma mémoire éteinte et plongée dans le noir reluise ces étranges clartés sur mon âme condamnée à l’exode, semblable à ce ciel d’encre où brillent les astres d’argent et vont mourir les étoiles filantes. Mes amours chimères n’ont pas de nuit, bien que la nuit elle-même trouve toujours le moyen de franchir le pas et me damne à être son parfait miroir. Non, tu n’as pas quitté mes yeux, tu restes confortablement bien coincé en les méandres labyrinthiques de mon regard solitaire, moi, âme vagabonde sur une terre que je ne comprends à peine. Contre ce ciel trop sombre coincé dans ma tête, brillent et brillent toujours les étoiles contraires de mes amours chimères, ces amours chimères qui désespèrent et me font toujours un peu mieux comprendre que, œuvre inachevée d’un géni ingénu, je suis seul en ces terres inconnues. Homme solitaire qui n’a pas de passé, pas d’avenir et encore moins un présent. Je t’observe prendre soin de cette vieille femme qui doit fort probablement être ta grand-mère, en mon sein, le tambour des amours chimères qui résonne, lorsqu’autour de vous le feu de cette lumière incertaine vous enflamme comme l’aube qui se libère des derniers voiles du matin. Plus que nécessaire, cette scène dont vous me faite témoin m’attriste et me touche. Resurgis du néant, à chaque heure, mon âme qui plonge en ses coutumières torpeurs, je connais la désillusion, on m’a appris à détruire ce que je suis et tuer ce que je pouvais bien aimer. Mais mes amours chimères n’ont pas de nuit alors respectueusement je vous souris.

Tu n’as pas quitté mes yeux, non. C’est toi que j’entends et que je vois. J’admire vos feux épars, j’admire ce décor où se prélassent mon regard solitaire, rétracté dans mes secrets et regrets de constater que moi, contrairement à toi, je n’ai personne… Mais mes amours chimères n’ont pas de nuit alors avec silence mon cœur solitaire martèle en secret ma prière, bercé doucement par les sentiments consolateurs. Maladroit, timide, à l’invitation de la miséreuse étrangère, je traîne ma lourde carcasse vers le canapé, m’y installe en posant mon séant sur le bord de son moelleux coussin, l’échine aussi droite qu’un i qui ne vient point s’allonger contre le dossier du meuble. Mes immenses paluches d’ours moulées sur les extrémités de la boîte, mes doigts pianotant nerveusement contre les parois et que sur vous mes mornes déserts d’hiver se lèvent.

- Salem. Je m’appelle Salem.

Ma voix est un trou dans la chaleureuse atmosphère de votre foyer, me sentant pur étranger dans le confort de celui-ci, mais les images aux mille saveurs qui allument ces feux ravageurs… alors énigmatiquement je vous tiens compagnie.

- Hum. Mademoiselle, madame, soyez prudentes, dans la boîte, il y a possiblement des éclisses de verres.

Comme un gamin que l’on prend la main dans le sac, je baisse les yeux, aussi rouge qu’une pivoine.

- Je tournais un coin de rue et ce crétin m’est rentré dedans avec la force d’un bœuf. J’ai entendu une fiole exploser… dans votre boîte. J’ignorais qu’elle contenait vos médicaments. Je suis désolé. Je peux dès maintenant aller vous récupérer un nouveau flacon. Livraison gratuite, je paierai les frais ! Je suis vraiment désolé. Tant que nous y sommes, vous avez besoin de faire des courses ? Je peux passer au marché et faire votre épicerie si cela vous dis. Vraiment, je suis désolé… je… vous…

Et c’est mon souffle court qui met enfin un terme à mon dialogue enflammé. Essoufflé, mes lippes se crispent alors que je me saisis du colis à pleines paumes, pris d'un sérieux doute... Oh-ho ! J'ai pas de papier et encore moins un stylo. Si vous voulez que je fasse vos courses, comment suis-je censé m'y prendre pour mémoriser vos trucs ? Oh-ho ! OH-HO !

_________________

A room without a view
- It's all I ever needed, my love for life is gone -

moodboard... MADE BY MON BÉBÉ SOEUR ET MERCI BEAUCOUP Sasa:
 
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MessageSujet: Re: Open Scars || ft Salem Lun 22 Aoû - 21:14


I am running into the fire tonight, this war is easily lost
❝Cause I can't cut these wires, and sparks will turn into a fire || feat Salem L. O'Malley❞




