Un p'tit vote



Il est dit, selon la théorie du Chaos, que quelque chose aussi petit que le battement de l'aile d'un papillon peut finalement causer un typhon à mi-chemin autour du monde.


 

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 GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18)

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Gray J. Wolfgang

❖ Date de naissance : 08/10/1989
❖ Barge depuis : 01/11/2015
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❖ Crédits : TF (vava) - Swanou (spoiler signa) - Alas (code signa)
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❖ Âge personnage : 25 ans
❖ Profession : Bras droit des Sans Faction, membre actif de la résistance - Ex Barman au Harvest et rat de laboratoire pour le compte de Moira Rosenbach.
❖ Faction : Divergent, Factionless - Anciennement Amity - Origines Erudites
❖ Forces & Faiblesses : Tolérance face à la douleur - Techniques de combats à mains nues - Manipule plutôt bien les lames, il les préfère aux armes à feu - Sa plus grande faiblesse réside maintenant dans le fait que le Conseil connait sa Divergence - A des cauchemars récurrents sur son enfance - Garde un oeil constant sur ses aînés et les O'Malley.
❖ Philosophie : Season two l I'm gonna shoot you down. - Season one l Count only on yourself, otherwise you'll just die, victim of treason
❖ Playlist : HELLO ▲ Adele - HURRICANE ▲ 30 Seconds to mars - MONSTER ▲ Imagine Dragons - PARALYZED ▲ NF - THE SCIENTIST ▲ Coldplay - FADED ▲ Alan Walker - TRAIN WRECK ▲ James Arthur



MessageSujet: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Mar 16 Fév - 13:22



Fifty shades of Sadness

FT. ARIZONA J. O'MALLEY


   
   
   



Quelques jours avant : Blood must have blood

Cela faisait plusieurs jours qu’il n’avait pas mis les pieds dans ces ruelles tantôt brillantes, tantôt délabrées. Cela faisait plusieurs jours qu’il n’avait pris le risque de venir traîner en ce lieu qu’il connaissait pourtant merveilleusement bien, depuis que la laisse autour de son cou avait cédé. Lorsque la cérémonie du choix lui avait permis de voler de ses propres ailes. Du moins le pensait-il alors, à cette époque, qu’il en était fini de cette enfance morose, prison dorée de l’esprit. Prison dorée que ce père avait souhaité à son image, aussi faussement blanche et pure que ses murs.  Un père qui ne voulait disparaître totalement de son champ de vision, quand bien même il l’ait renié à partir de ce jour. Gray n’avait compris que trop tard que l’ombre de son paternel flottait toujours au-dessus de sa tête, tel le couperet prêt à s’abattre sur sa nuque. Il ne l’avait compris que trop tard, lorsque dans les yeux da sa sœur il y avait lu toute cette angoisse et ce désespoir. Elle avait deviné sa condition, preuve que certaines personnes savaient, preuve que P’ pouvait risquer à tout moment de découvrir la vérité. Et il n’hésiterait pas à tuer jusqu’à son propre sang, sa propre chair si cela pouvait lui permettre de gravir un peu plus les marches. Son sang n’avait fait qu’un tour, ce jour-là dans les bois, avant de venir se glacer complètement dans ses veines, lui donnant l’impression qu’il n’arriverait plus jamais à respirer. Il avait senti le poids s’abattre sur ses épaules et ses rêves de liberté s’envoler en un battement d’aile. Il ne serait libre que lorsqu’un des deux serait mort, triste vérité qui avait réchappé de cet échange. La progéniture Wolfgang ne serait capable de vivre libre que lorsqu’Il serait mort.

