Un p'tit vote



Il est dit, selon la théorie du Chaos, que quelque chose aussi petit que le battement de l'aile d'un papillon peut finalement causer un typhon à mi-chemin autour du monde.


 

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 bad machine ✤ ARIZONA

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Charlize E. Flores

❖ Date de naissance : 09/04/1990
❖ Barge depuis : 15/07/2015
❖ Messages : 1477
❖ Avatar : Odette Annable.
❖ Crédits : morrigan (avatar), tumblr (gif profil) & disturbed (gif + img + css).
❖ Multicomptes : Salem L. O'Malley, Judas F. Valentyne, Ramsey A. Dallas & Ruben C. Dashawn.
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❖ Âge personnage : Trente balais.
❖ Profession : Dirigeante des Sans-Faction, stripteaseuse dans un nightclub crade chez les SDF et membre de la résistance.
❖ Faction : Sans-Faction, comme une grosse merde. (Ex Sincère, née Altruiste.)
❖ Forces & Faiblesses : Un glorieux mélange d’alcoolisme trop assumé et une poisse légendaire.
❖ Philosophie : Don't be a drag just be a queen.
❖ Playlist : LENKA - everything at once. FLORENCE + THE MACHINE - shake it out. THE KILLS - cheap and cheerful. SIA - alive. BISHOP BRIGGS - be your love.



MessageSujet: bad machine ✤ ARIZONA Mer 4 Mai - 16:21


❝ You made me, a bad machine ,
feat. Arizona J. O'Malley & Charlize E. Flores. ❞



Reste muette. Reste sombre. Toute entière, plonges et sombres au gouffre ténébreux, qu’il rende ton esprit plus heureux, qu’il t’avale au fond du tréfonds de son œsophage, ton funèbre sarcophage, engloutie toi dans ces nuits immortelles, peut-être qu’en ces clartés tombées, bafouée des cieux pernicieux, tu comprendras que mon souffle d’abîme reste et demeure l’abîme ! Reste muette. Reste sombre. Toute entière, épargnes-toi de ces folies qui encombrent, plonges et sombres au gouffre ténébreux, ignore l’univers juché, perds-toi dans l’ornière, fermes tes célestes azurés sur cette nuit noire, rouge aurore que nous rencontrons jamais. Morbide ou pétulant, entre tes mains tu tiens ton destin, fais-en quelque chose de bien ! Emmitoufles-toi d’ombres, si tu veux, mais ne juche pas ce dos ployé à la merci de ces dieux hideux et de ce ciel miséricordieux. Reste. Reste muette. Reste sombre. Allume ta prunelle à la flamme des lustres, si tu veux. Allume la saturnienne satire dans les regards des rustres, si c’est ce que tu as de besoin. Sois tu ce que tu veux, mais je t’en prie, reste. Reste avec moi. Non. Disparais. À jamais. Dans le chagrin vitrifié en mes obscures patelines qui ne cessent d’épouser le vieux chaos de nos soirs solitaires, en ces mêmes yeux qui t’ont regardé disparaître sans rien faire, tu es comme un astre éclipsé qui jailli de la pénombre, glaive sanctifié, charmant poignard, extirpé de son étui, qui sait où frapper pour toujours mieux faire saigner cet erratique que ton fantôme à chaque soir apprivoise et possède. Reste muette. Reste sombre. Toute entière, plonges et sombres au gouffre ténébreux, sois ce que tu veux, fais ce que tu veux, mon souffle d’abîme demeure l’abîme, ce cœur que tu as pris, il se nécrose sur l’autel, bouillie cramoisie, les saillants crochets de nos instruments de tortures l’écartèlent si bien et mettent en stèle cette âme laquée par le sel de nos souvenirs. Tu ne pouvais pas te contenter que de souffrir en silence et ensuite partir. Il n'est pas une fibre en tout mon corps tremblant qui n’a pas cessé de crier sous la verve de ce châtiment qui encore à mes tympans résonne, mêlant l'embrasement, le rayonnement, l’anéantissement et l’enterrement. Il me ramène à la vie, ce souvenir, mais ton âme éparse à la mienne vibre cette verve d’agonie qui s'arrache avec violence de l’errance, me condamne, me profane, me damne, m’assassine. Musicienne de ce cœur désaccordé qui râle le cantique enamouré, tu joues de ces cordes à la tendresse de ces éphémères qui me désespèrent, me réclament six pieds sous terre. Musicienne de ce cœur désaccordé qui râle le cantique enamouré, tu orchestres la comédie parfaite, la tragédie défaite, un crime parfait, pour notre histoire défaite ! Reste muette. Reste sombre. Toute entière, plonges et sombres au gouffre ténébreux. Toute entière, épargnes-toi de ces folies qui encombrent, plonges et sombres au gouffre ténébreux, ignore l’univers juché, perds-toi dans l’ornière, fermes tes célestes azurés sur cette nuit noire, rouge aurore que nous rencontrons jamais. Morbide ou pétulant, entre tes mains tu tiens ton destin, fais-en quelque chose de bien !

