Un p'tit vote



Il est dit, selon la théorie du Chaos, que quelque chose aussi petit que le battement de l'aile d'un papillon peut finalement causer un typhon à mi-chemin autour du monde.


 

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 In the shadows, we fight ▲ ONE SHOT

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Gray J. Wolfgang

❖ Date de naissance : 08/10/1989
❖ Barge depuis : 01/11/2015
❖ Messages : 5105
❖ Avatar : Brett Dalton
❖ Crédits : TF (vava) - Swanou (spoiler signa) - Alas (code signa)
❖ Multicomptes : Envy D. Carter & J. Ryder Storm - G.H. Nolan Wheeler & Gabriel A. Blackwood
❖ image :
❖ Âge personnage : 25 ans
❖ Profession : Bras droit des Sans Faction, membre actif de la résistance - Ex Barman au Harvest et rat de laboratoire pour le compte de Moira Rosenbach.
❖ Faction : Divergent, Factionless - Anciennement Amity - Origines Erudites
❖ Forces & Faiblesses : Tolérance face à la douleur - Techniques de combats à mains nues - Manipule plutôt bien les lames, il les préfère aux armes à feu - Sa plus grande faiblesse réside maintenant dans le fait que le Conseil connait sa Divergence - A des cauchemars récurrents sur son enfance - Garde un oeil constant sur ses aînés et les O'Malley.
❖ Philosophie : Season two l I'm gonna shoot you down. - Season one l Count only on yourself, otherwise you'll just die, victim of treason
❖ Playlist : HELLO ▲ Adele - HURRICANE ▲ 30 Seconds to mars - MONSTER ▲ Imagine Dragons - PARALYZED ▲ NF - THE SCIENTIST ▲ Coldplay - FADED ▲ Alan Walker - TRAIN WRECK ▲ James Arthur



MessageSujet: In the shadows, we fight ▲ ONE SHOT Mer 18 Mai - 21:53



In the Shadows, we stand

GRAY J. WOLFGANG







Juste avant : Dead Inside.
Part one.

Safe and sound.
I’ll just be safe and sound.
I have no choice about it. I have to.
I’ll have to.
Safe and sound.
I just wanna be safe and sound
.

« L’on dit que c’est très dur de manger à nouveau après avoir jeûné autant de temps. … Tu penses sincèrement que me tourner le dos va faire changer les choses ? Voyons, Graham, j’avais encore la décence de te penser plus intelligent jusque-là. »

Mort de l’intérieur.
Je suis mort de l’intérieur.
Où est l’ode à la Vie quand je ne fais que l’ode à la Mort
.

« Fascinant, n’est-ce pas ? La mémoire sensorielle. …Fascinant comme cette peau que je reconnaitrais entre milles tressaille avant même que je l’effleure. Vraiment fascinant. ».

Mort de l’intérieur.
Je suis mort de l’intérieur.
Où est l’ode à la Vie quand je ne fais que l’ode à la Mort.
Être de l’au-delà, dis-moi, pourquoi vouloir lui souhaiter autre chose que le trépas ?


« Je suis ton cauchemar à jamais, Gray. »

***

Les mots résonnent encore lorsque ses ébènes redécouvrent la lumière nasillarde des néons artificiels. Des semaines qu’il n’a pas vu le soleil ou senti la brise fraîche le fouetter au visage. Il a oublié. Certaines choses, pas toutes. Il y a des choses que l’on ne peut oublier et qui restent gravées, quoi que l’on fasse. Quoi que l’on puisse espérer. Entravé, il s’est encore réveillé tandis qu’une migraine carabiné en son esprit est venue se loger. Il le sent au plus profond de ses entrailles, Il est là. La pièce est juste assez grande pour sa chaise de simulation, un chariot et une autre personne sagement positionnée debout, attendant que ledit patient ne sorte de son sommeil. Voulait-il seulement en sortir ? Ca non. Clairement pas. Pas alors que ses prunelles se posent sur celui qu’il hait d’une force viscérale. Pas lorsqu’il l’inspecte de haut en bas, figé dans son siège, déshabillé de son haut de fortune. De fortune, comme tout le reste qui lui appartient ici. Il ne s’appartient même plus lui-même, il est capable de le dire maintenant.