S’en était suivi de cet échange, ultime et dernière rencontre avec son aînée de par sa condition, une longue journée de réflexion, tapi dans l’ombre de sa maison jusqu’à ce que l’obligation professionnelle ne l’appelle. De par son statut de Divergent, il risquait de faire tuer sa propre sœur, et ça le rendait malade. Malade de haine envers P’, malade de dégoût envers lui-même. Pourtant aujourd’hui il se trouvait à nouveau dans ces rues. Joe lui avait dit de ne pas changer ses habitudes, alors il avait décidé de continuer à faire ce qu’il faisait de mieux : explorer et perpétrer son envie de vengeance. La manœuvre avait pris un nouveau tournant grâce à Calypso, et bien qu’il n’écoute que très rarement la voix de son paternel, lorsque ce dernier se trouvait dans son bureau, il n’en demeurait pas moins satisfait de ce petit coup bas qu’il avait réussi à intégrer dans le quotidien invisible de son vieux. Ce soir, toutefois, il n’était pas là pour P’, il était là pour pouvoir apercevoir Henrik, bien qu’il ne se fasse pas trop d’espoir, rares étaient les occasions où il pouvait se darder d’une conversation avec son frère bien aimé. Frère dont il n’était pas si proche en définitive, lui qui l’était bien plus avec leur sœur. Dans le fond, Gray ne lui en voulait pas ni ne le blâmait, après tout c’était lui qui avait causé pas mal de remue-ménage dans la famille en tournant le dos à un père trop exigeant. Il avait ruiné ses plans, n’était pas devenu cette gueule d’ange qu’il aurait pu servir à toutes les sauces et à toutes les femmes de la Haute en échange de bons et loyaux services, ou en échange de mort. Telle était la triste réalité de leur existence : P’ devait passer avant tout le monde, même avant eux, mais lui avait osé dire non. L’on ne disait pas non à un ambitieux fou.

Dans les rues du quartier riche résonnaient les sempiternelles exclamations de joie et de fête. Une illusion parfaite où les âmes esseulées venaient noyer leurs drames personnels dans l’alcool ou entre les cuisses de jolies poupées. Le Wolfgang errait entre les accrocs à la drogue et les joyeux fêtards, bien trop heureux d’avoir enfin l’âge de se prendre une murge. Un fin sourire vint étirer les lèvres du fraternel alors qu’il avançait mains dans les poches de sa veste et cou emmitouflé dans son col, peut-être un certains blondinet traînait dans l’un de ses bars, soulagé à l’idée d’avoir pu conserver sa précieuse langue. Gray se permit même un léger rire à cette pensée, souvenir d’une nuit qui avait mis sur son chemin un certains Salem. Jetant quelques coups d’œil à la volée, il n’aperçut nullement la silhouette du jeune trou du cul, et c’était bien mieux comme ça. En revanche, ce qu’il ne vit pas, c’était les deux gorilles qui se planquaient dans l’ombre à l’angle d’une ruelle, avançant lentement mais sûrement au rythme de ses pas. Des sbires de P’ sans aucun doute. Si le divergent essayait d’espionner son paternel, il en était de même pour lui qui lui renvoyait la réciproque sans même le savoir. Ca n’avait pas toujours été le cas, mais dernièrement chaque sortie était devenue un risque à considérer et à prendre. Il croisa sur son chemin un fumeur à qui il demanda une cigarette, la nuit était propice pour cela. Il n’était clairement pas un fumeur de cigarette ou même un habitué, mais une fois de temps en temps ça pouvait permettre de calmer ses ardeurs, ou de faire croire à une fausse image. En ces lieux il valait mieux passer pour un audacieux qu’un fraternel à qui l’on pourrait facilement venir chercher des poux. Bien sûr, le Wolfgang n’avait rien du parfait fraternel innocent et savait se défendre, mais ce genre de situation pouvait se révéler chaotique et dangereuse car il n’était tout simplement pas d’humeur, parfois, à se laisser tabasser pour le plaisir de maintenir sa couverture intacte. Clope au bec, il reprit son chemin, levant les yeux pour apercevoir toute l’ampleur de la Willis qui surplombait Chicago. La vue devait être imprenable de là-haut, mais il ne souhaitait nullement s’y rendre. Plutôt traîner dans la boue que risquer de croiser la silhouette méprisable de Rosenbach. Il tourna finalement à l’angle d’une ruelle pour s’y faufiler et prendre les plus petits chemins de traverse. Quand il pénétra dans la seconde, son intuition se révéla juste. Alors il vint écraser la cigarette non terminée contre le mur d’un bâtiment délabré et se mit à cavaler. Il prenait royalement la poudre d’escampette sous les regards médusés des deux gorilles qui venaient de griller leur filature.

Une chance que les ruelles assombries jouent en sa faveur, car s’ils ne faisaient pas d’économies d’énergie, il aurait été plus difficile de se faufiler à la vue et à la barbe des deux monstres. « Putains de macaques. ». Simple remarque qu’il se fit à lui-même tandis qu’il reprenait sa cavale mais tournait au mauvais coin de rue. Il n’avait pas prévu qu’entre-temps la sortie en serait condamnée. Merde. Son esprit fonctionnait à mille à l’heure et ses prunelles profitaient de la courte avance pour chercher une solution de repli : la cage à escaliers de secours. Il amorçait son geste quand il entendit un prénom tout droit sorti d’outre-tombe.

