Un p'tit vote



Il est dit, selon la théorie du Chaos, que quelque chose aussi petit que le battement de l'aile d'un papillon peut finalement causer un typhon à mi-chemin autour du monde.


 

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 CHARLAY ▲ Ashes and dust

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Gray J. Wolfgang

❖ Date de naissance : 08/10/1989
❖ Barge depuis : 01/11/2015
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❖ Crédits : TF (vava) - Swanou (spoiler signa) - Alas (code signa)
❖ Multicomptes : Envy D. Carter & J. Ryder Storm - G.H. Nolan Wheeler & Gabriel A. Blackwood
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❖ Âge personnage : 25 ans
❖ Profession : Bras droit des Sans Faction, membre actif de la résistance - Ex Barman au Harvest et rat de laboratoire pour le compte de Moira Rosenbach.
❖ Faction : Divergent, Factionless - Anciennement Amity - Origines Erudites
❖ Forces & Faiblesses : Tolérance face à la douleur - Techniques de combats à mains nues - Manipule plutôt bien les lames, il les préfère aux armes à feu - Sa plus grande faiblesse réside maintenant dans le fait que le Conseil connait sa Divergence - A des cauchemars récurrents sur son enfance - Garde un oeil constant sur ses aînés et les O'Malley.
❖ Philosophie : Season two l I'm gonna shoot you down. - Season one l Count only on yourself, otherwise you'll just die, victim of treason
❖ Playlist : HELLO ▲ Adele - HURRICANE ▲ 30 Seconds to mars - MONSTER ▲ Imagine Dragons - PARALYZED ▲ NF - THE SCIENTIST ▲ Coldplay - FADED ▲ Alan Walker - TRAIN WRECK ▲ James Arthur



MessageSujet: CHARLAY ▲ Ashes and dust Dim 10 Juil - 20:49



Ashes and dust

FT. CHARLIZE E. FLORES


Le temps s’est arrêté, Charlize. Les jours se sont effrités, encastrés les uns dans les autres et je ne sens plus ta présence. Tu as comme disparu, du jour au lendemain, ou n’est-ce que moi qui me suis perdu en chemin ? Ils se sont assombris, mes jours, tu sais. Chaque bruit devient sursaut, chaque bruit devient trop gros. Pourtant j’ai résisté, pour eux, pour elle, pour toi. Je passe mon temps à attendre, à espérer que sa voix à nouveau résonne au milieu de ces plaques de verre. Et je n’en peux plus, tu sais, de ce lit de fortune et de ces tenues de papier rêche. Dis-moi comment est-ce au dehors ? Dis-moi est-ce que le soleil brille toujours de temps à autre ou est-ce que la neige a laissé place au froid et à l’air maussade ? Est-ce que tu vois le printemps pointer le bout de ces pétales, ces brins d’herbe verte tenter de pousser entre deux dalles de béton armé ? N’y a-t-il que désolation au dehors ou est-ce que l’on te donne la force d’y vivre, de te battre pour toujours survivre ? Mon temps à moi s’est arrêté, Charlize, plus je reste là et plus je m’enlise. Et je ne te sens plus, alors dis-moi, où es-tu ?

La paroi de verre tremble sous ses ébènes, ses veines frappent à ses tempes avec force et déraison. Piètre damnation. Il serre cette gorge avec violence, entre ses doigts il la sent frissonner et essayer de se dégager. Cela ne dure qu’un temps. Son bras droit est passé au-dessus de l’épaule et vient un peu plus appuyer sur cette jugulaire parfaitement exposée grâce au gauche qui l’enserre toujours plus, cette fameuse gorge. Il tremble comme une feuille, à l’image de cette paroi de verre, et le divergent ne peut s’empêcher de sourire de toutes ses dents, un air de folie dans le regard. Ses deux billes sont luisantes comme la rosée du matin, mais aussi rouges que le liquide carmin qui s’échappe de son avant-bras malade. Sur son visage, les stigmates d’une altercation passée trônent toujours fièrement. Sa peau est tellement pâle que les hématomes prennent plus de temps à disparaître. A chaque fois. Car ce ne sont pas les premiers et ce ne sont pas non plus les derniers. Son monde part complètement en vrille, quand ce ne sont pas les hallucinations c’est l’euphorie qui s’empare de son état et il se met alors à rire comme un dératé, prêt à se mettre à pleurer au moindre changement. Et Clawrence tremble comme une feuille contre lui, n’ose pas bouger. Jamais. En revanche… Parler.

« Tu n’es pas obligé de faire ça Gray. »

Tais-toi, ou je te coupe un bras.
Tais-toi ou plus jamais tu ne parleras.
Sur la pente de la déraison et le chemin de la damnation je suis le maître.
Tais-toi, s’il te plait tais-toi. Tes tours de passe-passe ne marcheront pas.


« Ecoute-moi, Gray. Tu n’as pas besoin de faire ça, tu ne dois pas faire ça. Sais-tu seulement ce qu’ils vont te faire après ça ? S’il te plait. Ecoute. »

Le divergent se met encore à rire là où ses prunelles se brouillent un peu plus. Il tangue, chancelle, mutilé qu’il est. Blessé et brisé. Il resserre alors sa prise et une goutte carmine s’échappe de la gorge de Clawrence qui se fige.

« Tu n’as jamais été un bon psy. Clawrence. ». Qu’il siffle entre ses dents en penchant soudainement sur le côté, trouvant assez de force pour se redresser. « Wow. ». Ca tangue violemment mais il tient bon et appuie un peu plus. Le psy en question se met à couiner et il le sent serrer le bras qui lui coince la gorge. « Ne. Me. Touche. Pas. ». Il persifle et insiste le divergent, l’homme brisé, l’enfant meurtri. Il est plein de meurtrissures Gray, et si dans sa tête lentement il compte, les hommes de mains qui s’avancent et se postent derrière la baie vitrée ne lui font nullement peur. Jamais il ne sourcille.

« Ils ne sont pas là pour faire les enfants de chœur, Gray. Ecoute-moi. Ecoute putain ! ». Mais il ne le laisse pas et le serre, à présent il l’étranglerait presque. Ses sourcils se froncent et ses ébènes fixent l’horizon. Il voit trouble, il ne sait pas très bien ce qu’ils foutent là tous mais une chose est sûre il ne compte pas lâcher Clawrence. «  Tu m’fatigues… » qu’il annonce au psy en s’amusant à dessiner une étoile dans la peau de son cou avec un scalpel. « Gray arrêtes ! ». Il s’agite le petit psy trapu aux allures bourrues. Il s’agite mais tout le monde s’en fiche, le divergent le premier.

Le temps s’est arrêté pour moi, Charlize. Je pars en vrille, je vois rouge puis noir. Je souffle, je hurle de l’intérieur, j’ai mal à la tête et je tourne. Je ne sais même plus comment j’en suis arrivé là et je ne sais plus quel jour nous sommes. Dis-moi fait-il toujours beau au dehors ? Les oiseaux chantent-ils ? Tu te souviens de ce que c’est toi, les oiseaux ? J’en ai oublié jusqu’à leur chant. Plus rien ne résonne en cette âme si ce n’est l’écho du drame. Il s’est figé et s’est arrêté, le temps, Charlize. Je vois leurs silhouettes noires, elles zigzaguent et nullement ils ne bougent. Puis je la vois elle. Tiens. De plus en plus curieux. Serais-je déjà mort puisqu’il est impossible pour elle d’être là. Enfin… Ce n’est pas possible qu’elle ait entendu, hein, dis-moi ?


Dernière édition par Gray J. Wolfgang le Dim 17 Juil - 14:07, édité 1 fois
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Charlize E. Flores

❖ Date de naissance : 09/04/1990
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❖ Profession : Dirigeante des Sans-Faction, stripteaseuse dans un nightclub crade chez les SDF et membre de la résistance.
❖ Faction : Sans-Faction, comme une grosse merde. (Ex Sincère, née Altruiste.)
❖ Forces & Faiblesses : Un glorieux mélange d’alcoolisme trop assumé et une poisse légendaire.
❖ Philosophie : Don't be a drag just be a queen.
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MessageSujet: Re: CHARLAY ▲ Ashes and dust Mer 13 Juil - 17:24


❝ Hold your breath & count to ten ,
feat. GRay J. Wolfgang & Charlize E. Flores. ❞




SUITE DE : house of cards.
Quelques jours écoulés depuis...

Ton temps s’est arrêté. Mon temps s’est éfaufilé. Tout finit toujours par se terminer, Gray. Nous ne pouvons rien n’y faire. Toi, en Enfer. Moi, en l’éther. Il reste. Il demeure. L’hiver, dans le monde extérieur, il reste et demeure. Ton temps s’est arrêté. Mon temps s’est éfaufilé. Vais-je te traîner toute ma vie ? Vas-tu me traîner toute ta vie ? Le lien qui unit. En nous cette litanie. Les échos qui mettent nos consciences en morceaux. Il y a toujours quelque chose qui fracasse, quelque chose qui tracasse, qui laisse sa trace, en nos rêves les plus allouables, règnent ses reines sans cœur qui nous hurlent sans aucune pudeur « COUPABLES ! » Coupables de remords, coupables de ces laideurs qui abordent, coupables de ces noirceurs qui brodent et surtout coupables de se prélasser dans les regrets sempiternels qui sont nos punitions éternelles. J’aimerais nous endormir dans les rêves sans fin et laisser glisser sur nos lèves consumées les zéphires sans soupires. Mais les rires et sourires, faux compagnons, ont depuis longtemps désertés nos esprits vagabonds. Ton temps s’est arrêté. Mon temps s’est éfaufilé. Il reste. Il demeure. L’hiver, dans le monde extérieur, il reste et demeure. La neige s’est colorée de rouge. Le givre a fondu sous les tapis de braises incandescentes. Le monde extérieur s’est écroulé dans l’horreur.  Et ces quelques fragments de nature, point épargnés par l’Homme et sa pourriture, ne sont que les débris de cette ville écartelée de meurtrissures. Les arbres demeurent le symbole d’une nature meurtrie qui s’époumone, embastillé dans une citadelle d’hiver, à l’abri de ceux qui la saccage avec rage. Blizzard et brise bousculant alors les flocons de neige de leur souffle salvateur, glissant entre les branches dépouillées de ces vertes feuilles qui nous appellent la renaissance, ces murmures de la Nature qui racontent nos plus horribles bavures et tortures. Le chant des oiseaux s’est haché par les croassements de corbeaux. Temps volatile qui accentue ce monde extérieur en plein hécatombe et déchu dans les tombes. Rien. Il n’y a rien de beau, Gray. Tout est mort.

MORT !

- Ofelia. Tu devrais peut-être boire de l’eau ?

Mes nuits immortelles se lèvent lentement vers le Mortel, l’encre de chine colorant mes pupilles semble briller des reflets carmin rappelant le miroitement d’un rubis et de tout ce sang qui nous enduit. Les oriflammes de cette chaude journée de mois de janvier ont redessinés et bosselés mon visage de bronze. La peau forgée d’horreur, les traits cuirassés de laideur et mon allure n’inspirant rien d’autre que la peur. Poupée de diamant qui s’est noircie dans les sédiments. Débris et rescapée de ce monde qui n’est définitivement plus un monde. Je ne suis pas d’humeur à écouter ces conneries. Accoudée lourdement sur le bois lustré du zinc, je rapproche mes paumes l’une contre l’autre, viens mollement appuyer le dessous de mon menton sur les bouts de mes doigts entrelacés au point de se disloquer. Mes yeux injectés de sang, ondoyant comme le plus brumeux des bassins d’encens, cisèlent et écartèlent les traits contemplateurs du barman qui me fait face et essaie certainement pas de perdre la face. Je ne le regarde pas. Je ne le contemple pas. Je lis et subis ce que ses pensées reluisent en ces deux mirettes noyées fixement dans les miennes.

- Tu n’as jamais été un bon barman, Daniel.

À mes lèvres persifleuses s’accroche ce faux sourire, déboire de mon âme plongée en plein délire. Yeux dans les yeux avec mon interlocuteur, défit silencieux, jeu dangereux, résolue, je libère l’une de mes mains et viens attraper la bouteille de Tequila trônant non loin de moi. Sans même dévier le regard, je déverse l’alcool dans mon verre vide et avec fracas me répartis de la bouteille de fort sur le comptoir en bois. Boire. Boire pour ne plus rien voir. Boire pour ne plus rien percevoir. Dans la disharmonie de ce soir, toutefois, mon âme, consumée par les horreurs de cette journée de mois de janvier, elle ne cesse de fléchir et frémir aux échos de la guerre. Ce n’est pas mon mal de vivre que j’engourdie. Mais le tien. Toi, en Enfer. Moi, en l’éther. C’est entre tes veines nécrosées que se déverse tout cet alcool goulument absorbé. Mais je veux oublier. Je veux que ça s’arrête. Pourquoi tu ne me laisses pas ? Pourquoi tu restes là ? Le goût du sang, sur ma langue. L’odeur des chairs calcinées. Le chant des suppliciés et l’ode des condamnés. Je suis hantée par les images de cette journée du mois de janvier. Accrochée à moi, tu ne me laisses pas le choix alors mon cœur est mis en croix ! Lentement, j’approche mon shot de mes lippes rieuses, mais la main de Daniel moulée à mon fragile poignet m’empêche d’esquisser le mouvement.

- Wow ! que je m’esclaffe, faussement surprise de la résistance alors que d’un geste brusque je m’arrache de sa prise et me brûle l’œsophage du liquide grisant.  

- Ofelia. Arrête. C’est assez. Deux de mes hommes vont te raccompagner chez-toi.

- Tu m’fatigues !

À ses mots, j’attrape la bouteille et écrase le goulot à mes lèvres. Je veux oublier. Je veux que ça s’arrête. Mais ça ne s’arrête pas. Jamais. Le liquide consume, immole, mais jamais il noie et étouffe. Torchère d’Enfer. Dans le coin de mon regard, les silhouettes de deux videurs se caricaturent. Et à mes mains ces sensations étranges fourmillent alors qu’une impression de mort me flagelle l’esprit. Et un peu mieux je souris. Je sens un lointain vertige. Je sens tes cités de vapeurs, Gray. Ô, oui, je sens. J’entends ta litanie, berceuse du chaos où le néant oscille. Tu es en guerre. C’est la guerre. Notre guerre !

Tout finit par se terminer, Gray. Nous ne pouvons rien n’y faire.
Toi, en Enfer. Moi, en l’éther.  
Résolue, avec toi, je me redresse de mon tabouret et me rapproche de ces deux armoires à glace qui hésitent à m’empoigner pour me sortir de ce pub miteux.

Mais moi… âpre, fière et cruelle… je rentre en guerre…. Saute à la gorge du premier pachyderme qui me tombe dessus à la lourdeur d’une pierre tombale.  

- Ofelia ! Écoute-moi ! Calme-toi ! Putain !

« Tais-toi, ou je te coupe un bras.
Tais-toi ou plus jamais tu ne parleras.
Sur la pente de la déraison et le chemin de la damnation je suis le maître. »

Fière et cruelle… je suis la Guerre.

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Gray J. Wolfgang

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❖ Faction : Divergent, Factionless - Anciennement Amity - Origines Erudites
❖ Forces & Faiblesses : Tolérance face à la douleur - Techniques de combats à mains nues - Manipule plutôt bien les lames, il les préfère aux armes à feu - Sa plus grande faiblesse réside maintenant dans le fait que le Conseil connait sa Divergence - A des cauchemars récurrents sur son enfance - Garde un oeil constant sur ses aînés et les O'Malley.
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MessageSujet: Re: CHARLAY ▲ Ashes and dust Dim 17 Juil - 15:23



Ashes and dust

FT. CHARLIZE E. FLORES


Ils sont là, Charlize, et je sais que tu les vois toi aussi. Des flammes s’échappent de leurs yeux, rougis leur peau tandis que l’odeur de chair brûlée se répand dans mes narines. Pourtant rien ne brûle et rien ne fond, ici, entre ces parois de verre. Rien ne brûle et il n’y a aucun cri, si ce n’est celui de Clawrence qui souffle entre ses dents à mesure que l’étoile se dessine dans la peau tendre de sa gorge. Je te sens à nouveau, éloignée mais si proche. Nous sommes en guerre. Je suis en guerre. Tu l’es. Il n’y a plus de place pour la léthargie. Quitte à mourir, autant se battre pour vivre. J’ai la rage de vivre moi, là où tout n’est qu’Enfer ici-bas. J’ai la rage de vivre moi, sauf s’ils ne m’en laissent pas le choix.

« Gray écoutes-moi ! ».

Il papillonne des yeux alors qu’il a marqué un temps d’arrêt de quelques secondes, ébènes perdues droit devant lui sur les sempiternelles silhouettes noires qui s’agglutinent. Ils vont ouvrir la porte et il le sait, ne connait cette mascarade que trop bien. Clawrence a fait l’erreur de rentrer, se pensant en sécurité devant l’état de ce pauvre torturé qu’il est. Belle erreur, grossière et vulgaire. Elle se perd sur sa langue telle une goutte amère, cette erreur. Son erreur. La sienne. D’avoir osé croire que sous prétexte qu’on l’a laissé être malmené par P’ il serait plus docile qu’à l’accoutumé. On l’a enchainé, on l’a emprisonné, on l’a torturé, mutilé, tatoué et bafoué. Et aujourd’hui il rugit dans son âme, dans son corps et sa tête. Il rugit, il a mal à l’âme, Gray, et il en rit. Dieu qu’il en rit à cet instant, à mesure que l’étoile prend une forme des plus étranges et que le sang s’échappe de cette peau mise à mal. « Alors ? Qu’est-ce que ça fait de saigner Clawrence ? ». Le divergent sourit et dévoile ses dents blanches tandis qu’un éclat de folie traverse ses yeux secs et rouges. L’alcool s’est insinué dans ses veines sans qu’il n’en boive une goutte. Il se sent étrangement plus fort, étrangement plus libre aussi. Son esprit vogue mais il ne lâche jamais sa prise, sa seule emprise sur cet être qui se pensait bien trop puissant pour subir un seul assaut. Mutilé, torturé, bafoué. Emprisonné, enchainé, tatoué. On l’a enfermé dans des simulations. On l’a tué deux fois pour mieux le ramener à la vie. Il a subi le joug des éléments, tout comme Elle. Le feu, la glace. On l’a aspergé, mit à rude épreuve, à chaque seconde, à chaque minute. On a déréglé son système à coups de lumière constante. On en a fait un vulgaire rat de laboratoire. Mais aujourd’hui ils vont payer. Ils vont payer.

« Gray calme-toi putain ! ». Le psy s’agite un peu plus et le divergent resserre sa prise. « Et moi je t’ai dit de ne pas me toucher ou bouger ! ». Qu’il lui crache au visage en fronçant les sourcils. Au fond, il a mal, Gray. Juste mal, si mal. Depuis bien trop longtemps il observe son liquide vital, souffle de vie, s’échapper de son corps. C’est à peine s’il ose regarder ces marques qui sont venues s’ajouter. A bien y réfléchir, il a frôlé la mort trois fois, ici. T’as merdé, t’as payé, et je suis furax. Sa gorge se serre quand il revoit les images, Clawrence beugle, Clawrence se débat et c’est à ce moment-là que les armoires à glace pénètrent dans la bulle de verre.

Sur la pente de la déraison et le chemin de la damnation je suis le maître.
Tu es la guerre et j’en suis le fer.


Il redresse la tête et se tourne, probablement un peu trop vite car le psy chancelle avec lui. Il a la tête qui tourne et ne file plus très droit mais sent en lui assez de force pour retenir Clawrence encore un peu. Les deux premiers gorilles arrivent et foncent sur eux. Conscient que sa tactique n’a pas réellement fonctionné, Gray pousse soudainement le psy vers eux d’un coup sec et recule, gardant le scalpel fermement en main. Ils ne perdent alors par une seconde de plus mais à leur grande surprise ce n’est pas eux qui arrivent sur le divergent le premier, mais lui. Il fond sur eux avec rage, mâchoire crispée et traits tirés par une rage folle. Il se jette à la gorge d’une premier, enfonce sa lame dans son épaule mais le second lui tombe dessus avec toute la lourdeur d’une pierre tombale. Gray se sent pencher en arrière et son dos heurte violemment le sol. Il peste, il souffle mais rit aussi. Cette scène est juste tellement drôle, au fond. Il ne lâche pas sa lame, même lorsque le poing du premier s’enfonce sur l’arête de son nez et ne le sonne que davantage. Il n’en faut pas plus pour sa propre hémoglobine qui s’échappe avec aisance, se ruant à ses lèvres et dégoulinant dans le fond de sa gorge. Il crache. Leur crache au visage en se débattant. Il réussit par il ne sait quel miracle à rouler au sol, les contourne et finit par réussir à découper la gorge du premier, celui qui a finalement asséné le coup. L’armoire à glace se fige soudainement alors que le liquide vital s’envole dans les airs. La silhouette noire et trouble porte la main à sa gorge mais ne peut rien faire. Il s’étouffe. Il s’étrangle et s’écroule au sol.

Le visage en sang, l’alcoolisé voit un deuxième prendre immédiatement la place du macchabée dont des gerbes rouges continuent de s’échapper sur le sol. On vient tirer le corps pendant que le second gorille qui faisait équipe avec le premier rugit à son tour de rage, attrape la mâchoire de Gray avec force et le rabat à nouveau au sol. Sa tête heurte le béton froid mais il serre si fort le scalpel dans sa main qu’il ne le lâche pas. Ses jointures blanchissent malgré les étoiles qui dansent devant ses yeux. La vue troublée, la douleur l’a tétanisé. Il sent son bras gauche être saisi et tiré avec violence. On le redresse déjà mais il ne file plus droit, et l’alcool ne fait qu’accentuer tout ça. Il sourit comme un idiot, méconnaissable, une nouvelle fois ensanglanté. Il baisse la tête et aperçoit les gouttes ruisseler jusqu’au sol pour venir se mélanger à celles du macchabée. Il sourit mais sent les larmes lui monter aux yeux. Tout ça n’est qu’un putain de cauchemar. T’as merdé, t’as payé, et je suis furax. Il a envie de hurler, le divergent. De rage, de colère et de désespoir. Il a mal, si mal. A l’intérieur, à l’extérieur. A genoux on le tient et on l’immobilise, mais avant que l’autre armoire à glace ne puisse bloquer son second bras, il rabat subitement la lame de scalpel à sa propre gorge.

« Un pas de plus et vous ne ferez que me ramasser par terre. Comme lui. ».

C’est limpide et clair comme de l’eau de roche Charlize. Tu es la guerre et je suis le fer. Tu es là sans que je ne comprenne pourquoi. Et je n’en peux plus Charlize, je n’en peux plus. D’eux, de leur jeu. Je vois les étoiles qui dansent et mon monde qui tangue. Je n’entends plus le chant des oiseaux, je n’arrive plus à entendre sa voix ou savoir quel effet ça fait de caresser sa peau au réveil. J’ai la rage de vivre, pour eux, pour Elle, pour toi. Mais ce monde n’est pas fait pour quelqu’un comme… Moi. Tout arrêter ici et maintenant, c’est abréger leurs souffrances. Vos souffrances. C'est…

Gray est figé dans son geste et se fige un peu plus lorsque la masse noire derrière la vitre s’écarte pour la laisser passer. Il ignore depuis combien de temps elle est là, depuis combien de temps elle écoute. Il ignore même si elle est véritablement réelle, mais tout cela n’a pas d’importance. On le maintien à genoux, mais c’est entre ses mains que règne son courroux. Le scalpel peut le tuer au moindre mouvement, au moindre geste mal placé. L’armoire à glace tente de faire un pas et Gray l’enfonce déjà, cette lame. « J’ai dit… Un pas de plus et vous ramasserez par terre. ».

Alors il détourne les yeux vers Elle, voit trouble mais la fixe de ses ébènes aussi noires que le néant. Néant des maux. Néant de l’âme. Puis il sourit, encore enivré par l’alcool.

« Madame la Présidente. ».
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Moira A. Rosenbach

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MessageSujet: Re: CHARLAY ▲ Ashes and dust Mar 26 Juil - 18:47


ashes and dust

feat. Gray & Moira


« Madame la Présidente. ».

Corps et âme. Elle s’est livrée corps et âme pour cette ville. Elle a tout sacrifiés, absolument tout, pour la préserver et protéger ses citoyens. Sa vie entière, d’un simple revers de main, balayée et réduite à néant. Son âme noircie par les ténèbres, ses mains tachées de sang, reine d’un royaume maudit et à jamais perdu. Utopique de croire qu’elle réussirait à relever la ville de ses cendres. Pure folie de croire qu’elle serait à la hauteur de son prédécesseur…

- Relâchez-le. Immédiatement. Ne vous approchez plus de lui, que souffle l’impératrice des damnées, ses célestes hivernaux dévisageant un moment ses hommes, Wolfgang et les pourpres arcanes de ce théâtre de l’Horreur qui se pâment sur le béton froid de la cellule de verre.

Noble, malgré ses tempêtes de l’âme, d’une démarche souple et distinguée, elle expose son lustre magnanime à la lueur de l’éther en guerre, bras croisée sous son buste et la mâchoire dignement redressée. Elle transpire un flegme impressionnant, malgré la détresse, elle sait se faire passive lorsque les océans agités se déchaînent contre les récifs acérés de ces rivages désormais laissés à feu, à sang et à la poussière.

- Vous savez que j’ai horreur de me répéter. Éloignez-vous de lui. C’est un ordre.

À contrecœur, les crânes bourrelés de terreur, d’un pas circonspect, les menaces s’éloignent doucement de Wolfgang et la présidente s’immobilise à moins de quelques mètres du dôme en verre, s’emparant d’un casque d’écoute, s’assurant que les communications sont bien réglées, c’est d’une voix posée qu’elle s’adresse au Divergent :

- Bonsoir, Gray.

Ses deux billes de saphirs dévisagent pour une dernière fois le massacre, lorgne le corps vacillant du Divergent, s’attardent un moment sur le scalpel dangereusement plaqué sur son cou.

- Dure et pénible soirée ? Que dis-je !? Dure et pénible vie...

Ses azurs rencontrent désormais les ébènes, vrillent au travers de son désespoir et cet éclat de révolution. Elle sait. Elle sait qu’il est sérieux. Lui, elle, la citée entière, ils sont tous au bout du rouleau.

- Le sang a suffisamment assez coulé et les corps trop tombés. Vous ne voudriez pas avoir la mort de Flores sur la conscience, n’est-ce pas, Gray ?

Malgré la tirade, pas l’ombre d’un sourire ne se profile à ses lippes, l’impératrice des damnées demeures spleenétique et sérieuse.

- Attentez à votre vie et vous attenterez à la sienne. Tout le mal infligé, Gray, elle le ressent aussi. Vous avez d’implanté dans votre matière grise… une puce. Avancée et progrès de la science. Flores et vous, vous êtes les premiers cobayes de ces recherches. Cette puce vous relie l’un à l’autre. Vos esprits sont interconnectés. Vous aviez besoin d’un petit coup de pouce pour vous guérir de vos blessures, Gray. Nous vous l’avons octroyé. Hélas, les choses ne se sont pas déroulées comme prévues. J’en retire les entières responsabilités. Toutefois, ce qui se passe ici, là, maintenant, le geste que vous porterez aura de graves conséquences et c’est sur votre conscience que la mort de Charlize Flores reposera. Ne devenez pas ce cliché que l’on s’efforce d’inculquer aux habitants de cette ville. Prouvez que les Divergents ne représentent aucun danger. Soyez celui qui me prouvera tort, Gray.

Du coin de l’œil, elle dévisage les gardes, fermes quelques instants les yeux.

- Le sang a suffisamment assez coulé et les corps trop tombés. Épargnons-nous les effusions de rixes et de violences.

Corps et âme. Elle s’est livrée corps et âme pour cette ville. Elle a tout sacrifiés, absolument tout, pour la préserver et protéger ses citoyens. Sa vie entière, d’un simple revers de main, balayée et réduite à néant. Son âme noircie par les ténèbres, ses mains tachées de sang, reine d’un royaume maudit et à jamais perdu. Utopique de croire qu’elle réussirait à relever la ville de ses cendres. Pure folie de croire qu’elle serait à la hauteur de son prédécesseur…

- Vous avez toujours le choix. Vous pouvez vous enlever la vie et avoir le sang de Flores sur la conscience. Ou vous pouvez déposer ce scalpel, accepter mes plus plates excuses et prendre cette porte.

À ses paroles, elle tend la main vers la sortie de la cellule de verre.

- Vous êtes libre, Gray. Libre de quitter ces laboratoires. Mes hommes ne vous feront aucun mal. Ils en ont l’ordre. C’est terminé. Tout ceci doit s’arrêter. Je vous rends votre liberté, mes hommes vous y guideront. Tout ce que vous avez à faire ; c’est de poser cette arme, Gray. Vous avez le choix. Vous avez toujours le choix.

_________________

Heads will roll on the floor
- Off with your head, dance 'til you're dead -
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Gray J. Wolfgang

❖ Date de naissance : 08/10/1989
❖ Barge depuis : 01/11/2015
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❖ Avatar : Brett Dalton
❖ Crédits : TF (vava) - Swanou (spoiler signa) - Alas (code signa)
❖ Multicomptes : Envy D. Carter & J. Ryder Storm - G.H. Nolan Wheeler & Gabriel A. Blackwood
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❖ Âge personnage : 25 ans
❖ Profession : Bras droit des Sans Faction, membre actif de la résistance - Ex Barman au Harvest et rat de laboratoire pour le compte de Moira Rosenbach.
❖ Faction : Divergent, Factionless - Anciennement Amity - Origines Erudites
❖ Forces & Faiblesses : Tolérance face à la douleur - Techniques de combats à mains nues - Manipule plutôt bien les lames, il les préfère aux armes à feu - Sa plus grande faiblesse réside maintenant dans le fait que le Conseil connait sa Divergence - A des cauchemars récurrents sur son enfance - Garde un oeil constant sur ses aînés et les O'Malley.
❖ Philosophie : Season two l I'm gonna shoot you down. - Season one l Count only on yourself, otherwise you'll just die, victim of treason
❖ Playlist : HELLO ▲ Adele - HURRICANE ▲ 30 Seconds to mars - MONSTER ▲ Imagine Dragons - PARALYZED ▲ NF - THE SCIENTIST ▲ Coldplay - FADED ▲ Alan Walker - TRAIN WRECK ▲ James Arthur



MessageSujet: Re: CHARLAY ▲ Ashes and dust Mar 26 Juil - 19:50



Ashes and dust

FT. MOIRA A. ROSENBACH


Les étoiles dansent, tu sais Charlize. Elles sont si brillantes, si tentantes que je me demande si ce ne serait pas ça, l’avenir. Le plus beau qui soit au monde. Elles brillent si fort que même la lumière nasillarde de la pièce ne parvient pas à faire pleurer mes yeux. J’ai mal au cœur et des vagues à l’âme, tu sais, Charlize. Crois-le ou non mais elle est belle et bien là, se tient devant moi, juste derrière la vitre. S’il n’y avait pas cette barrière, je pourrais y planter ma lame dans sa gorge et la regarder s’étrangler sur le sol. Mais la barrière, elle est là, Charlize, et je veux juste mettre fin à tout ça. Les étoiles dansent, tu sais.

Il se sent écartelé, mutilé mais étrangement en paix sur le moment. C’est presque comme s’il avait été écouté. Un sourire apparaît sur ses lèvres, dévoile ses dents rougies par le sang qui s’est agglutiné dans sa gorge et contre ses lèvres. Il ne ressemble à rien si ce n’est à une boule de douleur, un être complètement désespéré. Les armoires à glace se figent en entendant la voix de Moira résonner, pourtant, ils mettent un laps de temps considérable à s’écarter. Si bien que lorsqu’ils le font enfin, le divergent se sent basculer en avant et doit lutter pour reprendre son équilibre, la pointe du scalpel toujours enfoncée dans sa gorge d’où ruissèle doucement un court filet d’hémoglobine. Malgré l’alcool qui l’anime, il ne cesse de la dévisager d’un regard noir, toujours agenouillé sur le sol, la respiration lourde. A tous les coups on lui a pété le nez. Un grognement s’échappe de sa gorge et il plisse les yeux, non encore guéri des secondes blessures infligées par son cher paternel. Malgré tout, il fait front, et la voix de cette chère Présidente résonne alors avec clarté dans la bulle de verre. C’est trop d’honneur pour lui, vraiment. Il sent l’hypocrisie qui pue à plein nez quand les premiers mots s’échappent, mais il ne bouge pas, la regarde de ses ébènes assombries par l’obscurité et le néant qui l’animent. Il ne bouge pas. Mais c’est sans compter sur les mots suivants qui le tétanisent davantage. La mort de Charlize ? Il ne comprend pas et fronce un sourcil, perplexe et incrédule. Quel rapport avec elle ? Le sang pourrait bien couler encore, il a plus d’un tour dans sa manche, pour toutes les fois où son propre sang, ils ne l’ont fait que trop souvent couler.

Elle est immobile, Moira, parfaitement stoïque, bras croisés et les traits tirés. Serait-elle fatiguée ? Probablement pas autant que lui et ses joues creusées. Avec sérieux et calme, elle explique ses mots, explique ce qu’elle insinue par là. Plus elle parle, plus le divergent paraît fondre comme neige au soleil. Lentement, il se décompose. Les mots sont comme des pierres dans son cœur et la pointe du scalpel se retire lentement de sa gorge. Gray frémit d’horreur à ces révélations, quand bien même il voudrait hurler au mensonge, il ne le peut pas, sait pertinemment qu’il s’agit de la vérité, car sa présence il l’a senti. Sa force aussi. Et sans le savoir, il l’en lui a donné également. Interconnectés. Silencieux, il assimile, l’observe de ses ténébreuses qui se ternissent à outrance. S’il n’avait pas été aussi blanc, il aurait pâli à vue d’œil, mais au lieu de ça, son geste reste figé, et il ne cesse de l’observer. Elle termine sa tirade et ses sourcils se froncent, il est rattrapé par la colère, peut passer du rire aux larmes en un battement de cil à cause de l’alcool qui circule dans ses veines. Il est en colère.

« Comme si quelqu’un pouvait vous prouver tort, Madame la Présidente. ». Chaque syllabe est prononcée entre ses dents serrées. Pourtant c’est tout ce qu’il dit, assimilant la vérité et l’échec de son geste. Il ne peut décemment pas tuer Charlize. Cette connexion est à la fois un inconvénient et un véritable miracle. Car il a promis. Il leur a promis à tous, de survivre.

Elle reprend alors la parole, et le divergent l’écoute à nouveau. Il a au moins ce respect-là, à défaut de baisser sa garde. Les armoires à glace sont oubliées, seule Moira compte pour ses prunelles à l’Enfer aiguisé. Les mots s’enchainent et s’envolent, jusqu’à en être une nouvelle fois des plus étonnant. Ses plus plates excuses ? Libre de partir ? Gray ne comprend vraiment plus, scalpel toujours menaçant. Il ne comprend plus mais malgré tout il veut y croire. Tout à l’intérieur lui hurle au piège, à la tentative de manipulation, une nouvelle, et l’angoisse s’insinue dans ses veines à l’idée qu’il pourrait réellement quitter ces lieux pour de bon. L’ex fraternel est hésitant et du coin de l’œil il observe ce lit de fortune qui est devenu son seul repère, avant de finalement reporter son attention sur elle. Pendant plusieurs secondes, il hésite, réfléchit là où son esprit est embrumé. Il dégurgite de l’hémoglobine au goût de cuivre et grimace. Sortir, c’est tout ce qu’il veut, mais ne se pourrait-il qu’il ne s’agisse là que d’un jeu ? Vous avez toujours le choix. Ils ne cessent de l’entendre cette phrase, dès leur plus jeune âge. Ils ne cessent de l’entendre car tout est supposé répondre à ce simple et crucial choix qu’ils font à leur majorité. Gray a envie d’exploser de rire sur le moment mais ses traits n’ont jamais été aussi sérieux qu’à cet instant. Il chancelle mais réussit à se relever sur ses deux jambes. Il souffre le martyr mais il s’avance droit devant, arrive jusqu’à la paroi de verre et la vision de Moira n’est plus si trouble. Il imprime son visage dans sa mémoire malmenée. Il l’imprime et analyse chacun de ses gestes, de ses traits. Il perce à jour les saphirs de ses ébènes et essaye d’y lire un quelconque mensonge. Il n’y voit rien, elle est sérieuse. Alors seulement, après quelques minutes, il abaisse le scalpel et le laisse tomber sur le sol. Un bruit métallique strident retentit dans toute la bulle et il la fixe, ne la quitte pas des yeux, Moira, jusqu’à s’être rapproché de la fameuse porte et d’être passé devant les armoires à glace qui le scrutent avec insistance et haine.

Lentement, il pousse la porte transparente et la traverse librement pour la première fois depuis qu’il est ici. La silhouette de Moira est à quelques pas, il se rapproche alors, mais pas trop près, juste assez pour lui faire face.

« Ca ne change rien. On le sait tous les deux. ». Il la fixe, imperturbable. « Vous n’aurez de cesse de nous traquer jusqu’au dernier parce que vous ne supportez pas la différence. Ou plutôt devrais-je dire… La Divergence. Vous n’aurez de cesse de nous traquer jusqu’au dernier parce que vous avez le matériel pour et parce que c’est ancré dans votre sang d’Erudit. A croire que tout n’est qu’une question de sang finalement. ». Il s’arrête, se détourne prêt à partir mais se fige une nouvelle fois et retourne la tête vers elle. Il sait qu’il est tatoué, il sait qu’elle pourra faire en sorte de lui remettre la main dessus quand elle le voudra. Quand lui prendra l’envie. Parce que même après toutes leurs saloperies, il est encore là, debout. Et s’il n’importait pas quelque peu, elle l’aurait laissé s’ôter la vie. Qu’est-ce que la vie de deux êtres aussi insignifiants que lui et Charlize, au fond ? « Vos plates excuses, Madame la Présidente, avec tout le respect que je vous dois mais que je n’ai pas, vous pouvez vous les foutre là où je pense. Toutefois, n’y voyez pas là une menace, loin de moi l’envie de parler un jour en public de tout ce que vous avez fait, et ferez encore, ici. Je suppose que, de toute façon, nous finirons bien un jour par nous revoir. ». Se penchant en avant pour faire une adorable courbette chancelante, Gray se redresse et marche déjà grands pas vers la porte métallique, suivi de près par les hommes de mains désignés par la Présidente.

Elle n’aura de cesse de les traquer jusqu’au dernier. Il le sait.

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MessageSujet: Re: CHARLAY ▲ Ashes and dust Mar 26 Juil - 19:50

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