« Voilà tout ce à quoi tu viens de renoncer. »
Ton âme éparse à la mienne vibre cette verve d’agonie qui s'arrache avec violence de l’errance, me condamne, me profane, me damne, m’assassine. Tu voltiges bien haut, depuis ce moment, qui aurait pu être si beau, tu voltiges bien haut, au-delà de moi qui se traîne et vas, continuellement errante, mourante, vitrifiée d’épouvante, poupée de diamant qui se fracasse sur les cloisons de verre, brise cet univers de nacre, en vain essayant de chauffer ma pourriture, pour voir ce foutu soleil, sur ma pierre tombale, se coller, puis briller et immoler les restes de ces os réduits en cendres, cette âme réduite en poussières et pourquoi pas hâler cette peau de jaspe qui ne ressemble à rien. RIEN ! Musicienne de ce cœur désaccordé qui râle le cantique enamouré, tu joues de ces cordes à la tendresse de ces éphémères qui me désespèrent, me réclament six pieds sous terre. Tu as orchestré le crime parfait. Déchue de notre histoire que j’ai moi-même défaite, surfaite, me voilà mariée cadavérique qui toujours servile à tes pieds s’obstine à redresser cet échine cambré. Lâche, oui, j’ai renoncé et depuis cet instant, funèbre, l’horloge s’est figée !

- Langoureuse valse entre la moi défaitiste et la moi opportuniste. L’une est optimiste et l’autre reste pessimiste. Elles sont lassantes, ces contradictions, hum ?

Je raconte de la merde. Je vomis de la merde. Ivre, ivre de toi, de toi qui n’es plus là, je souris, oubliant l’horreur qu’ont chantés les saintes, lorsque de ce baiser volé, tu as emporté avec toi mon souffle, mon erratique purulent, ma sainteté d’esprit, le fruit du sacrifice, l’abnégation d’avoir respiré ton trésor, d’avoir caressé tes lèvres de mes gardiennes silencieuses de mes arcanes, baiser amer qui tiède les carreaux d’or, mon crâne, grand nonchaloir chargé de souvenirs, qui dodeline mollement sur mes vertèbres tendues au point de rupture, mes nuits immortelles contemplant nonchalamment ce preux bien piteux.  

- Sois le bienvenu dans le foutoir de ma vie. C’est désagréable, n’est-ce pas, se faire jouer dans la cervelle, comme ça ? j’assène ma question en venant confortablement m’asseoir à califourchon sur les reins de ma mariole du moment. Me demandez pas son identité, j’en sais plus que trop rien, tout ce que je sais c’est qu’il m’a bousillé une veste en cuir, un Converse, l’arcade droite, le pif et cinq doigts de ma main dominante. Ce qui a engendré ce petit contretemps que j’ai affectueusement baptisé « celui qui attrape le scalpel et la seringue en premier. » J’ai gagné et me voici, sur les reins de Mister qui a le talon d'Achille bien fragile après le passage négligé et plutôt boucherie de la lame rutilante de mon bistouri. J’l’avais prévenu : je suis une très mauvaise gauchère et mon mordant est péniblement gauche. Humour noir, c’est, tout récemment, mon truc. Jugez, et c’est entre vos deux yeux de spectateur que mon bistouri s’encastre !

- T’es complètement barge, Ofelia ! Me---

Quoi ? QUOI ? Te quoi, hin ? Les talons en sang, un pouce, les index et majeurs coupés, il se tortille comme un damné entre mes cuisses qui se referment comme des étaux sur ses hanches, moulant ma main à l’arrière de son crâne, lui fracassant le front sur le bitume, pour ensuite lui prier de se faire patience en lui allongeant le flanc de la mâchoire sur le sol froid et poisseux.

- Je disais quoi, déjà ? Ah, ouais. Le sida. Qui sait si je le porte ou non ?

Il comble mon appétit malsain, ce vaurien. Distraction. Sac de viande. Sac de frappe. Il me permet d’oublier et de me concentrer. Je papillonne dans mon inertie, haussant le sourcil pour calmer les effusions carmines de mon arcade défoncé, coinçant entre mes dents mon scalpel et m’armant de ma précieuse seringue, la fine aiguille effleurant le fin duvet qui s’hérisse sur la nuque tendue qui ne bouge plus. Connard ! T’avais qu’à pas me la planter dans les chairs, cette aiguille, ainsi je ne prendrais pas plaisir à jouer avec ta santé et ton psyché.

- L’une est optimiste et l’autre reste pessimiste sur le verdict. Toi, tu en penses quo---

À jamais cette triste volleye restera coincée dans ma gorge, mister au talon d'Achille bien fragile effectue ce roulé-boulé qui me fait chaviré sur le côté, me prenant en pleine gueule les moignons sanguinolents de ses phalanges fraichement charcutées. Ç’a m’apprendra à papoter avec un moribond ! Mon échine se fait violence lorsque je me rétame comme une grosse merde sur l’asphalte, voyant ramper monsieur larve qui larvouille pour sa vie, m’arrachant un regard blasé vers l’univers juché…

- AAARRRRRRGGGGG !!!!!! PUTAIN ! BORDEL !

Là, je vous assure, c’est pas ma faute.
CARAMBA ! C’est quoi c’truc de planté dans sa main ? Une flèche ? Une foutue flèche ? MI CIELO ! On a crucifié sur l’asphalte mon mister au talon d'Achille bien fragile ! Qui c’est le manant qui me pique MA proie ?!    

Toute entière, épargnes-toi de ces folies qui encombrent, plonges et sombres au gouffre ténébreux, ignore l’univers juché, perds-toi dans l’ornière, fermes tes célestes azurés sur cette nuit noire, rouge aurore que nous rencontrons jamais. Morbide ou pétulant, entre tes mains tu tiens ton destin, fais-en quelque chose de bien !

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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: bad machine ✤ ARIZONA Lun 6 Juin - 12:34


Cause I’m overcome in this war of hearts
❝Come to me in the night hours || feat  CHARLIZE E. FLORES❞





Ta voix au travers des ténèbres m'appelle lorsque le ciel, divine boussole, m'indique où s'échouent ta dépouille devenue à mes yeux immortelle. De l'obscurité rugit ton cœur que les remords inlassablement martèlent quand les astres deviennent cette aiguille qui me montre les secrets que ton âme recèle. Depuis l'est je t'entends implorer en la mer de nos larmes, perdue en ces limbes que mon ombre incarne, te pensant abandonnée là où les plus hautes sphères au plus près de moi ne font que te ramener.

Ignorante, indolente, tu n'es que le reflet de cette âme errante qui d'un monde à l'autre s'égare le cœur au bord de ses lèvres mourantes. Inconstante, inconsciente, tu n'es que la souveraine méprisante que mon visage en ces rues à chacun de tes pas hante. Et tu empourpres tes mains de sang, fais des ruines de ton âme un carnage incessant, ivre de ravage sur les cadavre tu marches d'un pas indécent, quand s'inscrit au couchant le sceau de la guerre en ton front rougissant. En le brasier de l'infâme tu te damnes, en ses flammes volontiers tu te condamnes. Ignorante, inconstante, en la mort tu recherches cette vie qui de tes veines a fuit, maudis ceux qui en cet ailleurs t'ont suivi, crache sur ceux qui à tes pieds désespérément te prient. Inconsciente, indolente, de tes mille fléaux, criminelle, tu fustiges cette autre partie de toi-même que trop lâche tu désignes comme fautive et prive du pardon éternel.  Alors va, vis, déchire, brise cet échine martyr qui se courbe, fléchit, à mesure que dans l'ombre s'égare ton âme qui gémit. Oublie, renie, bannis ces souvenirs qui t'immobilisent, fragile et illustre statue de givre qui en silence de la mort s'enivre. Des souffrances tu te drapes, fais du malheur ta sinistre étoffe, brodes du fil de nos silences le voile sublimé de nos absences, enserres de tes doigts les fibres de ce linceul mortifère que tes perles, merveilles de larmes, de drames, de tragédies en lesquelles nos cœurs tranquillement se pâment, ornent de leurs éclats hypnotiques qui affligent puis douloureusement charment. Reine aux rêves artificiels, mère du crime originel, en les limbes où funestement tu te traînes se jettent les ombres qui dansent, chavirent, inlassablement expirent puis renaissent en leur valse, sinistre danse sacrificielle pour toi, impie majestueuse à l'affliction perpétuelle.

Et au loin se prépare l'orage, furieux, le voilà qu'il gronde à l'intérieur de moi avant de brusquement déferler sur le monde et faire rage, alors je continue à avancer, malgré ces pas maudits qui me mènent irrémédiablement jusqu'à toi et qui préparent notre sublime naufrage. M'entends-tu venir ô mon doux amer? Sens-tu mon âme pour toi scinder en deux les mers puis meurtrir la terre ? Tends l'oreille car pour toi avec force elle vibre et vient décimer les vestiges de nos plus anciennes chimères, débris poussiéreux et crevant lamentablement de leurs espoirs solitaires en cet autre univers. Affaiblies par toutes ces choses qui à mesure que le temps passe nous enlaidies, elles ne sont plus que murmures expirant en l'écho déjà mourant en l'un des fébriles souffles du vent. Ainsi notre force devient faiblesse et notre faiblesse devient force, extirpant, tel les amants cupides, du plein cœur de l'atroce, la quintessence d'un mal qui nous brise comme il nous rends plus féroce. Et pourtant rien ne nous arrêtera, pas même lorsque l'on hésite un instant avant de faire le pire des choix car, en vérité un tel luxe ne nous appartient pas. Nous ne sommes que des machines, de simples automates soumis au plus odieux des diktats. Alors nous luttons, nous luttons jusqu'à toucher le fond, non pas par peur ou résignation, mais bel et bien parce que personne ne voit les crimes que l'on commet ici-bas en ce gouffre sans nom.

Et toi, oui toi mon délicieux reflet qui a de nouveau cessé de rêver. Toi pour qui j'ai menti, dissimulé puis tourmenté, combien de temps survivras-tu en ton antre aux suppliciés? Peut-être est-ce déjà trop tard? Peut-être t'es tu déjà détourné de cette lueur qui en ton âme s'est à nouveau éveillée lorsque enfin je t'ai retrouvé? N'abandonne pas. N'abandonne pas et surtout reste avec moi. En ces ruelles froides et malfamées, je suis venue chercher l'éclat de ta foi qu'ils ont fait vaciller. Je ferais s'embraser le ciel pour toi, dévasterais des cités pour te préserver de ton désarroi, ferais fléchir le temps et le traînerais jusqu'en cette vallée ou entre ses mains enfin tu renaîtras. Détruis, mutilé, de toi il ne reste que cette ombre qui attend lamentablement son heure afin d'expirer. Les secondes qui passent et instantanément meurent entre mes mains me sont à présent comptées, car plus l'on t'enferme en cette prison au verre souillé plus tu t'emmures en cette folie que tu n'es plus en mesure de contrôler. Une voix, je n'étais plus qu'une voix qui se perdait en ton océan d'effroi. Voilà tout ce qu'il restait de moi. À cette idée mon cœur se resserre, pulvérise d'un battement ces craintes qui m'enserrent, accepte ce mal que je sais nécessaire et fais abstraction de ces réminiscences qui me hantent comme elles te lacèrent. Encore un effort, il ne me reste qu'un dernier et misérable effort à fournir avant d'enfin pouvoir te libérer. Alors bats-toi, je t'en prie, survis jusqu'à ce que je revienne auprès de toi.

Tic, toc, tic, toc, ainsi toujours se lamente en mon esprit l'horloge du temps. Roi indolent d'un monde devenu fou et aliénant, je laisse les secondes s'écouler et se confondre en le sable du néant, ne gardant à mon esprit que cette cible que bientôt je traînerais jusqu'en son bouge discordant. Âmes brisées, âmes esseulées, essences aux véhicules décharnés, toutes les unes aux autres enchaînées et par le monde divisées, étrange comme en les profondeurs l'on a de cesse de sombrer pour mieux se retrouver et tendre vers la plus parfaite unité. Et je le vois, Gabriel Lee Williams, cet homme que j'ai bousculé au pied de la Willis afin de lui injecter un traceur sous-cutané, une poignée de main plus tard et voilà que la puce était implantée. Étonnant tout ce que l'on peut faire avec une simple bague d'empoisonneuse quand on prend soin de la modifier. Il ne me restait plus qu'à attendre l'heure juste puis frapper. Oui, c'est tout ce qu'il me fallait faire, attendre. Jusqu'à ce que je te vois, toi, cet autre qui en mon cœur par tous les temps se joue des lois et trône sur ses ruines tel le plus roi des rois. Ta voix au travers des ténèbres m'appelle lorsque le ciel, divine boussole, m'indique où s'échouent ta dépouille devenue à mes yeux immortelle. Tu te débats avec cet homme qu'il me faut vivant, tandis qu'au sol ne cesse de pleuvoir ces gouttes carmines qu'avec zèle tu répands, comme si tenir un rôle en ce théâtre macabre était la seule chose capable de te maintenir en vie, tu poursuis avec désinvolture le cinquième acte de cette bien sordide comédie. De l'obscurité rugit ton cœur que les remords inlassablement martèlent quand les astres deviennent cette aiguille qui me montre les secrets que ton âme recèle. Ivre de nos jeux malsains, tu t'embourbes en le monde et ses sombres larcins, quand ton âme se disloque et se dissout en les sillons d'une trêve éphémère promis par ce siècle vaurien. Depuis l'est je t'entends implorer en la mer de nos larmes, perdue en ces limbes que mon ombre incarne, te pensant abandonnée là où les plus hautes sphères au plus près de moi ne font que te ramener. Tu n'es plus qu'une lumière sur le déclin, prête à chuter en cet abîme d'où nul ne revient, lorsque à tout ton être s'épand le pernicieux venin. Et à toi je ne peux renoncer, de tes yeux je ne peux me détourner. Achève moi dès à présent à tes pieds si tu ne veux être délivrée, car je suis tout simplement incapable de te quitter. Tu es celle pour qui je me languis, celle pour qui j'espère. Tu es celle pour qui sans hésitation je plonge en plein cœur de l'enfer, celle qui se cache derrière chacune de mes inépuisables prières. Je m'empare alors de mon arc, respire lentement, observe la situation et attends d'avoir le meilleur angle possible avant de décocher une première flèche qui vient terminer sa course en la main du scientifique. Sa douleur est vive mais je ne lui laisse pas le temps d'essayer de remettre le couvert qu'une seconde flèche vient s'abattre directement en sa rate:

- Hun hun, je serais vous, je ne la retirerais pas. M'enfin, je dis ça, je dis rien… Simple conseil d'ami Gabriel

Je sors alors de l'ombre, avance jusqu'à toi tout de noir vêtue, ajustant tranquillement mon blouson en cuir, replaçant en mon dos mon arc, laissant mes bottes claquer sur l'asphalte défiguré par tout ce sang que tu as pris plaisir à laisser s'écouler. Une fois à ta hauteur, je jette un rapide coup d'œil sur toi avant de te tendre la main :

- Relève-toi.

À ces mots je te hisse jusqu'à moi et observe ton visage, défais mon gant d'archer, effleure légèrement du bout des doigts ton arcade déchirée, avant d'entailler le bas de mon t-shirt et d'en arracher une partie afin de m'attarder sur les traînées rougeoyantes que Williams a étalé sur tes traits épuisés :

- J'en connais une qui va adorer se faire rafistoler… Je t'aurais bien proposé mes services mais tu me connais, je suis loin d'être douée. Alors si tu veux pas finir défigurée, on va éviter. Je crois que t'as eu ta dose pour la journée.  

Déposant le bout de tissu sur ton arcade, je te laisse prendre le relais. Et subitement, le temps s'arrête, et voilà que je me perds en tes iris où le jour jamais ne se lève, errant en tes imprenables ténèbres, tu me dévisages là où mes opalines t'appréhendent et te dévorent de leurs éclats aussi incandescent que la lune et sa traîne d'argent. J'en oublie cet homme que je suis venue chercher en l'ancienne cité, m'égare devant celle que je ne peux m'empêcher d'aimer et constamment désirer malgré tous ces obstacles qui ne font qu'œuvrer pour nous séparer. Que nous est-il arrivée? Je te regarde et vois tout cet amour emmuré en nos cœur que l'on s'obstine à sacrifier au nom d'une cause qu'on ne sait même plus nommer. J'essaye alors de mentir, de nier tout ce que tu peux représenter pour te faciliter la tâche et éviter à ta foi de n'être plus qu'une énième lueur oubliée en notre royaume sans contrée.

- Je ne sais pas ce que tu fais ici, mais je crois qu'il va y avoir un léger conflit d'intérêt entre toi et moi. J'ai besoin de lui.

Une seringue roule jusqu'à mes pieds, un fiole éclate en mille morceaux contre le mur sur ma gauche et soudain je me vois tirée vers l'arrière. Soulevée par la nuque, je sens les restes de doigts s'enrouler autour de mon cou, laissant un liquide poisseux s'écouler le long de mon épiderme qu'il vient brutalement souiller. Enfoiré d'estropié, ce n'est pas les doigts qu'elle aurait dû te couper mais carrément les mains histoire de t'empêcher de muter. Lui assénant un coup de tête avec l'arrière de mon crâne, je finis par me défaire de ses énormes pattes sanguinolentes, enchaîne par un coup de coude dans les côtes, fais volte face avec un coup de poing retourné, puis un second, suivi de deux directes, m'abaisse pour esquiver un crochet du droit et, profite de mon agilité ainsi que du laps de temps accordé pour m'emparer d'une flèche que je viens planter en plein dans sa cuisse. Mauvaise idée, très mauvaise idée même, tant et si bien qu'elle me vaut un merveilleux uppercut qui m'envoie valser à quelques mètres. Je dodeline de la tête, cligne plusieurs fois des yeux afin de reprendre mes esprits et finis par t'examiner un instant :

- Wow, mais c'est quoi ça? Tyson sous crack?

Un étrange goût de fer se répand en ma bouche, je mène une main à celle-ci et m'aperçois qu'aller titiller Mr Hyde était plus qu'une idée merdique. Résultat? J'ai la lèvre éclatée et ma tension qui commence légèrement à monter. Je recrache à terre le sang qui est venu prendre en otage ma gorge avant de pester, un sourire malsain aux lèvres :

-  Okey Hulk, tu veux jouer? On va jouer.

Je jette au loin carquois et arc, fais glisser mon pied gauche en avant, conserve ma jambe droite en tant qu'appui, les genoux quelque peu pliés, je monte alors ma garde, protégeant ainsi mes côtes tout en conservant un champ visuel à peu près dégagé. Un dernier regard entre toi et moi est échangé avant que le combat ne soit véritablement engagé. Nous allons devoir collaborer. Ignorante, inconstante, il est vrai qu'en cet instant seul ton visage me hante. Inconsciente, indolente, auprès de toi je sombre et m'abandonne en l'obscurité virulente. Je bafouerais la vie et sa couronne rutilante, soufflerais sur les nœuds et déferais les plus illustres vœux, embrasserais la mort et sa lame étincelante, m'emparerais de l'acier et romprais les cordes répugnantes de sa marionnette déjà tombante si cela pouvait préserver ton âme dissidente.

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Charlize E. Flores

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MessageSujet: Re: bad machine ✤ ARIZONA Sam 11 Juin - 13:46


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Elles ne serrent pas, mais elles lacèrent. De toutes parts, elles lacèrent. Ces ténèbres dévorantes. Des pleurs et des grincements de dents. Monde réfractaire. Je peux te demander ce que tu fais ici-bas alors que tu devrais être si haut. Mais le mensonge, bien que trop beau, déchainerait Laideur et Froideur. Car la vérité est que ce Mal de l’extérieure vie à l’intérieur, qu’il faut descendre très bas, si bas au fond de soi, dans les ténèbres de nos entrailles, pour comprendre les rugissements de nos agonies de la raison et toutes formes de batailles des rappels. Ce n’est pas moi que tu es venu retrouver, mais c’est toi-même que tu es venu contrer, dans les noires et profondes ténèbres de cette âme que tu as enduites de tes propres obscurités. Je le vois. Je le comprends. À cette manière patibulaire qu’ont de s’entrelacer nos regards qui silencieusement se perdent et s’attendent. Nous sommes nées morcelées, déchiquetées par les griffes assassines de ces diablotins vivants en nos seins, condamnées par les envoûtements malsains qui nous bercent toujours au bord des gouffres. En-dedans de nous, elles ne se serrent pas, mais elles lacèrent, de toutes parts, elles lacèrent. Des pleurs et des grincements de dents. Nos âmes sont aux abois. Ténèbres dévorantes. Monde réfractaire. Et désenchantées jusqu’à la plaie de la déloyauté de l’éther réel, qui n’a offert que misères et illusions mortifères, on se rétracte, recluses en les ténèbres de nos entrailles… car il n’y a que ce Mal de l’intérieur qui donne raison à nos solitaires existences. Mon cœur, tremblant de nos hier, est cette promesse silencieuse que je dépose entre tes mains, il s’effarouche et frissonne. Un mot suffit à le navrer, un regard et le voilà qui vibre de l’inextirpable amertume. Il est si craintif qu’il faut prendre le temps d’écouter son chant, pour qu’il s’abandonne complètement et qu’à toute atteinte tu le dérobe. Le Temps. Ce que tu prends pleinement, ce que je fuis peureusement. Mon sourire a bien pu mourir, je ne peux laisser agonir ce qui au fond ne cesse de s’embellir. Mon cœur, tremblant de nos hier, est cette promesse silencieuse que je dépose entre tes mains, bien qu’il saigne jusqu’à mourir, je sais que tu n’es pas celle qui le fait souffrir, de sa peine je vois que ce soir une larme est tombée sur tes doigts de velours tachés d’une seule goutte carmine et je suis la seule fautive de ce trou creusé en ma poitrine. Que nous est-il arrivé, dis-moi, mon adorée si tragique ?

La Vie. Voilà ce qui est arrivée. Dans les bras tordus des désirs à jamais inassouvis mon armature humaine se traîne et toi tu t’enchaines. Tu te pers en mes ébènes. Je me perds en tes célestes azurs. Mes sens qui m’abandonnent alors qu’à toi je m’abandonne, mon échine de nacre qui frisonne au contact délicat de tes doigts et déjà les beaux paysages de la vie s’enfuient, disparaissent au spleenétique adieu qui ressemble drôlement à ces draps blancs que l’on dépose sur les meubles d’une maison de campagne qui sera bientôt habitée que par les fantômes d’un hiver qui s’éternise… la vie qui est arrivée et qui s’en est allée. Entre ciel et terre. Je vis, sans véritablement vivre. Quelle est cette comédie des larmes que nous menons trop bien ? Sommes-nous nées trouées, condamnées à entendre souffler ce vent terrible et bolaire qui nous transperce, traverse et glace nos ornières ?

- Uuummmhuuummm.

Pardonne mon sérieux manque d’éloquence, ma chère et tendre, mais j’ai comme qui dirait un peu de mal à encaisser ce chieur de lapin blanc que la magique pouffiasse, portant le nom de la Fatalité, a retiré de son chapeau et foutu en pleine gueule. Passive, agressive, ma poigne se resserre sur le bout de tissu écrabouillé sur mon arcade alors que je lève mes contrariées vers les cieux. Je peux encaisser le fait que tu sortes du trou du cul des ombres, truffée telle Jeanne d'Arc, pour improviser à MON Achille un traitement d'acupuncture qui doit forcément lui avoir remis les chakras en place. Ce que je ne gobe pas, cependant, vois-tu, c’est plutôt comment est-ce que le règne de la Pucelle d'Orléans s’est terminé ; j’suis pas trop fan des barbecues.  Alors veux-tu bien me dire ce que tu fous en mon propre petit enfer perso ?!

- Léger ? T’es mignonne. Cependant, moi, friponne, je t’annonce que ces vestiges de ce qui fût autrefois… Gabriel (?)… j’en ai aussi besoin. On se partage le butin ?  Tu prends le haut et moi le bas. Quoique j’ai un peu commencé la boucherie, des phalanges, c’est suffisant ?

Regarde-nous, un peu. Depuis quand on brille si bien sous le phare obsédant du crime ? Ce n’est pas nous, Arizona ! On se  tue dans la rage, on s’éparpille à chaque faux pas, on se brûle, on s’immole, la petite mort à jamais, la petite mort maintenant. On s’amourache pour des causes qui nous arrachent, bornées à leur arracher par grammes ce qu’Ils nous ont refusé par tonnes. Afflux d’un compte-goutte qui submerge tout un monde d’apeurés. Nos ombres respirent ensembles et c’est bien cela qui m’effraie ! Je ne t’ai pas quitté pour te retrouver ici-bas, creuse, si creuse enterrée dans les ténèbres de tes entrailles…

- Ari---

Trop tard, je l’ai vu s’émouvoir, derrière-toi, un bruit de verre retentit dans l’air et déjà ton corps se fait violence et s’allonge sur les notes funèbres de Sa pénitence. Ce soir, c’est sur mes doigts que les larmes carmines de ton cœur agonisant s’écoulent entre mes mains. Sous les eaux de ce fleuve précieux les horreurs coulent presque avec silence et je n’arrive pas à croire que tu trouves le moyen de faire de l’humour. C’est pas drôle, Arizona ! J’ai froid à ton froid. Je bois les gorgées de ton hérésie. Tu ne comprends pas.  Tu ne vois pas la vie arriver et la mort survenir. On se perd en s’aimant et tu rigoles de ce funeste sacrement. Nos ombres respirent ensembles. Mais je ne sais pas jouer. Pantin effilochée, je peux rattraper tes cordes, mais je refuse de jouer avec toi, je refuse de jeter la moindre flamme sur ta peau de soie…

- Putain de bordel de merde mais c’est quoi cette soirée complètement merdique !? que je grogne alors que je me téléporte de mon inertie à votre épiphanie.

Effet escompté, Jean Claude Van Damme braque son regard de barge sur moi, moi qui a profité de votre petit tête-tête pour retrouver mon bistouri que, de ma main validement gauche, j’envoie valser dans un quelque part d’à peu près précis se situant… oops… en plein dans l’œil du chien fou qui hurle à la lune. Incrédule, je cligne des yeux, te dévisage, le dévisage, l’attrape par le col de son blouson, tire sauvagement sur ma prise et lui fou un coup de boule sur le pif.

- Je n’ai qu’une seule main…

Coup de talon sur le diagramme… les moignons de monsieur pissent le sang alors qu’il titube sur l’arrière…

- Alors ne t’embarrasse pas d’être ma seconde paluche.

Chamaillerie. On se cogne tous dessus. Geronimo ! Banzai ! Et un andale pour la route. Achille torpille et me fonce dessus à la violence d’une locomotive. On se rétame sur le bitume et ce n’est qu’à ce moment que je réalise que mon bistouri n’est plus là… dans sa face… et c’est lorsque je sens le métal froid sur les chairs de mon cou que je capitule...

Puta de soirée, oui !

_________________

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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: bad machine ✤ ARIZONA Dim 7 Aoû - 18:52


Cause I’m overcome in this war of hearts
❝Come to me in the night hours || feat  CHARLIZE E. FLORES❞




Ombre cendre et poussière, misérables nés de la glaise, du creux de la main du père façonné pour se dresser et selon sa volonté inspirer puis de son revers expirer et retourner à l'aliénante terre. Ombre cendre et poussière, voilà tout ce à quoi l'humain aspire et espère. Ombre cendre et poussière, litanie entêtante et obsédante qui me crève et me lacère, lorsqu'en le ciel un instant mon regard se perd. Mes doigts autour de l'ivoire un peu plus fort se resserrent tandis qu'en ma poitrine s'agite l'infernal tambour de mon cœur bordé par ces ténèbres qui davantage nous enserrent. Monstrueuse timbale qui vibre et subitement s'emballe à mesure que mon âme pour toi toute entière s'embrase à la lumière de ton visage perdu en l'antre de l'horreur sépulcral. En mes tempes le voici qu'il tambourine, cogne, désespérément de sa rythmique brutale à la raison me conjure et m'ordonne, cet hurleur qui violemment se déchire lorsque de l'intérieur l'unique souhait de te garder en vie me fait tendre le bras en guise d'ultime folie. M'entends-tu venir ô mon doux amer? Sens-tu mon âme pour toi scinder en deux les mers puis meurtrir la terre ? Le souffle de vie d'entre mes lèvres s'enfuit, d'une expiration longue, profonde, lente, j'expulse les vestiges d'une candeur handicapante. Mon calme apparent contraste avec l'étrange urgence qui fait vriller mes sens et cette peur lancinante qui s'agite en mes veines bouillonnantes. L'acier acéré de mes iris embrase l'obscurité d'un feu meurtrier et vient s'abattre sur le visage de l'assassin à la lame toujours bloquée en ton cou, avide de cette vie qu'inlassablement il te réclame lorsqu'à l'éternelle damnation, inconsciente indolente, silencieusement tu me condamnes. Et je me consume, oui je me consume à mesure qu'en un battement de paupière le monde sombre subitement en le néant et qu'une fois privé de lumière je comprends qu'il est temps en une obscure prière de retourner à l'aliénante terre.

Ombre cendre et poussière, mon corps demeure immobile tandis qu'en les cavités de mon esprit, au souvenir de ta voix me voilà que je tangue puis me perds. Ombre cendre et poussière, sourde un instant je demeure quand soudainement un éclat de voix me ramène et me souviens que nous sommes toujours plongées en plein cœur de l'enfer. Ombre cendre et poussière, promesse perdue à tout jamais en cet ailleurs incendiaire, retiens ton souffle et compte avec moi jusqu'à ce qu'ensemble l'on sombre en l'antre de l'effroi, là où l'espoir si souvent se noie en les eaux délétères d'un monde devenu cet asphyxiant cimetière. Un, bras tendu, mon pouce d'un geste tire le chien en arrière, et voilà que j'écrase sur le lobe temporale de Gabriel le canon du sinistre revolver. Écho éphémère d'une ode qui nous désespère, tes suppliques ne sont plus que d'imperceptibles murmures englouti par nos insatiables chimères. Et je reste assise en l'obscurité, observant ma lumière délicatement vaciller avant d'entre tes mains la laisser subitement étouffer. Il y a toutes ces choses que tu ne peux voir, toutes celles que tu ne peux même pas concevoir et ces autres qui deviennent mon délirant mouroir. Et ainsi tangue la disharmonie de ma vie, fumante tel un encensoir, incandescente de sa folie rutilante, elle berce, enivre et déverse en nos plaies le fiel, le miel et le sel. Alors oui, ferme les yeux et compte avec moi jusqu'à l'heure où sonnera la fin des rois, la fin des lois, cette fin promise à laquelle plus personne ne croit. Deux, roule, crisse puis bloque, barillet qui dans une lugubre danse amorce le chant de la mort qui opprime et jusqu'en la chair se disloque. Trois, j'inspire car en cette allée où meurt tous les soupirs, bientôt le premier coup va partir.

Que le ciel un jour me pardonne ou qu'en cet instant il m'abandonne, car vraiment plus aucune raison en mon esprit à présent ne tonne. Quatre, j'expire, moule ma main un peu plus autour de la cross faite d'or et d'ivoire, presse mon index contre la gâchette et en une fraction de seconde, ébranle tout un empire. Ombre et poussière, je ne suis qu'ombre et poussière… Cinq, voici venir le silence puis la fin. Six, l'atmosphère brusquement se déchire, l'odeur de poudre se répand quand un assaut foudroyant vient mutiler mes tympans, laissant derrière lui les vestiges de ce tintement strident qui m'enferme durant quelques instants en cet autre plan où plus rien n'existe véritablement. Sept, au sol, le corps retombe lourdement sur le côté gauche, mes deux opalines observant toujours aussi fixement droit devant. Ombre et poussière, je ne suis qu'ombre et poussière… Huit, mon bras resté en suspension redescend doucement. Une nouvelle inspiration puis expiration et mon regard vient glisser sur la carcasse qui gît à tes pieds tandis que je regarde toujours au travers du vide. Ombre et poussière, nous ne sommes qu'ombre et poussière. D'un ton bas et détaché je t'avoue alors sans scier :

- C'était lui ou toi.

Je demeure un instant ainsi, les yeux dans le vague, avant que ma vision ne devienne plus précise et que je prenne véritablement connaissance de cet amas qui était figé là, juste devant moi. Neuf, l'évidence me percute avec violence, je dodeline de la tête un instant, prends conscience de ma propre respiration, reviens à moi subitement avant de reculer d'un pas en laissant tomber au sol le revolver, comme si mes doigts n'étaient plus en mesure d'endurer son poids, qu'en plus de corrompre mon âme, il venait ronger jusqu'à ma chair.

- …C'était lui … ou toi…

Je fronce légèrement des sourcils, ne pouvant même plus détacher le regard de mon œuvre, me contentant de répéter inlassablement d'une voix tremblante :

- C'était lui ou toi !

Dix, à genoux je m'effondre brutalement, ne pouvant contenir ces larmes qui roulent en de cascades intarissables le long de mes joues. Ombre et poussière, oui, nous ne sommes qu'ombre et poussière. Je prends alors conscience de ma place en ce monde, de mes actes. Le sang qui entachait mes mains de façon invisible devient enfin visible. Ce n'est pas mon premier meurtre, il n'est que la suite d'une longue lignée. Criminelle, je ne suis qu'une criminelle.

- Oh mon dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait ?

Fermant à nouveau les yeux, comme pour m'empêcher de voir cette réalité que j'avais pris soin d'enterrer et qui vient à présent me frapper de plein fouet, machinalement, ma main droite vient agripper mon épaule gauche et ma main gauche enserrer ma taille du côté droit. Je m'accroche ainsi à moi-même en me berçant d'avant en arrière tout en continuant à répéter :

- C'était lui ou toi, tu comprends, c'était lui ou toi.

Ombre cendre et poussière, litanie entêtante et obsédante qui me crève et me lacère, à mesure que sous mes yeux disparaissent toutes nos rassurantes chimères. Et cette peur, viscérale, foudroyante de te perdre encore une fois me consume et m'embrase toute entière. Alors je t'en supplie, reste avec moi, oublie les ombres qui se prosternent devant nous et garde-moi près de toi. Deviens cette lumière pour que plus jamais en les ténèbres je ne puisse m'égarer ni même approcher de leur effroyables frontières. Âmes brisées, âmes esseulées, essences aux véhicules décharnés, toutes les unes aux autres enchaînées et par le monde divisées. En les profondeurs l'on a de cesse de sombrer pour mieux se retrouver et tendre vers la plus parfaite unité. Regarde-moi et comprends ma vérité. Il n'y a qu'en tes yeux que je puisse vivre et exister car sans toi à mes côtés, je ne suis plus, je ne suis rien, pas même une poignée de cendre ou de poussière que l'on pourrait saisir entre ses mains. Seulement, je ne peux me pardonner, je ne peux revenir seule de cet ailleurs où le crime m'a enfermé. Alors rends-moi ma clarté, ramène-moi cette lueur à laquelle en ton nom je viens de renoncer car même si le sang en mes mains dit le contraire, tu sais que je n'appartiens pas à l'obscurité. Je ne suis plus, je ne suis rien qu'une ombre qui se fane sous l'éclat d'un siècle vaurien, lorsqu'en mes joues continue de pleuvoir les larmes sacrificielles qu'impie mes mains rendent criminelles. Et ainsi tangue la disharmonie de ma vie, fumante tel un encensoir, incandescente de sa folie rutilante, elle berce, enivre et déverse en nos plaies le fiel, le miel et le sel. Repose corps, en l'aliénante terre, disparaît esprit en le naufrage de mon âme, engloutit tempête les sillons de ma honte, sombre cœur meurtrier en le Styx et ses rives solitaires, car ici-bas nous, pauvres mortels, ne sommes plus qu'amas d'ombre, de cendre et de poussière.





THE END
Rp terminé

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