« N’y compte même pas Graham. ».  Le Wolfgang se stoppa net et fronça les sourcils tandis que de la fumée s’échappait de ses lèvres. Il venait de soupirer et sa mâchoire, de se crisper. « C’est Gray. ». L’agacement était palpable, il n’avait pas envie de jouer, pas ce soir. De la lueur des réverbères principaux, le jeune homme pouvait voir les traits bourrus des deux acolytes probablement chers payés pour lui casser la gueule et lui dire de ne plus revenir ici. A force, Gray commençait à comprendre le message mais il était têtu, que voulez-vous. On ne se refaisait pas en un claquement de doigts. Il était hors de question qu’il se laisse faire. Son poing se serra alors que son corps restait immobile et sur la défensive. Non vraiment, il n’avait pas envie…

***

La paluche d’ours s’était abattue sur son visage avant même qu’il ne réussisse à le toucher, le poussant contre le mur délabré. En une microseconde, le Wolfgang était déjà sonné et sentait le liquide carmin ruisseler du front jusqu’à sa joue. Aow. Il avait dit qu’il n’avait pas envie déjà ? La vue brouillée et les sens en alerte, Gray sentait son cœur faire des embardées dans sa poitrine et entendait les rires gras des deux bouffons. Il avait posé les deux paumes de ses mains contre le mur rugueux de bêton pour ne pas s’effondrer sous le choc à la tête, la soirée n’aurait pas pu être pire. « Je savais bien que les fraternels n’étaient pas appréciés dans le coin… ». Redressé, il effleura la plaie de sa tempe du bout des doigts. Pour le coup celle-là elle n’était pas agréable, il avait l’impression que Quasimodo faisait sonner les cloches de notre dame dans sa caboche. Et à en juger par la vision déformée qu’il avait des deux singes, il était vraiment bien sonné. Fait chier. Il se sentit glisser contre le mur.
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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Ven 19 Fév - 20:42


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❝Got me Hoping you'll save me right now || Feat Gray J. Wolfgang & Arizona J. O'Malley❞




Ô toi, mon délicieux reflet que je pensais à jamais oublié. Dis-moi quand avons nous cessé de rêver. Je me souviens de comment tout ceci a commencé mais pas du jour où tout s'est terminé. C'est avec affliction que nos mondes sont entrés en collision, recherchant désespérément l'élixir d'absolution au travers de nos plus amères désillusions. Dans les ténèbres nous avons chuté et dans les ténèbres nous nous sommes trouvés pour éternellement nous lier. Perdus en ces terres dévastées, nous avons découvert cette paix dont ils nous ont si jalousement privé et c'est vers cette doucereuse lumière que nous avons avancé, oubliant innocemment ces ombres toutes prêtes à nous dévorer. D'un pas déterminé, nous nous sommes élancés au-devant de cette Destinée qui l'un vers l'autre inexorablement nous avait guidé, laissant le feu ardent de cette autre divinité nous purifier de tous ces crimes qu'ils nous ont injustement fait endosser. Fougueux et impudent, c'est droit vers les étoiles que nos arcs ont visé et de leurs frappes insoupçonnées est né en nos cœur cet espoir quel nul ne pouvait alors nous arracher. Explosion de couleur et de vœux sucrés, en nos yeux émerveillés jaillissaient un océan de clarté que rien ne pouvait altérer et qu'ailleurs jamais l'on ne pourrait retrouver. Jeune et insouciant, de cette singulière oasis nous avons fondé notre céleste cité, sur les vestiges de notre ruine nous avons enterré tout ce qui nous avait un jour brisé et du sceau de cette clef sacrée, avons révoqué les noms maudits des monstres hideux qui inlassablement nous pourchassaient. Des heures durant nous savourions cet enivrant nectar de liberté qui, en nos coupes faites d'or et de rubis, se mêlait au miel et tranquillement nous faisait miroiter toutes ces merveilles que nos esprits à volonté créaient. Ô toi, mon éblouissant reflet qui m'a tant manqué. Dis-moi de quelles façons ils nous ont séparé. Je me souviens de comment tout ceci a commencé mais pas du jour où tout s'est terminé. Sans que je ne me rende compte de rien, je me suis éveillée un beau matin sans plus personne à qui parler ni vers qui me tourner alors que mon univers tout entier sombrait en leur méprisable larcin. Seule, je me suis retrouvée à lutter sans cet autre qui me comprenait et qui, à la nuit tombée, arborait avec malice tes traits en lesquels je rayonnais et qu'en tout temps j'adorais. À genoux j'ai prié pour avoir la force de continuer à respirer en ces contrées que leur folie s'amusait à ravager. Seulement, aucune réponse ne me fut donnée et au loin dans les limbes mon cœur épouvanté t'a rejeté. Avais-tu seulement véritablement existé? Je t'ai longuement recherché sans jamais pouvoir te retrouver, sous mon regard sans faille tu t'es évaporé et ni l'aube ni le couchant n'ont pu te ramener vers celle qui silencieusement t'as écouté te confesser. Je me suis lentement fanée à mesure que les années ont passé, loin de cette lumière que tu représentais l'on m'a exilé et graduellement, je me suis métamorphosée en cette autre qu'aujourd'hui tu te surprendrais à mépriser. Ô toi, mon ténébreux reflet que je dois aujourd'hui préserver. Dis-moi quand ta foi a commencé à vaciller. Je me souviens de comment tout ceci a commencé mais pas du jour où tout s'est terminé car, au fond, tu le sais, notre histoire est sur le point d'être véritablement rédigée.