Ta voix qui tonne et me ramène au plus près de ta personne. Je relève les yeux et te vois toi, cet autre que tu n'es pas. Tu t'excuses, te confonds et te perds en ces paroles qui ne te ressemblent pas. Mon Dieu, Salem, qu'ont-ils fait de toi? Pensées éparses qui transpercent mon cœur devenu de glace quand en mon esprit subitement ces dernières se fracassent, là où ta main vient se mouler contre la mienne lorsque, trop maladroit, tu décides de t'emparer de ce colis dont les éclats sournois brusquement déchirent ma chair, laissant jaillir mon sang depuis trop longtemps cristallisé par notre désarroi solitaire. Peau contre peau, instantanément je les sens qu'elles s'affaissent, les barrières mentales de mon esprit devenu à ton contact lambeau. Et elles tombent, ces murailles qui entouraient mon cœur emmuré depuis ton départ en son sinistre caveau. Un souvenir, un souffle, un silence. Les bruissements du chant de ton absence qui tonnent au travers du néant, me laissant en tête-à-tête avec nos mélancoliques espérances, l'amer de notre affligeante pénitence. Et il ralentit, le temps qui sans cesse ne fait que courir en ce monde dément, pour nous à l'infini se distend avant de doucement se figer et nous projeter en les rives de notre royaume évanescent. Je les entends, nos rires d'enfants qui progressivement dissipent l'immaculé de ce blanc qui m'entoure et me submerge de son lustre aveuglant. Je la sens toujours, ta main rude plaquée contre le revers de la mienne, sa chaleur qui me plonge encore un peu plus en cet ailleurs qui m'envoûte comme il m'aliène. Un battement, un souffle, une réminiscence. Et les voilà enfin de nouveau en résonance, nos âmes errantes qui depuis des siècles souffrent et s'essoufflent en notre interminable silence. Dis-moi, ô mon frère, depuis combien de temps scandes-tu mon nom tapis en les profondeurs de l'enfer? J'essaye de tendre l'oreille pour mieux écouter les lamentations de ton âme mutilée mais, seule sa voix rugissant derrière toi vient de plein fouet m'ébranler, tandis qu'au loin, impuissante je vois tes lèvres s'ouvrir, bouger puis se déformer, défigurées par l'horreur qui ancrée en notre interminable silence ne fait que chaque jour un peu plus nous terrasser. Aucun son ne filtre d'entre tes lèvres qui continuent à s'agiter, je ne peux que te contempler sans même pouvoir percevoir le message que tu tentes vainement de me délivrer.

À quoi bon exister si ce n'est que pour constamment se tourmenter ? Je n'ai jamais pu t'aider ni même te protéger, de lui ou de tous ces dangers en lesquels, cruelle, je t'ai moi-même fait plongé. Triste réalité qui vient subitement me rattraper et me montrer que rien de ce que l'on est ne peut être changé. Crois-tu que je puisse réparer tout ce qu'en toi j'ai involontairement dévasté ? Aveugle, je n'ai fait qu'exécuter les desseins que d'autres avaient pour moi depuis bien longtemps élaborés. Tu penses être le corps et moi l'esprit mais Salem, je ne suis qu'une machine créée pour réaliser les aspirations que d'autres avant moi ont au travers du feu et du sang minutieusement forgés. Je ne suis qu'une ambition brisée, celle de tous ces egos démesurés qui tout autour de moi ne font qu'inlassablement scander mon nom et valser, pensant trouver en mon sein la réponse à leur rêve morcelé et dénué de toute leur primordiale beauté. Je ne suis que le masque du délice controversé, façonnée pour dissimuler la laideur d'un monde vicié, je ne fais que camoufler cette disgrâce abjecte et écœurante qu'aucune âme n'a le courage de véritablement admirer. J'ai emprunté tous les chemins qu'ils m'avaient un à un tracé, pensant naïvement échapper par la force de ma seule volonté à cette ombre que l'on nomme Destinée, seulement, vois comme je me suis si lourdement trompée. Chaque pas que j'ai fait n'était là que pour me permettre de me rapprocher toujours un peu plus près de celle, qu'insensée, de toutes mes forces je fuyais. Ridicule de voir comme nous ne sommes que les résidus de ces autres que l'on croit voir au travers du miroir. Je lève un instant les yeux sur toi, toujours enveloppée en cet ailleurs d'un blanc éblouissant, incapable de parler ni même de bouger, et m'aperçois que nous ne sommes que deux étrangers condamnés à se dévisager en cette réalité qui ne fait que nous asphyxier à mesure qu'on ne fait que la rejeter. Dis-moi, ô mon étoile contraire, combien d'années avons-nous passer à les laisser si injustement nous séparer ? J'essaye de me remémorer l'instant où notre monde s'est brutalement effondré, mais cela est si ancien qu'il me semble désormais inscrit en un fragmenté d'éternité. Tous ces rêves que l'on aurait pu partagé mais qui ont été broyés avant même d'être nés. Tous ces êtres qui autour de nous gravitent mais ne font que nous remémorer à quel point l'un sans l'autre nos vies sont si pitoyablement désaccordées. Me reconnais-tu seulement à l'orée de cette mémoire disloquée que je tente de ranimer depuis les cendres de ton âme injustement sacrifiée ?

Un murmure, un souffle, une résurgence. Et ainsi se dissipe le blanc nitescent pour laisser progressivement éclater les vives couleurs de notre monde évanescent. Et ils tanguent tout autour de nous ceux que nous fûmes autrefois, les vois-tu aussi distinctement que moi ? Ces reflets innocents et encore immaculés du moindre crime dû à notre sang. Au travers du salon je te revois âgé de dix ans courir après moi qui n'en avais alors que cinq, nous tournons en rond tout autour de ces canapés et autres fauteuils sur lesquels nous sommes actuellement en train de trôner, vestige d'un passé érodé par nos démons affamés qui vient avec joie se fracasser contre les portes d'un présent qui tend à se désagréger sous le poids de nos mémoires oubliées. Fantômes surgissant des méandres de mon psyché par ta présence exaltée, je sens la nostalgie de ces jours dans l'obscurité égarée soudainement venir me bercer et me rappeler à quel point nous avions pu être heureux à cette époque où l'un et l'autre étions l'unique lueur à laquelle il nous était permis de nous raccrocher. Je n'ai jamais pu te détester même lorsqu'il m'ordonnait de t'éradiquer de ce cœur qui depuis toujours ne fait que te réclamer pour apprendre à mieux t'aimer. Souviens-toi ! Souviens-toi Salem ! Mon Dieu souviens-toi de moi ! Ne me laisse pas seule en cet endroit qui sans toi ne représente plus rien pour moi. Et je hurle encore et toujours alors qu'au loin je l'entends, cette vague puissante et sournoise, prémices à notre inéluctable naufrage qui vient s'abattre contre les récifs de cette île aux souvenirs que frénétiquement je ne cesse de parcourir. Et tu me laisses brûler en les flammes rutilantes de ce brasier ardent qu'en ton nom j'ai allumé et qui ne fait que me consumer à mesure que je te sens encore et toujours un peu plus au loin t'éloigner. Lâche, regarde-moi ! Retrouve-moi en cet ailleurs qu'ensemble nous avons bâti pour nous préserver du fou et ses méprisables lois. Je t'en prie, regarde-moi et reviens-moi. Souviens-toi de ce visage que tu adorais autrefois. Ne m'oublie pas, Salem, je t'en supplie, ne m'oublie pas. Deviens ce paradis et non cet enfer qu'il a promis que tu serais pour moi.

- Ce n'est rien...

Une résurgence, un battement, un souffle, un murmure, l'oubli puis le silence. Perdue en la valse des sans visages, je ne suis plus, pas même l'esquisse d'une ancienne et réconfortante image que ton esprit aurait mémorisé à ton insu. Je suis ce rien que je te murmure et qui se volatilise en l'éther de mon antre de l'obscure. Et subitement, ils disparaissent, ces autres que nous fûmes droit vers cette époque où nos âmes vibraient encore avec ivresse. Je relâche la boite, te laisse t'en emparer là où j'en extirpe ma main et son doigt tailladé, par automatisme, je mène mon index blessé à ma bouche afin d'empêcher le sang de davantage s'écouler puis, me levant en tiquant légèrement, je prends la direction de la cuisine afin de rechercher un pansement ou n'importe quoi d'autre qui pourrait l'envelopper.

- Ne vous excusez pas, c'est moi qui aurais dû être attentive. J'aurais dû prévoir ce qui allait arriver, seulement, j'étais juste comme... perdue dans mes pensées. Oui, c'est ça, j'étais bêtement dans mes pensées à rêvasser sur ce qui n'a plus lieu d'exister.

Message subtile à l'attention de Lisa, afin qu'elle comprenne que non, tu ne reviendrais pas. Je m'arrête un instant, soupire en prenant appui contre le plan de travail, vous tournant ainsi le dos. Je n'y arrive plus. L'air me manque alors que le vide reprend brusquement le dessus. Je ne suis plus, ô mon étoile contraire, grand Dieu non, je ne suis plus. Et elles s'effondrent, les sinistres murailles de mon cœur devenu forteresse de givre, depuis ton départ et le mal qu'en moi toujours plus fort il ravive. Mélodie de notre disharmonie, je les entends les bruissements du chant de ton absence qui tonne au travers du néant. Ah mélancoliques espérances, voici venu l'amer de notre affligeante pénitence. Et je brûle, expire et me consume, en cette île aux souvenirs où inlassablement l'on fait que se meurtrir. Dis-moi mon frère, quand délaisseras-tu cet enfer pour venir me retrouver en ce paradis depuis lequel, en silence je t'espère? J'essaye de t'implorer de mes inépuisables prières, mais rien ne semble pouvoir atteindre ton cœur devenu réceptacle du vide et de la pierre.



Dernière édition par Arizona J. O'Malley le Mar 18 Oct - 19:55, édité 2 fois
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Salem L. O'Malley

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MessageSujet: Re: Open Scars || ft Salem Jeu 6 Oct - 2:00


❝ Where is your reflection ?
feat. Arizona J. O'Malley & Salem L. O'Malley. ❞



Ils miroitent dans la douceur des choses, limpides, envoilés, dans l'onde de leurs pas joyeux, mesquins, résonnent les souffles errant de leurs rires insouciants alors que les silhouettes minuscules virevoltent dans la pièce. Tel est le pouvoir du plus tendre des mirages que j'admire sans broncher. Je suis fou à lier. Mon amnésie commence à avoir de sérieuses conséquences sur mon psyché. De sang, de chairs, d’os, je les vois, tangibles et visibles. Des enfants. Un gamin et une petite fille, ardant dans l’infini, avec leurs airs d'immortalités, leurs éclats et leurs magies. Des fantômes. Des apparitions. Je suis fou à lier. Mes diaphanes, faites du même bleu lisse et profond qui tremble, observent leurs pierres de saphirs, voulant y lire quelque chose pouvant donner raison à ce délire. Je suis fou à lier.

Longuement poursuivi par le spleen détesté, je reste là, accroché à cette vision comme resurgie du fond des sables monotones. Un trésor enfoui. Un trésor déterré. Je suis fou à lier. Fou de bien vouloir pleurer. Fou d’avoir craindre d’en souffrir. Fou de ressentir se soulever un cœur blessé que je découvre perché sur le seuil de mes lippes crispées. Fou de me livrer à ces plaintes amères qui pour moi ne font aucun sens. Fou d’avoir tant envie de m’accrocher à ces gamins souriants. Fou de vouloir les aimer si fort. Qui sont-ils ? D’où sortent-ils ? Vestiges, aussi calmes, aussi purs, de mon âme attendrie ?

Des frissons d'espoir dégringolent sur mon épiderme, secouant ma torpeur. Je veux comprendre pourquoi est-ce que ce décor apaisant se fend. Pour une dernière fois, je les entends rire, zigzaguer autour des fauteuils, tracé précis qui traverse une vie… une vie qui se vitrifie dans le néant, lorsque trop précipitamment ces deux mirages s’étiolent dans la rigidité du temps et de son vide grandissant. L'air étouffant. Ma gorge que l’Imaginaire étrangle. Ta voix troue le silence, je lève les yeux vers toi, déjà tu te dégages et t’éloignes dans une pièce adjacente.

Ne fais pas ça. Non. Je t’en prie. Ne fais pas ça. Ne m’abandonne pas. Ne fais pas ça.

Litanie abrutissante. Elle résonne dans mon crâne. Je ferme les yeux, me masse vigoureusement les paupières de mon pouce et indexe. Fou à lier. Je suis fou à lier. Ta cicatrice comme si douce à sentir alors que je peux tant en souffrir.

Ne fais pas ça. Je t’en prie.

Offense au malheur. Souvenir heureux en un jour de douleur. Un chagrin. Un blasphème hanté qui revient de mon propre cœur que je ressens rameaux et lambeaux. Grande âme immortellement éplorée, ta splendeur m’éclaire et m’aveugle.

Tu n’as pas le droit de me traiter ainsi !

L’infortuné qui trouve l’étincelle salutaire, une colère sourde me grise et je ne comprends pas sa flamme. Mes paumes se plaquent violemment sur mes trempes bourdonnantes, un mal de crâne carabiné m’afflige alors que la vieille dame me dévisage d’un air curieux. Fou à lier. Je suis fou à lier…

Dans ce passé perdu où mon âme se noie, je ne comprends pas ta gloire et je ne saisis pas mon terrible mouroir. D’un bond maladroit, je me redresse de contre le canapé, le sol tangue sous mes pieds alors que le décor brille de cette lumière éclatante. Titubant vers un chemin menant au errant, mon épaule butte gauchement sur le cadre de la porte de la cuisine. Je m’accroche un instant à sa moulure, voulant désespérément trouver mon équilibre alors que l’éclipse de mes pupilles se pose sur ton dos. Ma vie est un songe, parfois je m’en éveille et trouve le pas du Temps.

Avant de disparaitre dans les bras du destin, est-ce que tu peux, s’il te plait, allumer le soleil ? Tu as brillé dans mon sommeil. De cette réalité, voilà que je m’émerveille. Ne m’abandonne pas. Ne fais pas ça.

Lestement, le regard brûlant d’émois, je me rapproche de toi, le bout des doigts de ma main gauche t’effleurant le creux des omoplates, pour t’intimer de te retourner vers moi.

- C’est pas vilain, mais profond, que j’estime, les yeux rivés sur la coupure tandis que je m’empare doucement de ton poignet que j’enveloppe au creux de ma paume.

De ma paluche libre, j’ouvre la trousse de premiers soins, que tu as sans doute déposé sur le comptoir, y extirpant pansement et onguent.

- Effectue une légère pression avec ça, pour empêcher le sang de couler, que je te dicte, te tendant un linge stérilisé tandis que je m’affaire déjà à te bricoler ledit pansement.

- Rêvasser sur ce qui n’a pas lieu d’exister, hum ?

Mon cœur en un torrent d’apaisement divins tout comme lucifériens, je te souris et t’observe à la dérobé.

- Encore heureux que tu ne tenais pas entre tes mains une tronçonneuse.

À cette petite blague de très mauvais goût, je t’enroule le pansement au doigt, mais conserve au creux de ma main la tienne que je caresse inconsciemment de mon pouce.

Avant de disparaitre dans les bras du destin, est-ce que tu peux, s’il te plait, allumer le soleil ?
Fou à lier. Je suis fou à lier.

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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: Open Scars || ft Salem Mar 18 Oct - 18:51


I am running into the fire tonight, this war is easily lost
❝Cause I can't cut these wires, and sparks will turn into a fire || feat Salem L. O'Malley❞




Ne fais pas ça. Je t'en prie. Tu n'as pas le droit de me traiter ainsi !

Brûle, folie qui toute entière m'habite et me consume. Brûle, cœur meurtri par les sentiments maudits que ta présence exhume. Brûle, âme bannie en les ténèbres aux voiles nocturnes. Pourquoi me tortures-tu encore au travers de ces rêves qui ne font que nous mettre à mort ? Brûle, étranger venu de l'ombre de mes amertumes. Brûle, pour ne redevenir que ce silence perdu en nos aliénantes brumes. Brûle pour moi astre diurne, car je sens qu'en mon sein sous ton regard, l'espoir enfin se rallume. Et il tangue plus fort, ce monde devenu fou et indolore. Sous mes pieds, fourbe, il se dérobe et engloutit soudainement le moindre décors. Ah misérables efforts, je le sais, un jour, vous finirez tous balayés par mes odieux transports. Il m'ébranle ce vertige qui m'enivre comme il m'afflige de ces souvenirs qui en mon esprit se bousculent et se matérialisent, lorsque à ton contact brutalement tu sens que je m'électrise, avant que je me retourne et que le temps pour nous instantanément une nouvelle fois se fige. Tu es toujours là, quelque part perdu en ce monde que tu ne reconnais pas mais qui fait étrangement écho en toi. Je le lis à ton regard et à ta façon de te comporter avec moi. Tu es toujours là Salem, alors je t'en prie, fais un dernier effort et rejoins-moi. À la croisée des mondes en équilibre je demeure pour toi, même lorsque tu penses que je ne suis que l'énième mirage que ton esprit lors d'une terrifiante nuit enfanta. Regarde-moi. Regarde-moi, Salem regarde-moi et empare-toi de cet éclat qu'en les ténèbres je fais resplendir uniquement pour toi. Ne m'abandonne pas. Ne fais pas ça. Ô mon frère, quand délaisseras-tu ces paroles mensongères, ne vois-tu pas que je suis celle qui depuis l'aube des temps te recherche et t'espère ? Je suis là, pour toujours et à jamais auprès de toi. Seulement, tu me ressens mais ne me vois pas. Tu panses la plaie de mon doigt là où c'est mon cœur qui en ton nom saigne en cette potence où tu l'as mis en croix. Comme d'habitude devant toi je me brise et aveugle, tu ne perçois rien de ces tourments qui constamment me divise, seul subsistent ces sourires qui tendrement t'hypnotisent là où un peu plus en les profondeurs, le spectre de ta présence sournoisement m'enlise.

- C'est bien cela, ça ne vous est jamais arrivé à vous ? De vous accrocher à un rêve qui, vous le savez n'a pas le droit d'exister? Tant et si bien que vous arrivez à vous demander si ce dernier à bien un jour été réalité.

Je te souris brièvement, alors que tout autour de nous s'immobilise l'environnement, avant de te répondre d'un léger rire filtrant de ma gorge en feignant l'agacement :

- Ha. Ha. Ha, très drôle. C'est mal, très mal de cibler le point faible d'une jeune femme comme ça. regardant en l'air afin de rassembler mes pensées fuyantes, je poursuis en souriant sincèrement: Arf, Mon Dieu non, je crois sincèrement qu'il n'y a pas plus maladroit que moi, je nous aurais tous tué sans même avoir compris comment. M'enfin, je dois vous…

Je m'arrête subitement, la cuisine se faisant lentement engloutir en le néant puis, te détaillant un instant face à ton tutoiement :

- Je veux dire… Tu. Je dois te remercier pour les premiers soins. Alors merci.  

Je veux m'éloigner, me soustraire à ton toucher qui ne fait que me remémorer toutes ces chances que l'on a gâché, seulement ta main moulée à la mienne que tu caresses avec une douceur insoupçonnée, me fait près de toi encore et toujours rester là où le blanc nitescent vient subitement nous envelopper.

Avant de disparaître dans les bras du destin, est-ce que tu peux, s'il te plait, allumer le soleil ?

Ô mon étoile contraire, toi qui te traîne et te lamente en la terrible terre, ne vois-tu pas qu'entre mes mains il n'a jamais cessé de briller même à l'heure de tes plus obscures calvaires? Je ne vais pas disparaître car je suis là, pour toujours et à jamais auprès de toi. Seulement, tu me ressens mais ne me vois pas. Vies disloquées, mémoires oubliées, nous ne sommes que des visages à moitié effacés en les méandres de ton psyché que nos erreurs ont sauvagement délabré. Laisse-moi t'aider à réparer ce qui fut désagrégé. Laisse-moi en les limbes te guider et à la lumière enfin te ramener. De nouveaux éclats de voix se font entendre et à quelques mètres de nous se tiennent pour la deuxième fois ces innocentes réfections de nous-mêmes :

- Bouh !

- Aaaaaah !! arrête !! C'est pas drôle !

- Hahaha oh que si ça l'est ! Trouillarde.


Un soupire franchit les lèvres de la fillette âgée de six ans que j'étais, quand l'autre fragment de toi qui en avait alors onze, s'engouffre en la cabane de draps que l'on avait fabriqué avec la table et les chaises de la cuisine ce jour-là. Tu essayais de me faire rire en faisant l'imbécile afin de me divertir, me chatouillant les côtes pour me faire sourire, essayant de me faire oublier son arrivée qui chaque soir nous faisait mourir. Assise en tailleur, les coudes vissés sur mes cuisses et les poings ancrés à mes joues qui maintiennent mon visage alors que mon regard s'écrase sur le sol au carrelage blanc et froid :

- Dis-moi, tu crois qu'il va me le rendre ?

- De quoi?

- Mr Sweeney…

- Bien sûr qu'il va te le rendre, compte sur moi ! Et s'il le fait pas, j'organiserais une mission secrète pour le récupérer !

- Non fais pas ça, il va encore se mettre en colère et te disputer…


La mine renfrognée, d'avant en arrière je me berce, les poings toujours plus enfoncés en mon visage alors que l'inquiétude commençait déjà à me ronger :

- Qu'est-ce que t'as Ari? T'as peur ?

Mon visage se tourne en même temps que l'enfant en direction de cette horloge qu'elle fixe tristement :

- Non, juste qu'il va bientôt rentrer et que... tu vas aussi devoir nous quitter.

- On rentrera pas tard.

- C'est ce que tu dis tous les soirs. Dis, t'es vraiment obligé d'y aller?

- Oui.

- D'accord… Je laisserais la lumière allumée alors...


Mes célestes azurées se déposent à nouveau sur toi, rencontrant leurs jumelles d'un bleu à l'éclat vivifié tandis que la scène progressivement tout autour de nous disparaît, et qu'au travers toi je retrouve un fragment de ce que nul ne peut entre nous altérer. Et la revoilà la violente douleur, écho foudroyant de ton cœur, écrasante et terrifiante, elle lacère et déchire ce voile qui me sépare de toi et enfin je comprends tout ce que depuis trop longtemps je ne voyais pas. Ça ne se peut pas, tu n'as pas le droit de me faire ça. Interdite, je te contemple de ces opalines en lesquels la vie s'est cristallisée. Ne comprends-tu pas que tout ceci n'est que le songe d'une vie rêvée? Mais de ta bouche, de ton cœur, de ton âme naît le blasphème qui d'innocente me fait mourir criminelle. Et il tangue plus fort, ce monde devenu fou et indolore. Sous mes pieds, fourbe, il se dérobe et engloutit soudainement le moindre décors. Alors brûle, folie qui toute entière m'habite et me consume. Brûle, cœur meurtri par les sentiments maudits que ta présence exhume. Brûle, âme bannie en les ténèbres aux voiles nocturnes. Ah misérables efforts, je le sais, un jour, vous finirez tous balayés par mes odieux transports. Pourquoi me tortures-tu encore au travers de ces rêves qui ne font que nous mettre à mort ? Je dépose délicatement ma main gauche en ta joue que je caresse avant de te demander en te fixant de ce regard vibrant d'intensité et de sincérité :

- Dis-moi Salem, sais-tu ce qui en ce monde dévasté relève de l'illusion ou de la réalité ?

Brûle, étranger venu de l'ombre de mes amertumes. Brûle, pour ne redevenir que ce silence perdu en nos aliénantes brumes. Brûle pour moi astre diurne, car je sens qu'en mon sein sous ton regard, l'espoir enfin se rallume.


Dernière édition par Arizona J. O'Malley le Mer 9 Nov - 17:27, édité 1 fois
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Salem L. O'Malley

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MessageSujet: Re: Open Scars || ft Salem Mer 9 Nov - 1:35


❝ Where is your reflection ?
feat. Arizona J. O'Malley & Salem L. O'Malley. ❞



- D'accord… Je laisserais la lumière allumée alors...

Quand je cesse de respirer, mon cœur bat encore plus fort. Quand je cesse de respirer, mon cœur se veut de plus en plus fort. Penche. Penche la tête au-dessus de ma dépouille, vois émerger la vérité. Lignes et  blessures se croisent sur ma peau, de ces cicatrices encore saignantes immerge l’encre pourpre de ces histoires et chimères qui savent si bien se taire. Penche, penche la tête au-dessus de ma dépouille. Penche-toi tendrement au miroir de mon âme. Elle est le palais où ton regard retombe, où tu charmes mon cœur au passement de ta voix. Murmure de désir au soupir qui se pâme et aux émois qui se fanent. Penche-toi doucement au miroir de mon âme, vois la vérité qui se saigne et nous assassine. Tu réfléchis quelque chose de fort étrange. L’aurore de ton regard céruléen est ces perles de nacre recouvrant mon corps de bronze et l’embrase. Ne me brûle pas. Réchauffe-moi. Ne me blesse pas… je ne te blesserai plus. Donne à ce cœur trop sombre les couleurs de l’amour, je rendrai à ton sang les douceurs du miel. Donne à ma cervelle une étreinte de ciel et j’offrirai à ton âme l’ivresse de l’éveil. Penche la tête au-dessus de ma dépouille, lis sur ma peau abîmée, suis à la trace les plis de mon histoire, comprends qu’en la disharmonie de nos soirs, à ces lignes et blessures se grave silencieusement ton nom.

Je l’entends notre ode, cet amour qui pleure à mourir. Ces fantômes qui s’évaporent lentement dans l’incertain alors que ta main à ma joue vient doucement se poser. Voleuse de mes soupirs. Quand je cesse de respirer, mon cœur bat encore plus fort. Quand je cesse de respirer, mon cœur se veut de plus en plus fort. Allume le soleil, réchauffe-moi, mais ne me brûle pas. Creusant le tombeau de nos plus fous désirs, est-ce six pieds sous terre où l’on a enterré nos plus beaux trésors ? Apaise l’ombrage, éclaire l’orage, éloigne-nous du jugement sauvage et emportes nos âmes fusionnées dans le ciel enchanté. Donne à ma cervelle une étreinte de ciel et j’offrirai à ton âme l’ivresse de l’éveil. Les yeux grands ouverts, rêve, n’arrête jamais de rêver, puisque pour l’éternité je protégerai ce rêve. Je ne veux plus connaître le cri et le bruit qui nous rend sourd. Je veux cesser de danser comme un maladroit troubadour. Puisse dans le berceau de mes bras, reposer ton corps épuisé, nous laissant doucement bercer au vent de nos soupirs et entendre battre mon cœur qui te murmure tout bas ce qui m’éloigne de jour en jour de la joie d’un roi. Donne à ce cœur trop sombre les couleurs de l’amour, je rendrai à ton sang les douceurs du miel.

La réalité n’est parfois qu’une bien malheureuse illusion. Penche la tête au-dessus de ma dépouille, lis sur ma peau abîmée, suis à la trace les plis de mon histoire, comprends qu’en la disharmonie de nos soirs, à ces lignes et blessures se grave silencieusement ton nom. Penche-toi tendrement au miroir de mon âme. Nous sommes nés pour toujours nous dire au revoir et je t’aime assez pour te laisser croire à ce qui au fond est aussi dérisoire que moi.

Frémissant au contact de ta paume, frémissant à la caresse de tes doigts, doucement, le rêve m’appelle et clôt mes paupières. J’accueille tes étoiles. Rêveur, comme tu puisses être rêveuse, je me surprends à avoir la pitié sacrée et profonde des choses. L’illusion et la réalité. Ces deux univers qui collent à nos fronts les suprêmes adieux, lorsqu’ils se prennent pour appui. Je me penche tendrement au miroir de ton âme, moulant ma main droite à ta nuque alors que mon front bouillant cherche et trouve appui contre le tien.

- Oui. Je sais le reconnaître.

Flamme qui brûle sous la peau, déluge de lave, fureur et vilénie, recherchant l’estuaire pour apaiser les maux. Est-ce six pieds sous terres que nous avons enterré nos trésors les plus beaux ? Donne à ce cœur trop sombre les couleurs de l’amour, je rendrai à ton sang les douceurs du miel. Deux univers qui collent à nos fronts les suprêmes adieux, lorsqu’ils se prennent pour appui.

Donne à ma cervelle une étreinte de ciel et j’offrirai à ton âme l’ivresse de l’éveil.

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MessageSujet: Re: Open Scars || ft Salem Mer 9 Nov - 20:43


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Irradie, vie qui en une fraction de seconde des ténèbres jaillit, embrase le néant et s'éteint brusquement en l'infini. Brûle, amour qui d'un battement de paupière du plus haut des ciels déchire l'atmosphère, pourfend l'air et embrase la terre d'un violent coup de tonnerre. Vibre, cœur maudit qui d'un souffle condamne à l'interdit qui grise, enivre et pousse à l'inéluctable hérésie. Rugit, volonté laissée à l'agonie par des années de mutisme ordonnées par le seigneur en le neuvième cercle à jamais endormit. Gronde, âme furieuse avide de lumière, défait tes chaînes et d'un hurlement décime nos rougeoyantes enfers. Ressent, ô mon étoile contraire, oui, ressent la clémence de l'univers qui des poussières de nos rêves fait naître le paradis et taire notre interminable calvaire. En tes yeux usés je vois l'éclat de nos jours ravivés, en ta peau abîmée, je lis l'histoire d'une vie brisée, en ton âme devenue myriade d'étoile en l'obscurité disloquée, je vois ton monde d'ombre devenir lumière et beauté. Et dans les ténèbres violemment tonne mon nom. Au miroir de nos âmes danse la disharmonie de nos soirs, fumante tel un encensoir, brusquement tu la sens qui s'embrase et se métamorphose en cette harmonie en laquelle l'on n'osait croire. Et je la suis, cette ligne invisible qui des ténèbres à l'auguste clarté, au plus près de toi ne fait que me ramener, tu retrouves d'un battement de cœur celle pour qui en tout temps tu t'es damné, quand je deviens pour une fraction de seconde que pour toi je fais graver en l'éternité, celle que tu as toujours espéré.

Ta paume de main moulée à ma nuque là où ton front rencontre une nouvelle fois le mien, mes yeux qui se ferment et doucement se figent, lorsque qu'en un instant se rallume en nos seins l'infâme du feu luciférien. Je te vois. Et brutalement tu sens qu'elles s'effondrent, les sinistres murailles de mon cœur devenu forteresse de givre, qu'à ton contact, délicate et fébrile, lentement je me brise tandis qu'en mon âme l'espoir subitement se ravive et intérieurement me divise. Brûle, folie qui toute entière m'habite et me consume. Brûle, cœur meurtrit par les sentiments maudits que ta présence exhume. Brûle, âme bannie en les ténèbres aux voiles nocturnes. Je te vois, ressens, comprends, chute et en le néant soudainement me pulvérise. Alors va, entends les dernières notes de notre sombre mélodie, imprègne-toi de ce cri d'agonie, enivre-toi de notre ultime symphonie, car cette hymne que l'on pensait sacrée n'est qu'une partition que notre nom a pour l'éternité souillé. Illusion ou réalité? Ta voix qui résonne en l'immensité m'arrache des bras de cette vertu bafouée et me pousse à capturer les lèvres du pécher oublié. Et ils sont là, tous ses démons qui gravitent autour de moi. Ils sont là tous ces éclats qu'il ne voulait pas que je vois. Au travers de la brume je t'aperçois, toi et cet autre que tu étais autrefois.

Dis-moi mon frère, toi qui es mon étoile contraire, dis-moi quand l'amour ne sera plus pour nous qu'une terrible chimère? Dis-moi vers quel chemin dois-je avancer pour enfin te retrouver sans une nouvelle fois nous condamner à mille années loin de nos terres sanctifiées? Dis-moi, oui dis-moi pourquoi ne sommes-nous pas nés deux étrangers? Penses-tu que Lincoln et Jailyn auraient pu réussir là où nous n'avons de cesse d'échouer ? Une inspiration et les émotions me submergent. Un soupire et les pensées se soulèvent, lorsque à ta vue la souffrance s'éveille puis m'achève. Et il tue, l'interminable vertige. Et il lacère, notre immuable enfer. Le temps pour moi se fige, tandis que mon cœur que je voulais de fer à ton contact retourne à son état de verre. Et le voilà qu'en ses bras à nouveau il m'enserre, le silence, maître de mes secrets délétères. Il me berce et violemment me rappelle en me susurrant au creux de l'oreille cette vérité que depuis toujours, en ton nom, je ne fais que scander : Peu importe la distance qui se plait à nous séparer, ou encore ces années qui ont tenté de nous diviser pour mieux nous disperser en ce monde saccagé. Nous finissons toujours par nous retrouver, suivant même au travers de la plus parfaite obscurité, ce fil qui depuis notre naissance n'a eu de cesse de nous guider et l'un vers l'autre nous ramener. Reste avec moi, ne me laisse pas, je serais celle que tu voudrais que je sois. De la valse des sans visages tu m'as ramené, alors je t'en prie, ne m'oublie pas une seconde fois.

En l'île des souvenirs il est temps pour nous de guérir. Irradie, vie qui en une fraction de seconde des ténèbres jaillit, embrase le néant et s'éteint brusquement en l'infini. Brûle, amour qui d'un battement de paupière du plus haut des ciels déchire l'atmosphère, pourfend l'air et embrase la terre d'un violent coup de tonnerre. Vibre, cœur maudit qui d'un souffle condamne à l'interdit qui grise, enivre et pousse à l'inéluctable hérésie. Rugit, volonté laissée à l'agonie par des années de mutisme ordonnées par le seigneur en le neuvième cercle à jamais endormit. Gronde, âme furieuse avide de lumière, défait tes chaînes et d'un hurlement décime nos rougeoyantes enfers. Ressent, ô mon étoile contraire, oui, ressent la clémence de l'univers qui des poussières de nos rêves fait naître le paradis et taire notre interminable calvaire. Un soupire et ma main glisse délicatement de ta joue à ta nuque que je caresse un instant, mon front prenant toujours appui contre le tien, je souffle doucement avant de t'enlacer tendrement, mon visage se perdant dans le creux de ton cou, ma main gauche remontant de ta nuque à l'arrière de ton crâne et glisse en tes cheveux que je caresse doucement. J'inspire ton parfum, soupire à nouveau, dépose un baiser dans le creux de ton cou avant de te murmurer :

- Tu m'as manqué.




THE END
Rp terminé

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