Un p'tit vote



Il est dit, selon la théorie du Chaos, que quelque chose aussi petit que le battement de l'aile d'un papillon peut finalement causer un typhon à mi-chemin autour du monde.


 

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 Don't Forget About Me || Solo

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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Don't Forget About Me || Solo Mer 4 Mai - 12:50


Without you there's holes in my soul
❝Hey, Hey, let the water in || RP One Shot❞




Si je tombe, me rattraperas-tu seulement? Si mon corps trop épuisé par nos mornes épopées se met brusquement à s'écrouler, le laisseras-tu misérablement sombrer en les eaux troubles de mon passé, là où mes craintes se sont inéluctablement liées à toutes ces ombres qui depuis ma naissance ne font que m'encercler? Sans toi à mes côtés, je me rends compte que je suis incapable d'avancer, faible et diminuée, j'observe d'en haut ma carcasse silencieusement échouer un peu plus loin en ces profondeurs qui à chaque mètre ne font que me bercer. Mon esprit n'est plus et au bord de l'eau s'égarent mes plus délirantes pensées tandis qu'en les abysses je continue à lentement m'enfoncer. Ni douleur ni peine ne vient ici me troubler car c'est toute mon âme qui en cet ultime instant se veut anesthésiée, je me laisse alors doucement porter, me demandant jusqu'où ma déchéance pourra bien me porter. Et je l'attends, cette chute qui viendrait une fois pour toute me briser et balayer celle qu'aujourd'hui encore, je suis bien incapable de contempler en ce reflet qui ne fait que m'insupporter. Je me hais comme je t'aime, car en cette distance qui ne fait que nous tourmenter, aucun de mes vœux ne parviennent à exorciser le spectre de ton absence qui chaque jour ne fait que me dévaster. Lâche, je ne fais que mentir à mesure que je laisse tout mon être dépérir dans l'unique espoir de ne pas voir cette lueur que tu fais naître en mon cœur mourir et entre mes doigts subitement s'évanouir. Où es-tu donc passé, toi qui hante mon présent, marche sur les ruines de mon passé et se moque de cet avenir que ton portrait se dessinant à l'infini en mon esprit ne fait que voiler ? Et il y a ce vide, oui ce vide qui est tout et à la fois rien, maître d'un temps assassin qui nous piège en son palais au mille et un larcins. En mon âme il s'est installé, enfanté par le spectre de ta présence, les larmes de ton absence et, bien malheureux il est de comprendre que par personne d'autre celui-ci ne pourra jamais être comblé. J'ai pourtant essayé de te remplacer et auprès d'autres t'oublier, de m'illusionner en suppliant le jour de t'effacer des tréfonds de ma mémoire saccagée, implorant la nuit de ne plus penser à cet autre que l'on me force à abandonner. Mais plus ils s'obstinent à nous séparer et plus je m'aperçois que je ne peux tout simplement pas renoncer à tout ce qu'à mes yeux tu peux représenter. Je m'enfonce alors encore un peu plus loin en ces profondeurs qui ne font que se disputer cette carcasse lourde et inerte que tes mains ont un jour tenter d'unifier mais que notre séparation a de nouveau disloquée.

Si je tombe, me rattraperas-tu seulement, moi l'imbécile qui au nom des apparences a dû te renier? Si mon corps trop épuisé par mes asservissantes épopées se met brusquement à s'écrouler, le laisseras-tu misérablement sombrer en les eaux troubles de notre passé, là où nos craintes se sont inéluctablement liées à toutes ces ombres qui depuis notre naissance ne font que nous encercler? Car tu le sais, il n'y a que dans l'ombre que je peux être ta lumière. Il n'y a qu'au travers du souffre et en plein cœur de l'enfer que nous pouvons faire la paire. Il n'y a que dans les ténèbres que nous nous retrouvons et que le ciel nous laisse nous remettre de tous ces crimes que l'on se plaît à commettre. Et même si nos deux univers entraient subitement en collision, de notre union ne jaillirait que l'immonde souillant à jamais tout ce qu'ici est splendeur et compassion. Nos âmes vagabondes détiennent cette rage qui sournoisement à l'intérieur de nous gronde, perdus en les rives de cet autre monde, c'est ici que je t'ai mené pour qu'enfin tu puisses ressentir l'étendue de cette haine qui en mes veines abonde lorsque ton amour me noie en ces affres que ton âme cupide inonde. Egoïste, égoïste ! Ne vois-tu pas que c'est à cause de toi que j'en suis là? Hypocrite, hypocrite ! Ne vois-tu pas que c'est notre amour qui nous fait tour à tour espérer puis mourir? Je suffoque au milieu de tous ces mensonges et me perds en ce qui ne semble être à présent que l'ébauche d'un songe. Et j'observe la voûte céleste, te recherchant des yeux toi qui es mon autre, mon étoile contraire. Et je prie les dieux de te préserver, toi qui es mon ciel, mon sublime enfer. Et dans cet infini je t'espère, toi qui es mon inaltérable reflet, mon redoutable frère. De toi je ne peux me défaire et de ton emprise ne veux me soustraire. Alors montre moi la voie, dis-moi ce qu'ils ont bien pu faire de toi. Je te cherche mais ne te vois toujours pas. Oh je t'en prie, réponds-moi et aide-moi. Je te suivrais jusqu'à la plus sombre de leur tanière, briserais tous ceux qui t'ont enchaîné à cette errance solitaire. En mon sein ton âme retournera à son divin sanctuaire et entre mes mains guérira ton cœur rongé par l'innommable peur qui te lacère. Laisse-moi être ta lumière au travers de ces ténèbres qui t'enserrent. Peu importe les mondes en lesquels déjà tu te perds, je te retrouverais toujours en ces sinistres terres, devenant contre la volonté du père ton plus éblouissant repère. Réveille-toi, entends ma voix et pas à pas reviens-moi.

Et je devrais t'abandonner, pour tout ce mal que l'on s'est infligé. À nous je devrais renoncer, mais l'éclat de ta voix en mon esprit n'a de cesse de résonner. Tout en cette ville ne fait que me ramener à toi, l'unique auquel je veux échapper mais rien, pas même ma propre volonté ne m'aide à terminer ce que cette nuit tu as pourtant si bien commencé. Et tu aurais dû m'achever, laisser tes mains autour de mon cou s'enrouler sans jamais me relâcher. Enfin nous aurions eu cette paix que ni les hommes ni les dieux ne peuvent nous octroyer. Au lieu de ça me voilà misérable et condamnée, implorant celui qui n'a jamais su m'aimer d'au travers l'obscurité daigner me regarder, sentant étrangement ta présence à mes côtés lorsque tout ici me dit que je suis tout simplement folle à lier. Perdue en cette étrange contrée où se confond mes chimères à cette vie sans rêve aussi sordide qu'un cauchemar que rien ne peut arrêter et que l'on nomme réalité, je vois ta silhouette au loin se profiler. Dissidentes volutes de fumée qui devant mes yeux dansent et se condensent, tu prends subitement forme et de cette ombre difforme devient ce mirage auquel bien volontiers je m'abandonne. Cruelle, sur l'autel de la haine j'ai pourtant juré de te sacrifier. Pour me préserver j'ai été jusqu'à immoler les restes de ce cœur que tu m'avais confié. Du mien je t'ai laissé trop approcher et sans crier gare voilà que tu t'en es aisément emparé. L'as-tu seulement un jour dérobé ? Vois comme à présent je suis bien incapable de te détester quand il y a quelques mois à peine je ne faisais que te repousser. De nos vœux informulées à nos prières secrètement murmurées, tu sais que depuis toujours il t'appartient et qu'il m'est inutile de le nier. Et je voudrais les récupérer, toutes ces années passées à s'affronter au nom de celui qui nous a divisé. Et je voudrais les effacer, toutes ces blessures qu'il nous a asséné au nom d'un amour que sa folie a dénaturé. Et je voudrais les oublier, toutes ces horreurs qu'il nous a fait endurer au nom de son utopie souillée par ses trop nombreux péchés. Nous n'étions que des enfants et personne n'a été là pour nous protéger de ce monstre que le monde n'a fait que glorifier. Sais-tu seulement la colère qui emplit mes veines et fait rugir en mon âme la rutilante aversion qui danse sur les souvenirs amers de celui qu'aujourd'hui encore tu nommes père. Je le hais pour tout ce qu'il t'a fait, le maudis pour tout ce qu'entre nous il a défait. Alors je prie, oui je prie pour que jamais il ne connaisse la paix car c'est à cause de lui que nos vies ne sont que souffre et obscures regrets. Tu es toujours là, posté bien droit devant-moi. Tu entends, mais ne m'écoutes pas. Tu me dévisages mais ne me vois pas. Oh Salem pourquoi me fais-tu ça? Ici gît la vérité, entre les cadavres de tous ceux que l'on a massacré et ces deux tombes en lesquels l'on pourra enfin un jour se reposer. Il n'y a rien que j'ai inventé, rien que mes mots n'aient altéré alors pourquoi continues-tu donc à m'accuser?

- Réponds-moi !!

Que je hurle, trop crédule pour comprendre que tu n'es qu'une autre de ces illusions qui une nouvelle fois me manipule. Et violemment passe au travers toi ce verre de tequila qui étranglé entre mes doigts finit par soudainement s'abattre contre le mur en un sourd fracas. Minable que tu es et resteras. Pauvre fou pitoyable qui s'accroche à tout ce qui en cette vie nous délabre. Vois ce qui reste de moi. Je ne suis que ces ténèbres que ton désespoir abreuve et nourrit à mesure que ta lumière au loin croît. Je le sais, je le sens, quelque chose a changé en toi et s'est brisé en moi. Tu trouves ton équilibre en mon déséquilibre et t'imprègne de cette lueur qui depuis toujours fait mon malheur. Je suis le phare qui te guide en cette mer obscure là où tu n'as même pas conscience de tout ce que notre lien augure. Tu es différent de celui que j'ai connu. En ton esprit je comprends que je ne suis déjà plus, ils ont fait de moi ce vulgaire fantôme arborant les traits d'une inconnue. Les images peu à peu s'étiolent et seul le vide subsiste alors que je ne nous reconnais déjà plus. Le temps doucement s'arrête et à genoux je m'effondre. Le monde tangue tandis qu'en mon âme nos deux volontés une nouvelle fois s'affrontent. Tu n'es pas là, tu n'as pas le droit. Va-t'en et laisse-moi. Mes mornes opalines s'arrêtent sur l'un des morceaux de verre en lequel vient s'échouer l'une de mes larmes au sillon amer. Et je nous vois, déchirés en cette nuée issue d'une mémoire morcelée, myriade d'éclat devenu poussière que le temps en chaque instant pour toi altère. Mes traits devant toi passent et silencieusement s'effacent là où les tiens en mon esprit éternellement se figent puis se gravent. De l'autre côté du miroir, tu ne peux voir celle qu'ils ont plongé dans le noir. Je me rapproche alors de ton image perdue en ce blanc immaculé, m'arrêtant devant cette frontière que je ne peux franchir et que l'on nous a imposé. L'un face à l'autre de nouveau opposé, nous demeurons là à nous contempler sans même pouvoir se toucher, condamner à veiller sur toi depuis l'autre côté, je sais qu'il m'est interdit de te retrouver. Acculés en cet univers sans fond ni repère, séparés par ces terres sans dimensions et au paysage austère, nous essayons de communiquer mais nos mots restent enserrés en nos gorges là où le sceau de l'absence vient nous marquer au fer. Le monde cette fois-ci tremble, ton reflet soudainement se disloque et tout ce que l'un pour l'autre l'on représente pièce après pièce se désassemble. Je laisse mon corps se désagréger, vois mes mains doucement s'évaporer sous ton regard effaré. Ferme les yeux car bientôt de nous il ne restera rien mon frère, seuls subsisteront en cet antre saturnien ces fragments dépouillés de toute lumière. Alors va ! Oublie-moi. Rejette-moi. Hais-moi. Fais de moi celle que tu veux que je sois. Non, reviens. Pardonne-moi. Crois-moi. Aide-moi. Ne me laisse pas devenir celle que je ne suis pas. Ô mais par dessus tout je t'en prie, souviens-toi. L'heure enfin s'en vient et ainsi s'éteint la dernière lueur de notre feu en sa coupe d'airain. Un, et voilà que je tombe. Deux, et voilà que je sombre. Trois, et me voilà devenue ton ombre.


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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: Don't Forget About Me || Solo Dim 8 Mai - 16:02


All I need is to remember how it was to feel alive
❝My tears are always frozen || RP One Shot❞




Prisonnière d'une vie sans rêve, je recherche la quiétude d'un long sommeil, m'élance en ces contrés sans merveilles en quémandant aux dieux une misérable trêve. Vallée au cœur gelé en laquelle avide je me perds, tout ici n'est que morceau de vie brisée par nos indénombrables erreurs, abandonnés au joug d'un bien interminable hiver, rongés par tout ce qui en nos âmes n'est que morne aigreur, captifs de nos songes les plus amers. Et j'avance encore et toujours, silencieux funambule en équilibre sur le fil de la vie que le remord de plus en plus amincit. D'un pas machinal devenu dangereux somnambule parfois je dérive, ivre de mes trop nombreux déséquilibres qui m'embourbent en mon exquise anarchie. Je l'anéantis alors ce palais de givre en lequel se réfugie la méprisable espérance qui me déshumanise, à mesure qu'entre mes mains se fissure ton portrait que farouchement ma déraison mutile, sinistre traîtrise. Je le pulvérise tout ce royaume ode à la douleur corrompu par le chant du malheur qui du couchant jusqu'à l'aube ravit à mon regard les chatoyantes couleurs de ton cœur. Il chante, il pleure, il crève. Embourbé en son linceul fait de chimère et de ténèbres il s'enlise en ses vœux funèbres, dépouillé de sa superbe, il n'est plus qu'un fragment de réminiscence où meurt promesse et rêve qui instantanément en cet ailleurs se désintègre. Lourd, trop lourd sont ces espoirs que je traîne et qui en les abysses inéluctablement m'entraînent. Je vacille, contemplant en l'infini cet éclat d'Eden vers lequel ton souvenir me ramène mais avec lequel je lutte, pauvre diable qui inlassablement aux portes du tartare lourdement s'enchaîne. Vois ce que les vestiges de toi ont fait de moi. Vois comme tu peux si aisément me reconstituer comme m'annihiler au seul son de ta voix. Des profondeurs de l'abîme en lequel tu m'as exilé j'ai alors crié, mais aucun écho de mes appels désespérés en ces imprenables puits ténébreux ne semblent pouvoir en réchapper. Adieu illustre clarté, il est temps pour moi de renoncer. Adieu jour adoré, il est temps pour toi de me laisser aller. En ces terres je n'ai plus rien à préserver. En ces terres je n'ai plus rien à aimer. Arrivée de l'autre côté de la rive, un pied en ce vide qui m'afflige comme il me grise, voilà que je plonge mes imprenables diaphanes en l'océan tumultueux et la nuée d'âme qu'il a déjà emprisonné. Cupide, il n'a de cesse de me réclamer : Arizona, Arizona, ferme les yeux et rejoins-moi. Arizona, Arizona, vois comme tout est calme ici-bas. Un soupire et tout se fige, un soupire et toutes mes peines se cristallisent, un soupire et voilà qu'enfin j'expire.

Mon esprit n'est plus et au bord de l'eau s'égarent mes plus délirantes pensées tandis qu'en les abysses, tu continues à plus profondément me pousser. Ni douleur ni peine ne vient ici me troubler, à elles je suis maintenant habituée et toute mon âme en cet ultime instant se veut enfin éveillée. Je me laisse alors doucement porter, observant cette vérité que je ne voulais contempler. Je les vois alors, toutes ces parties qui en moi se sont nécrosées, érodées par tout ce mal qui en le moindre de mes pores s'est infiltré, sinueux venin venu annihiler la paix que tu m'as un jour apporté, c'est par ton souvenir défait qu'il balaye les restes de bonté encore logé en ma carcasse injuriée. Tu as abandonné, de la partie tu t'es retirée, gommant silencieusement cet avenir que ta propre main haut dans le ciel cristallin a esquissé de ses somptueux coups de fusain. Je pourrais te maudire, cracher sur ton nom pour me réconforter. Dissimuler par mauvaise foi ce qui est, avec conviction te pointer du doigt et dire :  Traître, de tes songes tu m'as abreuvé, me laissant croire en ces aveux que je lisais si aisément en tes yeux. Idiote, de tes paroles devenues velours je me suis enivrée, te laissant le libre accès à ce cœur innocent que tu as tout simplement pulvérisé. Seulement à ce manège hypocrite je ne peux m'adonner, préférant largement la plus parfaite des vérités à ce jeu des reproches erroné, car vois-tu, à mes yeux, il n'y a personne à blâmer. Les flots troubles s'agitent, se transforment et deviennent cette onde limpide où se projette les réflexions insoupçonnées de mon esprit jadis embrumé. Tout s'éclaire et je comprends alors ce qui se dissimule à l'orée de notre affliction solitaire et de la sourde colère. Lâche, je n'ai fait que mentir là où j'aurais dû préserver cette lueur que tu as fait naître en mon cœur. Là repose toute ma lamentable erreur. Mais à présent tout ici se meurt, entre mes doigts pour l'ultime fois se repose l'image de ton reflet que je ne fais que chérir mais que je dois laisser partir. En cet ailleurs je dois te laisser t'évanouir avant qu'une énième partie de moi ne vienne injustement dépérir.

Soudainement je réalise que sans toi à mes côtés, je suis capable d'avancer et même s'il t'arrive d'en douter et que jamais je ne viens te le montrer, sache qu'il m'est bien impossible de t'oublier et que tu demeures la seule que je ne puisse balayer de ma mémoire saccagée. Je l'ai déjà confessé, je ne peux tout simplement pas renoncer à tout ce qu'à mes yeux tu peux représenter, car tu es celle qui en ton amour m'a unifié lorsque dès le premier regard je t'ai aimé. Seulement il est temps pour toi de te soustraire au joug de mon interminable hiver. Va, je te libère de ton injuste calvaire. Tu n'as plus à me rattraper ni même à m'empêcher de sombrer, je suis là où depuis toujours j'aurais dû me trouver. Et bien qu'en ton paradis aux sombres artifices tu te sois embourbée, qu'actuellement nous soyons séparée, physiquement ou en pensée, comprends que malgré les épreuves qui peuvent nous terrasser, où tu es je serais car peu importe l'endroit où tu peux te trouver, je demeure à tes côtés. Ta voix au travers des ténèbres m'appelle lorsque le ciel, divine boussole, m'indique où s'échouent ta dépouille devenue à mes yeux immortelle. De l'obscurité rugit ton cœur que les remords inlassablement martèlent quand les astres deviennent cette aiguille qui me montre les secrets que ton âme recèle. Depuis l'est je t'entends implorer en la mer de nos larmes, perdue en ces limbes que mon ombre incarne, te pensant abandonnée là où les plus hautes sphères au plus près de moi ne font que te ramener. Et il n'y a rien que tu puisses faire, rien que je puisse défaire pour mettre un terme à notre bien trop longue misère. Tu es celle pour qui je me languis, celle pour qui j'espère. Tu es celle pour qui sans hésitation je plonge en plein cœur de l'enfer, celle qui se cache derrière chacune de mes inépuisables prières, car il n'y a qu'en notre miséricordieux univers que je peux exister ô mon doux amer.

₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪

Nuée de visages inconnus qu'au travers de la vitre teintée mes yeux dévisagent, recherchant à l'orée d'un mirage ceux pour qui je me dresse seule face à l'orage. Et ainsi la vie passe, lentement nous efface, balaye tout ce qui entre nous depuis l'aube se casse. De ses artifices naturellement elle illusionne, en son palais de verre habillement emprisonne, du miel de ses paroles s'écoule le venin qui paisiblement empoisonne. Personne ne s'en plaint car tous ne se rendent compte de rien. Nous continuons alors la comédie, acteur pour qui l'insipide avec dédain à pleine dent sourit, poursuivant cet absurde sans aucun répit, nous embourbant naturellement en le théâtre de nos illusions, contemplant religieusement nos plus parfaites désillusions. Oui, nous continuons et nous montons docilement sur scène, sans jamais s'arrêter nous laissons jour après jour la pièce se dénaturer, transformant du silence de notre servitude la comédie en la plus pathétique des tragédies. Et je le vois ce monde où le médiocre s'associe au quelconque pour en faire cette œuvre fade, sans goût ni couleur. Rythme monotone qui en dehors de la voiture résonne, le voilà qui avec insignifiance pour moi à présent chantonne. Nuée de vivant semblable aux morts, vous n'êtes rien que des automates s'agitant au travers du néant en lequel se prélasse la morne torpeur tandis que votre cœur depuis trop longtemps lourdement dort. De mes céruléennes empli de mépris je vous contemple vous, ces milliers d'autres qui me renvoyez à mes propres faiblesses et interdits. Un détour puis deux et maintenant bientôt trois, Sincerely des McGuire Sisters qui progressivement résonne à l'intérieur, c'est ainsi que reprend le même manège infructueux qui entre nous s'est installé et en lequel tu penses naïvement me perdre. Le véhicule slalome de rue en rue, s'engouffrant en l'une des artères routière de Chicago tandis qu'en ma mémoire s'inscrit machinalement le moindre passage emprunté en le labyrinthe urbain. Les vitres teintées s'opacifient alors de plus en plus jusqu'à devenir que de vulgaires puits de ténèbres en lesquels viennent s'échouer mes deux opalines pendant que la musique, incessante ritournelle, n'a de cesse de vibrer au travers de ta mascarade rituelle. À chacune des notes qui à mes oreilles s'épand, une distorsion s'inscrit en l'air du temps, cupide, sans remords elles le déchirent et à l'infini l'étire, ralentissant sa course en cet instant qui me parait aussi minable qu'affligeant. Et je la hais, cette foutue chanson qui s'introduit en mon conduit auditif et que tu fais inscrire en les confins de mon esprit maladif. Vingt minutes plus tard, la limousine noire s'arrête enfin, la portière s'ouvre, laissant paraître la même main gantée qui m'y a fait entrer et qui m'invite à présent à en sortir et dont je fais tout simplement abstraction en m'extirpant directement de ma cage faite de métal. Je n'accorde pas un seul regard à l'homme qui m'a entraîné jusqu'ici et me contente d'avancer froidement jusqu'à toi.

- Ah !! Te voilà enfin c'est que je commençais à trouver le temps long ici sans toi.

Mes talons martèlent le sol poussiéreux de ce vaste entrepôt qui se veut à ton image, dépouillé de toute humanité et en lequel ne se trouve que des pièces de vieilles machines désormais désarticulées. Tu as fait ton temps et quand bientôt sonnera ton heure, je serais là, penchée juste au-dessus de toi, t'observant de ces mêmes diaphanes en lesquels naissent les plus furieuses tempêtes et qui présentement te dévisagent, car je peux te le jurer, c'est entre mes doigts que misérable tu viendras à expirer.

- Tu as fait bonne route?

- La musique était déplorable, comme à son habitude.

- Je la trouve pourtant de circonstance vue ta situation.

Je ne réponds même pas à cette réplique tout aussi lamentable que toi, enfourne une main à l'intérieur de mon manteau et me contente de lancer à tes pieds une petite clef de stockage aussi transparente que du verre mais en graphène :

- Tout est là.

- Toujours aussi direct à ce que je vois.

- Je n'aime pas perdre mon temps.

- Ça tombe bien, moi non plus.


Tu te baisses, tel le chien que tu es et que je veux que tu sois, récupérant ces miettes que bien malgré moi je te donne. Tes lunettes glissent légèrement de ton nez boursouflé et légèrement contusionné, d'un geste tu les remets en place alors que tu te redresses rapidement et m'analyses :  

- Tu ne te rends pas compte de tout ce que ça représente. Avec ça, je suis à deux doigts de changer la face du monde Arizona.

- Mais peut-être que le monde tel que vous le connaissez n'a tout simplement pas besoin d'être changé, car ici-bas demeurent des mystères qu'il n'est pas bon pour l'homme de percer.

- Humph, ta réponse en serait presque décevante si je ne savais pas tout ce qui se dissimule derrière ces mots que tu te plais à aiguiser. Crois-tu vraiment que tu serais celle que tu es, ou même encore que tu te tiendrais là où tu es aujourd'hui si tu croyais véritablement en pareil mensonge? Non bien sûr que non.


Mes sentinelles de givres te scrutent avec dédain, pauvre fou qui pense détenir un empire entre ses mains, tu n'es rien que l'énième de ses pantins, à cette vie contre qui tu luttes et qui à l'intérieur de toi doucement s'éteint.

- Quand est-ce que je pourrais le voir?

- Quand je l'aurais décidé. À mon tour maintenant de t'interroger : Qu'est-ce qui peut véritablement interférer sur la machine et la détourner de son ordre premier?

- Vous connaissez déjà la réponse puisque c'est grâce à elle que vous me tenez en laisse aujourd'hui.


Flegmatique, à ces mots je tourne des talons et m'élance en direction de la limousine noire, parfaite réplique de celle que j'utilise lors de mes déplacements quand ta voix en le hangar résonne pour la dernière fois :

- Ah et Arizona, merci de ta coopération, tout ce qui arrive c'est grâce à toi, ne l'oublie surtout pas.

Je ne m'arrête pas, continue encore et toujours à filer droit, car je te le jure, bientôt c'est entre mes doigts que misérable tu expireras. J'ai vendu mon âme au Diable pour dîner à sa table et lorsque viendra mon heure, je serais celle qui en sa coupe répandra le venin et pour tous les crimes que tu inscris en mes mains, sois sûr que je deviendrais le visage de ta fin. Salve impétueuse obscurité, il est temps pour toi de me renforcer et au travers des flammes me reforger. Salve nuit indomptée, il est temps pour moi de renouer avec cet autre que j'ai abandonné et de redevenir ton bras armé. En ces terres il me reste encore quelqu'un à préserver. En ces terres il me reste encore quelqu'un à aimer.
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