Arpentant les rues du centre-ville, ma limousine noire finit par tranquillement s'arrêter à l'entrée d'une ruelle délabrée, ses ronronnements raisonnent à travers toute l'allée qui se gargarise de ses altières sonorités. Deux hommes aux costumes sombres impeccables s'extirpent en premier du véhicule et encadrent la porte arrière que l'un d'eux ouvre délicatement, faisant ainsi apparaître l'ébauche d'une première jambe tandis que claque avec vigueur la pointe de mon talon contre le sol humide. Je m'extirpe gracieusement des ténèbres qui m'encerclent et avance droit devant moi, laissant parfaitement retomber mon long manteau noir dont la chute s'arrête à la naissance de mes mollets. D'une main je tends mes gants en cuir à l'un de mes gardes qui les récupère, de l'autre lisse un pan de ma mini jupe blanche qui enferme en sa taille un haut noir surplombé d'un collier. Ma démarche se veut féline, calme, mesurée et chaque pas que je fais jusqu'à toi retentit avec fermeté en cette rue aux abandonnés. Je ne me presse d'aucune façon car ici, c'est moi qui mène la danse, je le sais et tes tortionnaires également. Il n'y a qu'à voir leurs visages qui doucement se décomposent à mesure qu'ils prennent conscience de celle qui leur fait face.  Les deux titanides qui me suive marchent tel un seul homme à deux pas derrière moi, l'un étant posté à ma gauche et l'autre à ma droite. Je m'arrête finalement à quelques mètres de toi, analysant le spectacle consternant qui s'impose à mes yeux, puis, d'une voix à la fois sèche et mordante, je tonne sans attendre :

- Eh bien, il semblerait que l'on s'amuse bien par ici. J'ose espérer que ce n'est pas la détresse de mon invité qui vous fait autant rire? Cela risquerait très fortement de me vexer vu l'état dans lequel il est et, Dieu sait à quel point je ne suis pas le genre de femme qu'il est bon de vexer.

- Votre invité? Vous connaissez ce type?!

- Honnêtement, je ne sais pas ce qui est le plus affligeant… L'océan de stupidité dans lequel vous semblez constamment patauger où la question que vous venez juste de me poser.

D'un hochement de tête je demande à l'un de mes hommes de te récupérer puis, une fois à mes côtés, j'observe durant un instant ta blessure qui continue de saigner :

- Je m'occupe de Graham à présent, sa participation au projet de réinsertion a déjà été bien assez retardée.

Tournant des talons, nous nous éloignons finalement de tes agresseurs afin de regagner la voiture dont le moteur tourne encore. Dans une ultime provocation, j'ajoute à l'attention de tes opposants avant de pénétrer à l'intérieur :

- Ah et, mes salutations à Monsieur Wolfgang, vous ne manquerez pas de lui dire que sa coopération a été fortement appréciée.

La portière se referme sur nous à mon passage, laissant la limousine reprendre son cheminement à travers les rues de mon arrondissement. Le silence qui s'est instauré en devient pesant, nous sommes seuls à l'arrière du véhicule tandis que mes hommes sont à l'avant mais, une barrière s'est comme immiscée entre nous. Je te dévisage un instant, tentant de retrouver celui que tu étais auparavant, seulement, ce dernier semble avoir été totalement absorbé par le néant. J'extirpe une serviette du mini bar qui trône à ma droite puis, me rapprochant doucement, j'appose délicatement celle-ci sur ta tempe :

- Pourquoi tu es revenu? Tu sais que c'est dangereux ici pour toi et tu continues à jouer avec ta vie comme si elle ne valait rien. Lequel de Graham, Jaden ou encore Gray est l'inconscient suicidaire qui te pousse à braver l'enfer ?

Ô toi, mon ténébreux reflet que je n'ai jamais pu oublier. Dis-moi quand ont-ils réussi à nous briser. Je me souviens de tous ces rêves que nous avons partagés en attendant le jour où de nos cauchemars jaillirait cette paix que nous avons tant recherchée. Viendra-t-il seulement un jour car, au fond, tu le sais, notre calvaire ne fait que commencer.




Dernière édition par Arizona J. O'Malley le Dim 28 Fév - 16:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Sam 20 Fév - 12:05



Fifty shades of Sadness

FT. ARIZONA J. O'MALLEY


 
 
 


Les talons claquent sur le sol humide sans une seule fausse note. Les talons claquent, se rapprochent, en rythme et à en déduire par le son, bien aiguisés. Sa main était encore posée contre le mur rugueux mais son corps lui avait glissé, s’était affaissé pour mieux sentir les vibrations causées par les talons sur le sol. La vue brouillée, à n’en pas douter il avait véritablement été sonné. A quelques mètres de sa carcasse, les deux singes se noyaient dans leurs rires gutturaux, mais ils n’en étaient qu’au début, il le savait bien, ils ne se contenteraient pas d’une simple paluche appliquée contre un mur. En temps normal, le Wolfgang se serait redressé, prêt à riposter, mais ce serait faire trop d’honneur et de plaisir à ce père qu’il n’avait envie de laisser se complaire. Les talons claquent sur le sol humide, sans une seule fausse note, et son cœur se met alors à bondir dans sa poitrine. Car cela faisait longtemps qu’il n’avait pas entendu ce son si singulier, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas deviné la démarche féline d’une femme de la Haute. Cela faisait même une éternité à ses yeux, lui, qui avait changé, probablement pour le pire et non le meilleur, mais tout de même, changé. Lui qui n’arborait plus ces costumes impeccables, ces chemises d’un blanc immaculé sauf par les plaies béantes de son dos, et ces boutons de manchettes à en faire pâlir le plus miteux des sans-factions. Oh qu’il était loin ce temps-là où il baignait dans les dorures d’une salle de bain de luxe, et où le sang se mélangeait aux joints du carrelage immédiatement lavé et balayé de la souillure dès le lendemain venu. Pourtant, en entendant ces talons l’ancien érudit sentit ses muscles se crisper, à l’idée de voir une silhouette trop familière, droit devant lui venir se poser. L’un de ses fantômes du passé qu’il avait laissé derrière lui, et que depuis longtemps il avait noyé dans l’oubli. Ne fût alors que cette voix qui retentit, non pas l’un de ses fantômes de l’oubli, mais bel et bien de ceux que l’on aurait voulu voir mieux. A travers sa vue brouillée il savait, que les talons qui claquaient, étaient ceux de la petite fille qui jadis rêvait.

Les effets de la surprise se lisèrent sur son visage, tandis que la démarche féline n’était plus porteur de mauvais présage. Bien au contraire, il savait à présent que dans la gorge des gorilles il resterait un goût amer. Un fin sourire apparut sur ses lèvres, venant étirer ses traits qui étaient jusqu’à lors défaits. La porte de sortie pour un être ravi, il sut en voyant l’homme en noir arriver vers lui, qu’il allait finalement se tirer d’ici. Prenant appui sur l’épaule du bon gorille, gardien de la silhouette qui le valait bien, Gray se redressa enfin sur ses deux jambes et d’un clin d’œil avisé, il toisa les silhouettes de ses deux ennemis périmés. A la revoyure les amis, cette nuit il se tirait d’ici !

A quelques pas finalement la féline se dessine. