Un p'tit vote



Il est dit, selon la théorie du Chaos, que quelque chose aussi petit que le battement de l'aile d'un papillon peut finalement causer un typhon à mi-chemin autour du monde.


 

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 EZRYDER ▲ There is no such thing as pain

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J. Ryder Storm

❖ Date de naissance : 08/10/1989
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❖ Multicomptes : Gray J. Wolfgang - Envy D. Carter - G.H. Nolan Wheeler & Gabriel A. Blackwood
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❖ Âge personnage : 32 ans
❖ Profession : Responsable de la Fosse et Entraîneur
❖ Faction : Dauntless
❖ Forces & Faiblesses : Peut être un parfait gentleman par devant comme une effroyable pourriture par derrière - A quelques "anger issues" mais ça à moins d'y avoir goûté vous n'en saurez jamais rien - N'a pas un vilain fond est même plutôt tout ce qu'il y a de plus jovial - Une de ses principales faiblesse découle probablement de sa légère dépendance aux substances illicites. Juste légère... Un tout petit peu. Micro poil de poudre.
❖ Philosophie : Take the best. Fuck the rest.
❖ Playlist : Pillowtalk ▲ ZAYN - Battle scars ▲ GUY SEBASTIAN - Gasoline ▲ HALSEY - Still falling for you ▲ ELLIE GOULDING



MessageSujet: EZRYDER ▲ There is no such thing as pain Ven 15 Juil - 23:47



There is no such thing as pain

FT. EZRA S. RAVENSCAR


Tu les entends ? Ces cris, ces pleurs et ces larmes de sang. Tu les entends ? Les détentes qui en vitesse se pressent et les corps qui s’affaissent. Je les entends, moi, les hurlements, les pleurs et les gouttes de sang qui sur le sol s’effondrent. Ploc, ploc. La vitre s’abaisse et le ciel s’embrase à nouveau. Pendant un instant, j’ai peur. Je crains le pire. Pour toi. Pour moi. Pour eux. Pour elle. Aux petits jeux malsains nous pensions en être les rois, toi et moi. Regarde donc ta tête et regarde la mienne, n’y vois-tu pas là Destinée qui se fout royalement de notre gueule ? Elle nous nargue et nous racle les chaires comme une forcenée, bien désireuse de nous voir crever. Je les entends, moi, les hurlements, les pleurs et les gouttes de sang qui sur le sol s’effondrent. Et je te vois toi, qui ferme les yeux. Je sens la panique qui m’inonde et la force qui hors de mon for intérieur vagabonde. De ces petits jeux malsains, nous pensions réellement en être les diablotins, toi. Et moi. Ne les entends-tu donc pas siffler ces…

Le temps s’est arrêté, sur lui, sur eux.

« Ez’ ! »

Il beugle, il hurle, des forces qu’il lui reste il s’époumone, griffe et essaye de l’atteindre, ce visage qui prend les couleurs d’un macchabée.

« Putain ! Ez’ ! ».

Ils crient, tous. Paniquent et courent. Mais il n’entend pas, il ne voit déjà plus. Le sang coule et roule, bien trop fort, bien trop vite. Alors il s’agite, s’agrippe un peu plus avant mais ne fait que s’envoyer des pierres et de la poussière dans les yeux de ce visage qui le brûle toujours plus. Il l’appelle encore, celui qui a rampé jusqu’à lui mais il ne l’entend déjà plus. Et la vitre s’abaisse, le ciel s’embrase et le son jusqu’ici en sourdine devient net et précis. D’un geste rapide et précis, un pur réflexe pour la vie, il se contorsionne assez pour n’exposer que son dos. Il protège le visage de celui qui est venu ramper pendant que les balles sifflent. Alors il plisse les yeux, les ferme et fronce les sourcils. Est-ce dans ce genre de moment qu’il faut prier les Cieux ? Il ne le sait plus très bien, il n’a pas le temps de penser. Elles sifflent, de toute part, ricochent contre les morceaux de pierre, contre le béton et les barres de fer. Les secondes s’enchainent, insoutenables et il jurerait que c’est la fin. Que cette fois il n’y aura pas de lendemain. Mais elles finissent par déraper, ces roues immenses. Elles s’en vont les voitures, ne laissant plus que le silence, vide de tous hurlements, symbole d’horreur et d’anarchie. Mains tremblantes au-dessus de ce visage bien trop connu, il souffle. Le monde tangue tout autour de lui, tourne sans jamais s’arrêter. Il tremble comme une feuille, a l’oreille gauche qui saigne. La poussière est rentrée sous ses ongles à présent et sali un peu plus son propre visage déjà bien abîmé. Il tremble à mesure que son cerveau imprime, comprend et analyse à retardement ce qu’il vient tout juste de se produire. Alors soudainement il s’accroche au T-shirt de l’autre, le chope par le col et vient s’assurer qu’il respire encore. Il serre le tissu à demi calciné, à demi-déchirer, si fort qu’il s’en bousillerait les jointures. Il souffle et tremble encore quand les secours arrivent. Ils arrivent mais il ne se détache pas, les yeux grands ouverts, figés. Ils s’agitent tous autour, retient encore le tissu quand ils l’arrachent à lui. Non, non, il respire à peine. Incapable de filer droit, c’est avec les yeux secs et rouges de sang qu’il les observe soudainement. Il les voit avec difficulté, il tremble, il souffle, jusqu’à ce que le poids qui l’écrasait ne se fasse plus que fumée et que la douleur, trop forte, ne le terrasse.

***

« Il respire à peine… ».

Il murmure. Il souffle.

« IL RESPIRE A PEINE ! ». Il ouvre les yeux et se redresse d’un coup sec, tout juste retenu à mi-chemin par une blouse blanche. « Doucement. Doucement. Tout va bien. ».

La douleur le cloue au lit et il se laisse immédiatement retomber. Il tremble comme une feuille et de ses yeux il le cherche. Le monde vrille encore mais les détails redeviennent normaux. La lumière du jour l’aveugle et un rien le gêne. Il sent ce tube caresser la peau de son visage tuméfié dont une partie est encore à vif. « James, tout va bien. Vous êtes à l’hôpital Wrigley, les secours sont venus vous chercher, c’est fini tout va bien. ». Ca ne le calme pas, clairement pas. Il souffle. Il panique. Ryder est encore coincé dans ces images et ces souvenirs. Il s’est arrêté à ce moment bien précis où ils l’ont extirpé. Il daigne enfin tourner la tête vers elle et se fige en plissant les yeux, il la discerne mal avec la lumière. Elle est à contre-jour. Il ne s’appelle pas James. Pas dans cette vie-là du moins. Il fronce les sourcils avant de grimacer en cherchant à se redresser. Mais il se met à nouveau à souffler et il laisse tomber. « Ca va aller, vous allez voir. Tout ira… Bien maintenant. ». Non tout n’ira pas bien tant qu’il ne saura pas. Il est beaucoup trop préoccupé et angoissé pour se rendre compte que quelque chose ne va pas chez lui. C’est dans la précipitation qu’il tourne la tête de l’autre côté, faisant de son mieux pour aplatir l’immense oreiller blanc. Pendant ce temps, la blouse blanche se lève et s’empare déjà du nécessaire. Ryder ne la voit pas, il est bien trop occupé à regarder le lit d’à côté en silence, mais soulagé. Sa main gauche s’empare de la barre et il s’y accroche, prend le temps d’observer. Il respire, et les bips significatifs ne mentent pas. Il est vivant. Un sourire vient étirer ses traits comme jamais, il a véritablement l’air d’un fou. Et l’autre qui répète en boucle la même phrase : « Ca va aller, James. Ca va aller. ». Il ne percute pas tout de suite, ne comprend que lorsqu’il se retourne de l’autre côté pour voir le liquide dégouliner jusqu’à sa veine. Alors l’obscurité se fraye un chemin tout droit jusqu’à ses pupilles dilatées. Puis plus rien.

Bordel, on s’en fout. Tu es vivant.
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Ezra S. Ravenscar

❖ Date de naissance : 28/12/1998
❖ Barge depuis : 20/08/2015
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❖ Multicomptes : silena m. eastwood + maven k. morgenstern.
❖ image :
❖ Âge personnage : 35 yo.
❖ Profession : gérant de flesh & blood, extravagant maître d'un trafic obscur & illégal.
❖ Faction : dauntless.
❖ Forces & Faiblesses : les audaces capricieuses qui dérivent en inconsciences.
❖ Philosophie : take the best, fuck the rest.
❖ Playlist : DIGITAL DAGGERS, the devil within + GET SCARED, sarcasm + MUSE, madness + MELANIE MARTINEZ, mad hatter + THE WEEKND, reminder + ELLE KING, where the devil don't go + CAGE THE ELEPHANT, ain't no rest for the wicked + HALSEY, control + TWENTY-ONE PILOTS, heathens + ROYAL DELUXE, i'm a wanted man + THE WHITE STRIPES, seven nation army + KARLIENE, become the beast.



MessageSujet: Re: EZRYDER ▲ There is no such thing as pain Jeu 21 Juil - 19:50




what doesn't kill you
Leaves you broken instead








« Shh, ça va aller Ezra. » « Tu n'es pas une déception, tu es une abomination. » « Quand as-tu cessé d'être humain Ezra ? » « Qu'importe ma réponse, le choix est tien n'est ce pas ? » « arrête de rire, Ezra, s'il te plait. » «Qu'est-ce que tu as encore fais ? »  « Tu n'as jamais grandi. Tu es resté l'enfant joyeux, immature et sans-coeur que tu as toujours été. » « on joue à quoi aujourd'hui ? » « Ta gueule, Ezra. » «Le pire, c'est qu'il est mort parce que tu trouvais ça drôle.» « T'as beau être immuable, le monde change, lui. » « tu dors encore ? » « Ezra, arrête, putain. » « Pourquoi agir toujours comme une ombre alors que la lumière te va beaucoup mieux ? » « Ça t’amuse, n’est-ce pas ? jouer, comme ça, inlassablement, entre le Bien et le Mal. » « ARRÊTE ! » «Tu me fais peur. » « Elle est morte, Ezra. Elle ne reviendra pas, et c'est ta faute. » « Tes mystères m'empoisonnent. » « Qu’est-ce que tu espères de tout ça, Ezra ? » « Ne m'abandonne pas. » « Détruire la réalité pour qu'elle ne te détruise pas n'est pas la bonne solution. » « La curiosité est un vilain défaut, Ezra. » « Tu comptes vraiment sortir avec ça sur le dos ? » « Et toi, ton rôle, dis-moi, mon ami, te satisfait-il véritablement ? »  « Alors mon petit corbeau, te voilà en bien vilaine posture... »  « Tu pisses le sang, Ez’. » « Un anonyme tu es et restera. Alors tu vas vivre. » « Hé, tu dors pas. On dort pas. Faut me sortir de ce putain de trou Ez’, bordel ! » « La vie n'est pas un jeu, fils. » « Je n'ai rien pour toi. » « Qu'est-ce que tu veux ? » « Ez ! »

Ez
Ez
Ez
Ez





la souffrance.
le silence.
l'absence.



Rouge. La mort est née. La vie s'est fanée. Un pétale. Deux pétales. Trois pétales. Rouge sang, rouge sang, rouge sang. Elles errent, les roses rouges qui éclosent au cimetière de tes ombres amères, les épines qui lacèrent et prolifèrent à l'ombre délétère de tes paupières. La vie a ployé l'échine, s'est maculée du rouge des douleurs incandescentes et des clameurs rugissantes, du rouge des serments qu'on assassine et redessine au caprice du crime. Feu de joie. Feu d'effroi. La vie s'est fanée, et, pour toi, elle sourit. De ton agonie elle caresse du frisson de l'oubli le firmament de tes cris. Souffre. Meurs. Vis. Meurs encore et revis. Elle fracasse ta poitrine, elle te décime avec minutie, la vie. Meurtrière, elle laboure tes chairs. Princière, elle savoure ton calvaire. Et de ses rougeoyants rubis elle déverse en toi les flammes de l'enfer. Les flammes de la vie. En le néant, tu t'enlises, mais son sourire, il t'allégorise l'impuissance de ta conscience qui se brise. Les éclats épars dispersés en la fièvre des raisons qui s'égarent, puis s'engouffrent et se dispersent en la brume pourpre corrompant les ruines de ta folle harmonie en désordre et anarchie. Rouge. Tout est rouge, car tout est sanglant. Car tout est vivant.

Elles libèrent tes diaphanes scellées en les affres des petites morts qu'elles t'offrent avant de redonner vie à ton corps. La mort. La vie. Elles se mêlent, et te harcèlent du châtiment des immortelles fatalités, te dévorent et jamais ne t'oublient lorsqu'elles te crachent en l'infâme décor. Le théâtre immaculé de l'inconnu qui te broie le chaos de l'esprit éparpillé, il est vague, il danse et nargue à outrance tes sens qui se perdent en l'indicible défaillance. Pantin des enfers, désarticulé, les fils qu'hier tu tenais du sourire des rois prospères, elles les ont cassés et ton âme souillée de la blessure rouge qui flamboie des désastres horrifiques se terre dans le tombeau des sommeils mélancoliques. Illusion. Tout ici est illusion. L'éclatant blanc te blesse les opalines démentes qui plissent et glissent sur le masque qui te gêne et t'enchaîne, qui s'arrache à la pression de tes doigts tremblants. Le rouge sanglant qui s'insinue dans tes veines et remue tes haines, qui se déchire sous les poids de tes doigts violents. Illusion. C'est l'illusion qui t'essouffle et brûle ta gorge du soufre des chimère imaginaires. Sortir. Tu dois sortir. Le besoin de quitter les draps, l'autre toi, te racle les entrailles et tu dérailles. Désorienté, désordonné, tu glisses des draps, de l'autre toi. Et tu défailles.

Le monde s'effondre. Non, non, c'est toi qui t'effondre. Tes mains. Tu regardes tes mains. Rouges. Traces impures sur le sol pur. Tu les entends, les cris, les pleurs et les larmes de sang. Tu la ressens, la vertigineuse souffrance qui t'écorche et t'appelle à l'abîme sanguinolent. Souffre. Meurs. Vis. Meurs encore et revis. Elle fracasse ta poitrine, elle te décime avec minutie, la vie. Non. Pas encore. Souviens-toi. Le temps qui défile, ton temps qui s'effile.

Ryder.


Il est là. Devant toi, il te suffirait juste de tendre le bras.   Hé, tu dors pas. On dort pas. Faut me sortir de ce putain de trou Ez’, bordel ! « je vais te sortir de ton putain de trou. Laisse-moi juste ... deux minutes ... » Immobile. Le désir de te traîner jusqu'à lui réfréné par les plaies, la carcasse fissurée. Fragile. Mais tu es tellement plus. Tellement plus que ces os, ces crevasses, ces fêlures et ces blessures. Alors pourquoi ? Pourquoi tu ne l'atteins pas ? A terre, dans les peurs, les pleurs, la misère, tu es la bien étrange lumière qui illumine la guerre de ses absurdes mystères. L'insensée volonté, la vaillance défiant la déliquescence de ton corps, de ton cœur en décadence. La promesse. Tu avais fais la promesse. Dans les tourments, le sang, les hurlements, l'univers fulminant, tu es l'immortel gagnant. Alors tu comprends. L'infâme. Le cri de l'âme.

Tu as perdu.  

Un frisson. La traîtrise qu'ils glissent en tes veines. Malsaine. Et tu ne t'en rends pas compte, plongé en le passé qui t'obsède et te malmène.« J'arrive ... tu ... attends-moi ... » ta main. sa main. si proches. si loin. Et le monde s'effondre. Les doigts s'effleurent. Le rouge s'efface et le blanc reprend sa place. Bouffées par le néant.

« Le saignement a repris. maintenez la pression artérielle. »
« Emmenez-le en salle d'opération »

Rouge. La mort est née. La vie s'est fanée. Un pétale. Deux pétales. Trois pétales. Rouge sang, rouge sang, rouge sang.
Je sais que tu m'attends.

FICHE ET CODES PAR ILMARË

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le pouvoir de l'éclipse lelele :
 

ZHE BIG BAD IN DA PLACE:
 
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❖ Profession : Responsable de la Fosse et Entraîneur
❖ Faction : Dauntless
❖ Forces & Faiblesses : Peut être un parfait gentleman par devant comme une effroyable pourriture par derrière - A quelques "anger issues" mais ça à moins d'y avoir goûté vous n'en saurez jamais rien - N'a pas un vilain fond est même plutôt tout ce qu'il y a de plus jovial - Une de ses principales faiblesse découle probablement de sa légère dépendance aux substances illicites. Juste légère... Un tout petit peu. Micro poil de poudre.
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MessageSujet: Re: EZRYDER ▲ There is no such thing as pain Jeu 21 Juil - 22:02



There is no such thing as pain

FT. EZRA S. RAVENSCAR


Trois jours plus tard.

Absence.
Silence.
Souffrance.

J’erre en ces terres où plus rien ne pousse. J’erre en ces terres où tout fiche la frousse. Il n’y a pas souvenir plus amer que celui de te voir, toi aussi, t’enfoncer en ces terres. Elles sont arides et fétides. Elles puent le chaos et le sang, se nourrissent de tout sauf du firmament. Foutu Néant. Tu as disparu aussi vite que je t’ai vu, emmené, balayé, complètement éloigné. Et je m’y perds en ces terres sans t’y croiser. Je m’y noie, j’y plonge jusqu’à l’Enfer. Ils ont tout annihilé, les sens comme les souvenirs mais les images restent, les images défilent. Gravées à vie. Indélébiles. Ils ont essayé de nous éliminer, frère. Ils ont essayé de nous exterminer. Et maintenant nous sommes là, entre la vie et la mort. La mort et la vie. Tu le dis si bien, meurs, vis, meurs encore et revis. Les cris résonnent, les pleurs chantonnent et le chaos règne. Les balles sifflent mais l’ode d’argent pourtant sillonne nos veines à la recherche de chaque chose qui perturbe et qui tue. Elle annihile tout sur son passage, trouble la vision, le corps et l’esprit. Elle emprisonne dans ces terres où plus rien ne pousse, où tout fiche la frousse. Mais il n’y a pas souvenir plus amer que celui de te voir, toi aussi, t’enfoncer en ces terres.


Il ouvre ses azurines sur le mur blanc qui lui fait face. Le drap n’a pas bougé, toujours remonté, mais Elle, elle est partie depuis longtemps. Il lui a laissé la Fosse entre ses mains, sa Fosse, sachant pertinemment qu’elle en prendrait soin. Il reprend peu à peu ses esprits et comprend bien vite qu’on est entre temps venu lui réinjecter un peu de ce liquide béni car son dos ne le fait plus souffrir. Pour l’instant. Il a la tête qui tourne et ses tubes qui le gênent mais pourtant il se redresse, ou plutôt, on l’a fait pour lui. Le temps passe et s’effrite, toute notion est perdue et s’est envolée. Depuis combien de temps dort-il ? Il n’en sait absolument rien, il s’est complètement perdu en chemin. Seul un détail persiste dans son esprit qui se réveille sans attendre. Sans prévenir, l’audacieux tourne la tête à l’emplacement auparavant vide. Des bips résonnent et alors il le voit, branché de partout, à son effigie. Ils font la paire, encore une fois. Toutefois ce n’est pas la moquerie enfantine qui l’emporte mais bel et bien l’inquiétude de le voir si mal en point (c’est parce qu’il n’a pas vu sa propre trogne). La barre de son lit l’enquiquine et c’est avec rage qu’il essaye de la rabaisser pour mieux voir et espérer se rapprocher, mais cet idiot dort à poing fermé. Ryder se met à soupirer, la vision troublée, tout son monde tourne autour de lui il est complétement shooté. S’il pouvait ne serait-ce que se déplacer pour s’assurer que tout aille bien, mais il n’en est pas capable, condition maudite du paralysé, jambes qui ne fonctionnent plus et lui disent royalement merde. L’audacieux se sent aussi empoté que mal luné, alors il grogne tout seul et souffle à nouveau. Respirer lentement et ne pas s’énerver, respirer et expirer… C’est ce qu’elle lui a dit, c’est comme ça qu’il se calme une nouvelle fois avant d’hyper ventiler.

En silence, il capitule, garde la tête tournée et les yeux rivés sur l’autre qui est affalé dans son lit. Il ne le quitte pas d’une semelle, s’assure qu’il respire et que son cœur bat normalement. En soi, l’on pourrait penser qu’il n’insiste que parce qu’il n’a rien d’autre à faire en ces lieux, mais cette raison est fausse. Si James fait tout ça, c’est bel et bien parce qu’il veut voir Ezra rouvrir les yeux et râler comme un forcené, car il le sait. Il râlera comme un forcené.

« T’as vraiment une sale gueule. ». Qu’il finit par murmurer. Le silence est bien trop pesant et les balles recommencent à siffler dans son oreille gauche.

Le silence est tel qu’il ne le supporte pas, parce que son esprit se remet à vagabonder et les images du traumatisme à défiler devant ses prunelles éclairées. Alors il se rappelle du test et de ses jambes abîmées. Il se rappelle de sa faiblesse et de son impuissance, de sa Fosse qu’il a dû confier. Il prend le temps de respirer mais il voudrait déjà courir, s’échapper d’ici. Il ne peut pas. Et en songeant qu’il ne le peut pas, sa condition lui explose une nouvelle fois à la tronche et il s’enfonce, s’enlise, dans ces terres arides et dénuées de sens, sans jamais le quitter des yeux. Il s’enfonce et il a seize ans, ses mains serrant cette gorge qu’il déteste et qu’il maudit. Il s’enfonce et il a seize ans, Elle, elle souffle comme elle peut, avec force, avec rage, s’étrangle dans sa propre salive, sa propre bile qui remonte. Elle a menacé une fois de trop, la fois de trop. Il a pété un plomb à cause d’elle. Il va la tuer. Il va la tuer. Mais elle se débat, la rusée, fait les gros yeux et donne un coup. Ce n’est cependant que grâce à son paternel qu’elle s’en sort indemne, l’adolescent tout juste repoussé pour ne pas commettre l’irréparable sur sa propre mère. Il s’enfonce et il a seize ans.

J’erre en ces terres où plus rien ne pousse.

Puis il a dix-sept ans, fleur de l’âge, une année avant la cérémonie du choix et son test d’aptitude. Il a dix-sept ans et il dort sagement sur le canapé de la maisonnée familiale qui est toujours debout malgré les années. Tout y est précaire et ses vêtements, usés. Le strict minimum, jusqu’au bout. Il dort à poings fermés quand elle et un autre se mettent discrètement à rentrer. Il dort à poings fermés ne se sentant nullement en danger. Mais soudainement il les sent, ces mains autour de sa gorge qui l’enserre, masculines. Il rouvre les yeux avec la rage de vivre. Meurs, vis, meurs encore et revis. Il pose une main sur celles qui lentement l’assassinent et elle se dresse au-dessus de lui, se penche. Sa mère. L’adolescent s’agite en vain, celui qu’elle a amené avec elle n’est pas là pour plaisanter. Sans réellement comprendre, l’esprit encore embrumé, il sent l’air lui manquer et sa tête être bloquée. « Ca va aller, tout va très bien se passer. ». Elle lui sourit à pleines dents et lui continue de s’agiter, il n’arrive plus à respirer. A la hâte, elle sort un sachet de sa poche et en déverse le contenu dans sa main pendant que l’autre maintient la pression sur la gorge de son propre garçon. Il étouffe à petit feu et il n’y a rien qu’il puisse faire. Pas assez fort. Il s’agite, perd le nord et bientôt il sent l’une des mains masculines se poser contre sa bouche, si bien qu’elle n’a plus qu’à poser la sienne contre son nez avant que l’homme ne lâche totalement son emprise serrée sur la gorge. L’air lui manquant, l’adolescent de dix-sept ans prend une immense bouffée d’air, contraint de respirer comme il peut et ce qu’il peut. Sa mère et l’homme s’écartent alors et James inspire et expire comme un fou, tousse aussi pendant que la poudre s’insinue déjà dans son organisme. Incrédule, il se retourne, main contre sa gorge, vers sa mère qu’il fixe avec un regard aussi noir que l’obscurité. Elle sourit, fière d’elle, l’homme est déjà parti. « Je t’avais bien dit que tu comprendrais mon chéri… Quand tu serais plus grand. ».

Un bruit retentit, brise la glace du silence et les échos du passé. Les balles s’arrêtent de siffler et ses pupilles dilatées reprennent goût à la réalité. Il a sursauté à cause de son voisin d’à côté.

« Ez’ ? ».

Il tire sur la barre de son propre lit pour espérer mieux se hisser et mieux voir, mais il ne fait que grimacer à force de s’étirer.

« Hé, vas-y doucement y a pas le feu, on est complètement shooté. ». Et il se met à rire, Ryder. Parce que c’est vrai, ils le sont véritablement, et à cet instant c’est la meilleure sensation qui soit.


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MessageSujet: Re: EZRYDER ▲ There is no such thing as pain Sam 21 Jan - 15:38




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« ezra. » les hivers roulent dans les orbites humaines, les pas s'accélèrent, s'éloignent de la carcasse suffocante ; t'ignores les cris qui tapissent les murs d'une chimère de jeunesse. « ezra ! » ses doigts se referment sur la carne adolescente, demi-lunes érubescentes que dessinent les ongles lorsque le frère retient le frère. les regards se rencontrent, les réalités s'affrontent. il serre, encore, trop fort. et toi, t'es froid, froid comme le marbre, froid comme le silence d'une moitié de vie estropiée, comme le givre de l'erratique muré dans son insolente insensibilité. il est figé devant ton visage inexpressif, s'évertue à espérer y voir autre d'un diabolisme lisse et sans faille, s'acharne à en balayer les mascarades qui, éparses, finissent indiciblement par recomposer ta disgrâce. lorgnant les ravages d'un enfant rebelle et délirant, ses doigts saisissent ton poignet pour lever devant tes mires délavées les phalanges écornées. « t'es fier de toi ?fuck ya » tu te défait de l'étreinte ; démon, t'as la violence au bord du coeur, la hargne au creux des poings, l'innocence qui blasphème l'âme. d'une lèvre fêlée qui s'embrume d'une fumée veloutée, le sarcasme grince. « t'es malade, regarde-toi, putain, regarde-toi ! j'serais pas toujours là pour couvrir tes arrièressi tu m'as suivi pour me dispenser tes leçons de morale, je t'en prie, tu connais le chemin du retour. » l'insolence dévale les lippes bleuies par le froid. chiens de faïence, charognes fraternelles, voilà que le frère soupire et abandonne la partie ; c'est pas pour ça qu'il est venu.  « elle est mortequi ça ? maman. » et ...

rien.
y'a rien.
pas de monde qui s'effondre.
de regrets au bord des yeux.
de cri de l'âme.
juste un vide.
un putain de vide.
et six mots.

« tout le monde meurt un jour. »

sur nos échines courbées, le passé écrase ses songes mortifères. sur le reflet de nos indispensables chimères, nous visionnons l'âpre de nos autrefois délétères. et dans cet enfer, frère, nous sommes seuls et amers.


le goût de clope, le fer sur la langue. la sueur entre les omoplates, le froissement de la vie sur l'épiderme tyrannisé. t'as frôlé la mort. t'as toujours été un peu mort. cadavre déambulant dans la vallée des cœurs battants, les cendres dans la gueule, dans les yeux, dans l'âme. miroir infâme. l'ennui qui ronge, la féérie qui fane. l'hécatombe des distractions qui l'une après l'autre tombent. dans le sinistre cimetière où sans égal tu erres, sur un trône surmonté de lubies fauchées, tentations nécrosées & crânes hérissés de vanités, tu sièges, compte les ombres et leurs sinistre cortège jusqu'au prochain sacrilège. l'exilé qui s'amourache des réjouissances illusoires, et qui, lorsque les lueurs des fanfares ostentatoires s'éteignent, s'enivre les veines de chimères désarticulées et vaines. astre lunaire qu'on égare dans le firmament des splendeurs solaires ; disgracié, contrefait, destitué de l'éternelle nuitée pour mieux ombrager le firmament nacré, le jour qui brûle les mires amantes des encres noires, les luminescences qui rendent plus profondes les crépusculaires appétences. t'es l'ombre de chaque éclat, le tombeau de tous les maux, l'inanimé qui vagabonde ses éternités trépassées, la mémoire de dix milles vies, dix milles illusions qu'on imagine entre deux volutes de fumée et deux cris d'agonie. t'es un fléau aux sourires qui badinent le souhait de mort et l'envie de vivre encore. tu meurs à l'aurore, et reviens le soir renaitre et éclore.

tout le monde meurt un jour,
mais aujourd'hui n'est pas notre tour.


extirpé des mémoires d'enfance, la réalité écrase ton esprit embrasé de ses lueurs blafardes et immaculées ;  ton coude heurte dans une grâce élimée la barrière de sécurité du lit. le frisson importun, la carcasse qui tressaille. « that fucking shit ! » dégueulant une flopée d'insultes, l'amertume à la langue, tu craches la rancœur, âpre bile dégringolant les parois sèches et décharnées de ta gorge. t'es faible, non, impuissant. le souffle manque, trop vite. la force qui vacille, les mouvements trop difficiles. pantin disloqué, martyrisé par l'apocalypse d'une sale journée, t'as le caprice dévastateur, l'angoisse des mains vides. vautour en cage, les murs se rapprochent, lèvres crispées, l'évasion qu'on effleure à peine, le malaise au ventre, le vertige à l'âme. le monde est indécis, emmêlé et vaporeux à l'orée de tes paupières compulsivement scellées & descellées. puis sa voix résonne, et le manège s'arrête. y'a une drôle de chaleur qui crève le myocarde lorsque ton nom franchit la barrière de ses dents. d'un cynique « le seul et l'unique. » tu lèves les yeux et croise sa gueule grimaçante. l'histoire gravée sur la parcheminerie de vos dermes cireux, qui dédaigne les préjugés, les crimes, et les jugements, est marquée d'une énième aventure à inscrire dans le sang. ami, comparse, à la fois étranger et familier, différent et semblable, c'est à son égard que se profile au creux de tes lippes un sourire malicieux. d'une remarque, son hilarité est pourchassée de la tienne. c'est pas la première fois. puis, d'un rire qui se mue en grincement, la paume de ta main fébrile embrassant tes traits fatigués, tu maugrées un « dis-moi qu'on est pas dans un hôpital. dis-moi qu'on est pas dans un putain d'hôpital. » l'accent rauque qui mord la langue, la haine des prisons aseptisées qui tord les entrailles. d'un geste, tu soulèves le drap, contemple l'étendue des dégâts. « j'crois que j'ai une jambe qui déconne. » la fuite, c'est pas pour maintenant. nuque reposant de nouveau contre l'oreiller, tu râles un « j'ai soif, et j'ai la dalle. y'a pas d'la vodka sous ton lit ? »

sur nos échines courbées, les douleurs dessinent leurs arabesques carmines. sur le reflet de nos abominables figures, nous revivons le sang, la mort, et les blessures. et sous la torture, frère, nous ne serons jamais seuls et amers, je te le jure.

FICHE ET CODES PAR ILMARË

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le pouvoir de l'éclipse lelele :
 

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J. Ryder Storm

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❖ Forces & Faiblesses : Peut être un parfait gentleman par devant comme une effroyable pourriture par derrière - A quelques "anger issues" mais ça à moins d'y avoir goûté vous n'en saurez jamais rien - N'a pas un vilain fond est même plutôt tout ce qu'il y a de plus jovial - Une de ses principales faiblesse découle probablement de sa légère dépendance aux substances illicites. Juste légère... Un tout petit peu. Micro poil de poudre.
❖ Philosophie : Take the best. Fuck the rest.
❖ Playlist : Pillowtalk ▲ ZAYN - Battle scars ▲ GUY SEBASTIAN - Gasoline ▲ HALSEY - Still falling for you ▲ ELLIE GOULDING



MessageSujet: Re: EZRYDER ▲ There is no such thing as pain Mer 15 Fév - 11:43



There is no such thing as pain

FT. EZRA S. RAVENSCAR


C’est une putain de chienne la vie, Ez’ tu sais. Elle nous embrase, nous immole et ose nous rire en pleine face. C’est une putain de chienne, la vie. Un jour elle te donne tout, le lendemain elle te reprend tout. Si j’étais là à hurler au drame, mon frère, ce n’était que force du Destin. Force du malin. Celui qui sait et devine, celui qui se tait et assassine. J’ai simplement croisé ton chemin, putain. Malicieux Destin.

Et les balles sifflent.
Sifflent.
Sifflent.
Ton corps s’affaisse, fallait bien que j’encaisse.
Je lis sur ta tronche les traces de l’immondice. J’entends en tes esclandres insultantes, la douleur qui se réveille et te fait supplice.
Ah, qu’elle est pas belle cette chienne de vie quand l’on sait qu’on ne meurt pas aujourd’hui ?
Ris-donc, Ez’. Ris avec moi, car l’un comme l’autre on ne peut pas tomber plus bas.


Et ils résonnent, les rires sincères, les douleurs amères. Les souvenirs se font fantômes qui le hantent, quand sous sa peau ils résonnent et chantent. Les horreurs du passé, son égo malmené. La Morphine a beau faire son chemin, c’est en ses prunelles qui sont les siennes qu’il se perd et revient. L’inquiétude, elle lui a mordu aux tripes dans le silence de cette pièce insolente, et maintenant qu’il est réveillé, même la plus sifflante des balles ne saurait l’effrayer. D’ailleurs, il n’entend pas trop bien, Ryder, tympan temporairement niqué par ce drame auquel ils ont été forcés d’assister. Déjà l’audacieux d’à côté remue, se tort et grogne, voudrait une chose qu’en aucun cas il ne peut offrir. Toujours tout sourire, enivré par les effluves d’un mal qui a disparu, qu’il ne sent plus, le responsable de la Fosse lâche un soupir contrits.

« Je n’irai pas te mentir pour te faire plaisir. On est bel et bien dans un putain d’hôpital. Le seul qui existe d’ailleurs. Etonnant qu’ils ne l’ont pas encore fait sauter, lui aussi. ». A nouveau il rigole, James, pendant que son autre constate la malchance de sa guibole, qu’il fulmine, enserre les barres, se rallonge et interroge pour de la vodka. Alors, il rigole de plus belle, le drogué d’audacieux, les larmes ruissellent sur ses joues, de rire, d’émotion, de joie, de tristesse il ne sait vraiment pas. Il ne sait plus. Mais depuis qu’il est réveillé, toute cette angoisse a disparue. « Je sens plus mes jambes. ». Il lâche un nouveau rire, et répète. « Moi, je sens plus mes jambes, Ez’. ». Et la réalité lui éclate une nouvelle fois à la gueule, haineuse et viscérale, ses lèvres tremblent sous la colère qui refuse de remonter à la surface, annihilée par cette dose de morphine qu’ils lui ont donné. Le calmer, ah c’était juste pour le calmer, l’apaiser. Il ne serait pas handicapé qu’il leur arracherait les yeux et ils n’auraient plus que leurs lèvres pour parler. « J’ai pas de vodka… J’assure pas. ». Clairement pas. Bon à rien. Alors les rires se transforment en larmes sincères, propres sanglots qui l’exaspèrent mais contre qui il ne peut strictement rien faire. Emotions amplifiées, vision troublée et gestes désordonnés. Voilà tout ce qu’il est. Complètement shooté.

« Putain. Ez’. Te rendors pas. »

Il a beau être réveillé et le voir, il ne peut pas se retenir de le lui dire. Tout ce qu’il pense s’échappe de ses lèvres, flot de paroles qu’il ne contrôle pas.

« Si tu te rendors et que tu me laisses encore, je te jure que je te bousille l’autre jambe. »

Parce que derrière les pseudos licornes et les paillettes, il ne peut pas tolérer de le voir s’endormir encore. Ramené tout droit jusqu’à dehors, quelques heures, jours, auparavant. Quand les balles sifflent, que les corps crient famine et pourrissent à même le sol. Quand les citoyens de cette ville brûlent sous les acharnements de ces corps camouflés et agaçants. Des traitres et des lâches à leur rang.

Dans nos délires et au-delà des frontières, mon frère, il y a cette angoisse mortifère. Celle qui prend aux tripes. Celle qui rappelle à mes bons souvenirs que tu aurais bien pu tout bonnement périr. Au diable ceux qui voudraient de toi obtenir la déraison, piètre et vulgaire pendaison. De toi à moi, on peut se le dire, si tu daignais mourir je te ferais souffrir.

« T’endors pas j’ai dit ! »

Il beugle maintenant, les yeux rougis malgré les interdits. L’oreiller claque contre les barres de son lit, résonne, fait vriller son tympan bousillé de l’intérieur et il grogne en plaquant ses mains contre ses tempes. La migraine, elle peut se réveiller à tout instant.

« On va se barrer, dès qu’on peut. Je te le promets. Mais je sens plus mes jambes. Ez’. Je peux pas être foutu. Pas comme ça. Pas maintenant. »

Détresse de l’âme.
C’est une putain de chienne la vie tu sais. Elle nous embrase, nous immole et ose nous rire en pleine face. C’est rien qu’une putain de chienne. La vie. Un jour elle te donne tout, le lendemain elle te reprend tout.

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MessageSujet: Re: EZRYDER ▲ There is no such thing as pain

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