« Ils l’ont touché. »

La voix résonne comme venue d’outre-tombe, faisant tressaillir jusqu’à la plus petite cellule de son corps malmené. Ce timbre aussi doux et froid que l’acier, aussi puissant et faux que le venin d’un serpent. P’ n’est pas là par hasard, preuve en était de son coup parfaitement joué. Joe a sans doute raison sur un point, à force d’être épargné, Gray en a gagné en naïveté, du moins face à eux, les surdoués de l’art de la manipulation. Tout droit enseignée par P’. Être méprisable. Vil serpent. En silence ses sourcils se froncent et se haussent tandis qu’il ne comprend pas l’allusion de son géniteur. Il ne comprend pas ce qu’il veut dire.

« Ton dos. »

Les chiens ne font pas des chats, et P’ le sait. P’ est capable de lire sur les traits de son fils, à l’époque c’était plus compliqué, mais ici en ces lieux ? Il avait tout fait pour détruire le peu de mensonge insufflé en lui. Joe n’avait été que du pain béni. Le divergent le toise, ce père qui n’en a jamais été un. Il le toise avec hargne et médisance, prêt à le découper et le réduire en cendre, mais il ne peut pas bouger. Encore. Toujours. Lui qui a juré de ne plus lutter se retrouve à présent face à ses plus sombres et noires pensées. Il le hait, c’est un fait avéré.

« Mon dos t’emmerde, Père ». Il a encore assez de hargne pour la joute verbale, à défaut de posséder la joute physique. Il a trop joué avec le feu. Devant lui la silhouette fanée de son paternel se redresse et un sourire nait sur ses lèvres. « Cette colère ne restera pas bien longtemps, crois-moi Fils, elle finira par se dissiper, tu verras, alors profites-en encore un peu. Mais pour l’heure, il paraîtrait qu’ils ont réussi un exploit ici-bas. Le genre d’exploit dont tu m’as arraché le droit dès l’instant où tu as laissé ton hémoglobine couler dans cette maudite vasque de terre glaise. ». Ce sourire qui arbore ses traits, Gray le lui emprunte un instant, s’emparant de cette mine finement satisfaite. Comme on disait, des chiens ne font pas des chats. « Tu n’arrives pas à le digérer hein ? L’échec. Si tu savais pourtant la joie que m’a prodigué l’expression de ton visage lorsque cette goutte a coulé dans cette fameuse vasque. J’y ai aperçu l’obscurité et la surprise. Le choc de la vérité. Ce que tu croyais être entre tes mains ne l’était finalement pas. Plus. Le fait de me trouver ici, avec toi, n’est qu’une erreur de parcours. Je ne referai pas la même erreur deux fois, et tu le sais. Tu ne la feras pas non plus, cette erreur. Je me suis échappé une fois, je le referai une seconde fois. Jusqu’au jour où je déciderai du contraire. Jusqu’au jour où je frapperai, lorsque tu t’y attendras le moins. Tu sais parfaitement de quoi je suis capable. Tout simplement parce que j’ai eu le meilleur des professeurs pour ça. Parce que quoi que je puisse faire pour le nier ou le désavouer, nous partageons ce même sang. Celui-là même qui a coulé dans cette vasque que tu détestes tant. Celui-là même qui t’as fait défaut. L’élément perturbateur. Le briseur de rêve. ». P’ ne sait plus très bien s’il doit sourire ou garder cette mine contrariée qu’il arbore depuis plusieurs secondes, chaque fois qu’un mot ne lui plait pas. Finalement, il opte pour un fin sourire narquois, se penchant en avant pour mieux toiser son rejeton droit dans les yeux. « Tu ne penses pas si bien dire lorsque tu parles de sang. Peut-être devrais-je remédier à cette erreur tout de suite, mais tu me connais sans doute trop bien : ce serait trop facile. Gagner du temps n’annulera pas l’échéance Graham, et tu le sais aussi bien que moi. Ces palabres n’ont que ce seul et unique but. Qu’est-ce qu’un divergent dans ton genre pourrait bien faire ici contre un membre du conseil hautement placé ? ». Gray se permet un léger rire. « Haut placé mais pas au sommet de la chaine alimentaire. Ce que tu n’atteindras jamais. ». Le coup part alors sans crier gare et sans prévenir, venant rencontrer l’os de sa mâchoire, l’obligeant à détourner temporairement le regard et lécher le coin de sa lèvre inférieure gauche. Les ébènes retrouvent leurs semblables et instantanément les sourcils se froncent, révélant tout juste ses dents blanches dans un très léger sourire. « La vérité fait mal ? ». Le second part et c’est de l’autre côté qu’il tourne la tête sous la violence. P’ s’énerve et s’impatiente, but recherché. But atteint. L’érudit se redresse alors une nouvelle fois pour venir plaquer ses cheveux gris en arrière. « Comme je le disais, ils ont réussi un exploit en ces lieux. Je suis là pour réitérer cet exploit, et je ne quitterai pas la pièce sans avoir eu satisfaction. ». Le divergent ne perd pas la face, pas devant lui, mais intérieurement l’angoisse se met à grimper en flèche lorsqu’il voit le chariot être rapproché de lui. « J’arriverai à te faire hurler. Cette fois. ». La mâchoire de Gray se crispe et il ne le lâche pas du regard, pas une seule seconde, et il comprend alors ce qui se trouve dans cette fameuse seringue qu’il attrape entre ses doigts, un sourire divinement satisfait aux lèvres. Echec.
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MessageSujet: Re: In the shadows, we fight ▲ ONE SHOT Mer 25 Mai - 21:21



In the Shadows, we stand

GRAY J. WOLFGANG







Part two.

Elle s’enfonce. Pénètre la chaire. Il s’en échappe, lui, le venin empoisonné de la souffrance qu’il menace de lui infliger avec cette délectation qui n’appartient qu’à lui. Le sourire satisfait ne quitte plus ces lèvres malsaines qui dans leur sillage inspectent chacune des réactions. Malsaine manipulation, tentation du malin qui ne fait que préparer un peu plus le terrain pour demain.

Safe and sound.
I’ll just be safe and sound.
I have no choice about it. I have to.
I’ll have to.
Safe and sound.
I just wanna be safe and sound


A l’image de l’endroit, la pièce n’arbore aucune fenêtre. Tout n’est qu’artificiel, et en son sein il ne le sait que trop bien, Il ne s’arrêtera pas avant d’avoir obtenu ce qu’il est venu chercher. De ses ébènes le divergent le scrute, impassible, des yeux il ne le quitte, comme pour enterrer au loin ses démons, sinistres spectateurs de sa future damnation. Il ignore les raisons qui poussent P’ à mener la croisade qu’en ces lieux il espère trouver. Il ignore que le but de tout ceci ne réside pas en ce jour qu’ils sont aujourd’hui. Il ignore mais jamais n’implore. Ce n’est pas dans son sang, ce n’est pas dans son rang. Alors le silence lentement l’emprisonne, dans cet étau où au fond de lui il le sent, ce monstre qui d’ores et déjà résonne. La faiblesse est Homme mais jamais Wolfgang Senior ne le tolère, quand bien même il arbore toujours ce sourire des plus amers. En son for intérieur Gray le sait, P’ ne fait que jubiler et profaner le faux pour mieux dénicher le vrai. L’affronter n’est pas un problème, mais son rythme cardiaque faisant une embardée ne ment pas : il ne peut réprimer ce qu’Il a gravé dans sa chaire et sa mémoire. Inlassablement il se souviendra, à jamais cette image perdurera. Et parce que P’ n’a jamais obtenu ce qu’il souhaitait, aujourd’hui il fera tout ce qui est en son pouvoir pour mieux le plonger définitivement dans le noir. Le liquide circule dans ses veines et les roues du chariot grincent à mesure qu’Il le rapproche de la chaire de sa chaire. Son propre sang. Il veut le voir couler, pour mieux mesurer, pour mieux apprivoiser. Si seulement c’était là uniquement, le but maximal de son tortueux plan.

« Tu es bien silencieux, à présent. »

De ses prunelles obscures jamais Gray ne le quitte, même lorsque les doigts vieillis de son paternel viennent attraper religieusement une lame qu’il n’a pas vu depuis sa plus tendre enfance. En silence, il l’observe, et en silence il se demande. Comment a-t-il bien pu rentrer ici avec ? D’où lui vient cette aide qu’il semble si hideusement obtenir lors de ses rares visites en ces couloirs de gris ? La dernière fois qu’ils se sont vus, il avait voulu marquer ce jour au fer rouge, étranglé dans un moment de faiblesse, quand il ne commençait qu’à se remettre des balles qui avaient traversé son derme. Il ne reste de cet échange physique que le résidu de ces cicatrices qu’il arborera toute sa vie, nouveau symbole qui ne sera pas le dernier. Son dos, mutilé, il l’est encore, sur le chemin de la guérison ou de la damnation. On l’a touché, et P’ le sait. Comment Charlize aurait-elle pu le deviner, que son geste ne ferait que renforcer la haine acérée de son paternel ?

Poignets entravés, ce ne sont que ses doigts qu’il est en mesure de bouger, alors en silence il gratte l’accoudoir de son siège de simulation, lime ses ongles qu’il n’a déjà presque plus et scrute son père d’un air mauvais. Il ne va pas aimer ce qui va suivre mais il le met au défi de réussir son pari. Car Gray nullement ne veut lui donner satisfaction. Graham n’est plus là, Graham est parti il ne le trouvera pas ici. Redevenu sérieux, le père Wolfgang s’agite avec calme, attrape un tabouret à roulette qui se trouvait là et le fait rouler dans un grincement strident jusqu’aux abords de la silhouette plus aussi massive de son fils. Tel un chirurgien avide d’opération, il analyse la lame avant de soigneusement l’aiguiser. Elle frotte la pierre avec sauvagerie et précision, et les ébènes ne se séparent toujours pas des siennes. Il teste ses limites psychologiques, une chance pour lui que sa force soit retrouvée grâce aux rôles que Charlize avait su inversés. La haine et le dédain qu’il lui porte sont tous deux des atouts qu’il conservera jusqu’au bout. Tic, tac, tic, tac. L’heure avance et les minutes se gangrènent, la lame grince toujours sur cette pierre infernale et toujours en silence Gray, un peu plus, dans son esprit s’éloigne. Il s’habitue au son pendant que P’ analyse, cet avant-bras offert sur un plateau duquel trône fièrement une énième cicatrice, symbole de marque laissé par l’auteur de celle qu’il arborait à présent sur sa nuque. La lame, elle, glisse et grince encore, laissent le temps au venin de venir s’insinuer dans ses veines un peu plus profondément. De les marquer, de les ronger. De l’annihiler. Et l’ancien fraternel continue de s’y habituer, à ce son, ce geste automatique que P’ inflige à répétition. Il ne suffit hélas que d’un coup, pour que tout ce monde se mette à vriller.

Malsaine manipulation mène tout droit à la déraison.

Le liquide carmin rampe et dégouline de son piédestal, roule et glisse comme un vulgaire animal. De toute sa lourdeur pleine de légèreté à ses pieds il vient s’écraser. Le corps s’est crispé, en a même sursauté, tout droit au mont Olympe de la douleur, a été propulsé.

« Ce n’est pas passé loin. Dommage. »

Prenant appui sur la lame enfoncée, P’ se redresse et vient tirer le chariot jusqu’à son tabouret avant de se rasseoir. D’un air parfaitement charmant et sifflotant, il y laisse soigneusement la lame sagement plantée dans cet avant-bras analysé. Dans la chaire elle ne bouge et dans un silence qui le ronge Gray se fait violence pour ne pas émettre un seul son, là où son cœur bat déjà à tout rompre au beau milieu de sa poitrine qui se soulève dû à sa respiration saccadée. La douleur n’est que dans la tête, elle n’est que dans la tête.

« Aurais-tu donc tout oublié ? ». Il se rapproche à nouveau, et entre ses doigts glisse une nouvelle seringue qu’il ne désire mentionner. « Toujours silencieux ? Bon… Et si on commençait à compter ? ».

Gray a tourné la tête pour observer droit devant lui la porte métallique qu’il rêve d’ouvrir. Il maudit cette invention qui est capable de mener son esprit jusqu’à la damnation. La douleur est vivace et ne disparait. Il l’a déjà connu, il l’a déjà vécu. P’ n’a fait là qu’imiter la hargne de cet audacieux d’Ezra. « Non. ». Alors le paternel lui offre un fin sourire, seringue toujours coincée entre ses doigts abîmés par la vieillesse. « Plaît-il ? Je n’ai pas bien entendu. ». Gray laisse échapper un léger grognement, cherchant une position plus confortable, en vain. « Tu… As très bien entendu, Connard. ». Il le maudit à vie. Il le hait à jamais. Il ne fait que le détester un peu plus. Et la colère se mêle à la souffrance dans ses veines, là où ses yeux commencent à s’injecter de sang à mesure qu’il lutte pour ne rien exprimer. Première fois qu’il l’insulte, cet être qu’il aurait pu appeler père s’il n’était pas aussi assoiffé de violence. D’ailleurs, il en a l’air contrarié, presque blessé. Un parfait jeu d’acteur. « Tout ce que je fais, je le fais pour toi Graham. Pour ta sœur, et pour ton frère. Je vous ai forgé pour mieux lutter contre l’adversité et les malheurs de notre existence. Ce monde est aussi beau qu’il n’est ignoble. Vous n’en avez aperçu qu’une simple parcelle. Ce que j’ai fait, et ce que je fais encore ici, n’est fait que pour votre salut. Tu devrais le savoir mieux que personne, toi qui as connu le pseudo goût du libre arbitre et de la débrouillardise. Qu’est-ce que ça fait, Graham, de crever de faim ? J’espère que tu le sais déjà car c’est ce qui t’attend si un jour tu sors d’ici. Si tu sors. ». De la douleur il ne s’en défait pas, nullement son esprit n’arrive à résister, ce qui ne fait qu’accentuer cette effroyable colère qu’il rumine depuis de trop nombreuses années. « Je. Ne. Suis. Pas. Graham ! ». P’ lui offre un nouveau sourire. « Non, c’est évident. Mais tu pourrais le devenir à nouveau. Il est temps que tu réapprennes certaines choses. ». Sans crier gare, il retire la lame d’un coup sec et Gray se fige une nouvelle fois. Entre temps, Wolfgang Senior en a profité pour sournoisement, et sans le moindre ménagement, enfoncé la seconde seringue dans la peau tendre du cou de son fils.

Illusion. Peur. Douleur. C’est ce qu’il recherche.

***

Sérum de douleur. Sérum de peur.

A peine le liquide s’était enfoncé dans ses veines et était venu parcourir son corps que son rythme cardiaque faisait une nouvelle embardée. Gray respire à grandes bouffées, de ce siège, tente de s’extirper mais il n’y parvient pas. Instinctivement, ses pupilles se sont dilatées et la silhouette de P’ n’en devient que plus imposante alors qu’il se rapproche à nouveau, lame ensanglantée en main. « Tu vas compter, que tu le veuilles ou non. Rappelle-toi, la douleur est secondaire… ». La lame glisse et s’enfonce au creux de son épaule. « Maitrise la douleur et tu maitriseras le monde. Compte. Un. ». Mais le divergent ne veut pas compter, non, il signe à la négative, cloué à son siège, doigts serrant les accoudoirs. Douleur. Peur. Il ne peut plus le regarder, lentement bousculé par les fantômes de son passé. « COMPTE Graham ! ». Il sursaute et la lame s’enfonce un peu plus encore, le faisant grincer des dents. Sa mâchoire, il la crispe pour mieux refuser de la lui donner, sa satisfaction. Tic, tac, tic, tac. Les minutes s’enchainent. Traitresses.

Non, non, non. Je ne veux pas compter. Laissez-moi donc en paix. Laissez-moi voguer dans les allées ensoleillées de ce jour d’été. Laissez-moi m’envoler pour mieux le terrasser. Epargnez-moi de cette folie qui va avoir raison de ma détermination. Epargnez-moi les méandres des ténèbres qu’il essaye d’abattre sur mon obstination. Par pitié, je vous implore, dans mon esprit ne le laissez pas y mettre un pied.

P’ réitère la manœuvre plusieurs fois, et l’hémoglobine s’échappe, silencieuse. Mélangée à la sueur, sur ce corps elle dégouline, s’insinue en chaque cicatrice. Son monde vire au rouge et il ne peut venir se boucher les oreilles pour ne plus rien entendre. P’ insiste, P’ jubile, entre les griffes de ses propres fantômes un peu plus il l’y enferme. A chaque nouvelle seconde, Gray tremble un peu plus et se bloque. Aucun son ne doit s’échapper d’entre ses lèvres, il se l’est promis, il se l’est juré. Mais Gray est mortifié, obstination envolée, et son monde dans les ténèbres y est définitivement poussé, lorsque le troisième sérum est utilisé. Le Sérum spécial de simulation. Celui avec lequel tout votre monde bascule. Il n’en faut pas plus à l’ancien fraternel pour se retrouver entre ces fameux couloirs blancs. Dans cette pièce où règne statues d’or et richesses exhibées. Le silence retombe et redevient pesant, quand lui n’est plus alors qu’un enfant. L’obscurité l’entoure, seuls les détails sont d’or. La porte derrière lui est encore close, mais quand il reconnait tout, autour de lui, alors il se décompose. Un enfant, il est redevenu un enfant. Cet enfant. Le plus jeune des trois. Graham.

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❖ Âge personnage : 25 ans
❖ Profession : Bras droit des Sans Faction, membre actif de la résistance - Ex Barman au Harvest et rat de laboratoire pour le compte de Moira Rosenbach.
❖ Faction : Divergent, Factionless - Anciennement Amity - Origines Erudites
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MessageSujet: Re: In the shadows, we fight ▲ ONE SHOT Jeu 26 Mai - 19:51



In the Shadows, we stand

GRAY J. WOLFGANG







Part three.

Prendre la fuite. Esquiver pour mieux régner. L’angoisse l’étrangle, l’étouffe à mesure que sa détermination trépasse. La pièce est plongée dans l’obscurité avec pour seul halo de lumière ces effroyables ornements d’or et de pierres. Cette pièce, il la connait mieux que personne, et il trébuche, tombe par terre avant de reculer un peu plus jusqu’à heurter le fameux mur blanc qu’il ne faudrait surtout pas abîmer. Un enfant, il n’est plus qu’un enfant. Le plus jeune des trois. Graham. Il a reculé si fort que dans son heurt est retombé la lame rougeoyante et glacée. Figé et tétanisé, cette douleur il ne parvient plus que partiellement à la contrôler. Graham est apeuré, terrorisé mais la silhouette massive s’avance depuis l’ombre de la porte close, il n’a plus que quelques pas à faire. L’érudit veut reculer mais il n’est plus qu’inlassablement coincé. Dans sa tête il murmure, tous ses « non » et ses blessures d’usures. Muette supplique à cette silhouette tout droit sortie des abysses de ce monde en souffrance. Et il s’avance, ce fantôme, encore et toujours, alors l’enfant ferme les yeux, se recroqueville et intérieurement s’immole quand la main puissante lui attrape le bras. Il sursaute mais refuse d’ouvrir les yeux.

« Regardes-moi, Graham. ». Mais il ne veut pas. « Ouvre-les yeux, Graham. Allez. ». Ce n’est pas cette voix sortie d’outre-tombe et pourtant si familière. Non. Avec méfiance, l’enfant accepte d’ouvrir ses ébènes sur la silhouette qui s’est accroupie face à lui. L’homme a les traits tirés, fatigués et irrémédiablement pâle. Du sang orne son torse mis à nu et son avant-bras ne cesse d’être sanguinolent, ultime contraste avec la couleur pâlichonne de sa peau ternie par les ennuis. « Tu ne dois pas le laisser gagner. Ici il n’est qu’un vulgaire fantôme sans consistance. Tu ne dois pas le laisser gagner Graham. Bats-toi. Refuse. Rebelle-toi contre les assauts de son ignominie. Rebelle-toi contre les élans de sa fureur et de son obsession. Bats-toi, refuse la soumission et la perdition. Tu ne dois pas le laisser gagner. ». L’enfant le sait, il le connait. C’est Gray. Sèches sont les larmes qui roulent sur ses joues à présent. Amer est le vent glacial qui s’abat sur la pièce aux dorures et murs immaculés. « Tu ne dois pas le… ». La silhouette implose et P’ apparait alors en même temps qu’une douleur des plus insupportables, sans que rien ne l’annonce. L’enfant se met à hurler à pleins poumons, mais ce n’est plus Graham, c’est bel et bien Gray, et il rouvre les yeux en un sursaut sur ce siège de simulation qu’il ne connait que trop bien. « … le laisser gagner ! » qu’il souffle dans ce même élan en sentant son propre sang dégouliner un peu plus sur le sol humide de la pièce. Essoufflé.

Son cœur bat la chamade. A tout rompre. La peur est là mais il la bat comme il peut. Il l’a déjà fait lors de l’Equilibrium, quand bien même il eut déjà été démasqué à ce moment-là de la simulation. Le poison qui circule dans ses veines et se mêle au reste est probablement le pire de tout. L’obscurité semble envahir la pièce à répétition et il vogue entre illusion et réalité. P’ est tantôt flou, tantôt représenté par un monstre aux dents acérées qui le terrifie. Gray navigue en plein délire mais Charlize a su lui donner la force une fois, il peut réitérer tout seul. Il le sait. Il lutte et se bat. A chaque seconde.

« COMPTE GRAHAM ! ». La lame continue sa chute mais le coup de poing part droit sur sa pommette, la fragilisant un peu plus. Son monde vacille et il redresse la tête violemment, à tel point que cette dernière s’écrase contre le dossier de son maudit siège. Il cherche le plafond mais tout s’envole, tout disparait et tout renait. « Un. ». Mais il fronce à nouveau les sourcils, plisse le nez et serre les dents. La sueur se mélange à la couleur carmine et un peu plus dégouline. Il ne doit pas lui donner satisfaction. Le second coup part et le divergent se crispe en un tressaillement. « Tu n’as pas oublié. Rappelle-toi. ». Gray lutte de l’intérieur et se cambre autant qu’il cherche à s’enfuir. Sur ses liens il tire, cette douleur décuplée il n’en peut plus, indéfiniment il ne peut lutter.  « Rappelle-toi. ». P’ est si près qu’il jurerait sentir son haleine fétide jusqu’aux tréfonds de ses propres trippes. Le jeune homme se met à grogner. « …Deux. ». Se déconnecter. Il doit se déconnecter de tout ça. « La douleur est secondaire. Tout est secondaire, seuls comptent les actes Graham. ». Une nouvelle fois il serre les dents, combat de chaque instant, chaque seconde. « Tais-toi ! …Trois. ». Laissez-moi voguer dans les allées ensoleillées de ce jour d’été. Quatre. Cinq. « Rappelle-toi. ». Six. Sept. « La ferme ! ». Mort de l’intérieur. Je suis mort de l’intérieur.. Huit. Neuf. P’ continue, jamais il ne se tait et la lame qui s’abat sur son corps et le griffe y mêle la plus insupportable des douleurs. Dix. Onze.

« TAIS-TOI ! ».

Gray hurle ces mots à pleins poumons, laissant apparaître les veines sur son cou. Mais il compte, encore. Vulgaire réflexe qu’il récupère à cause de ce poison qui circule dans chaque parcelle. Il continue comme ça, cet indescriptible combat, insulte et compte, lentement il remonte. Jusqu’à cent il enchaine, bon gré malgré ses chaînes.

« La douleur n’est que secondaire. Maitrise-là et tu maitriseras le monde, Graham. Compte. Seuls comptent les actes. Tu m’as désobéi une fois. Rappelle-toi. Que feras-tu contre ça cette fois ? ».

Quatre-vingt-dix-neuf.

Le divergent nullement ne s’agite. Le temps d’un instant tout se fige. Sa pommette crache de l’hémoglobine et la pâleur de son corps s’intensifie. De ses ébènes il la scrute, cette âme noire qui dans le poison de ses veines tantôt devient floue tantôt devient monstre de haine. Le temps d’un instant Gray serre encore les dents, quand vient finalement le chiffre cent.

Alors il hurle à n’en plus pouvoir, toute cette douleur enfermée dans les tréfonds de son humanité. Il hurle à la mort, il hurle à la peur et à l’illusion. La douleur et l’horreur de sa propre damnation. Laissez-moi m’envoler pour mieux le terrasser. Mort de l’intérieur. Je suis mort de l’intérieur. Où est l’ode à la Vie quand je ne fais que l’ode à la Mort. Être de l’au-delà, dis-moi, ne viens-je donc pas de perdre le combat… Plus que tout il hurle, face à ce sourire satisfait il hurle, tire sur ces liens qui le malmènent. Mais la douleur est là et ne partira pas. Son monde tremble, son monde vacille. La silhouette massive ne devient alors plus que fumée quand dans cette salle de bain aux ornements dorés son corps d’enfant vient finalement s’échouer.

Safe and sound.
I’ll just be safe and sound.
I have no choice about it. I have to.
I’ll have to.
Safe and sound.
I just wanna be safe and sound
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In the shadows, we fight ▲ ONE SHOT

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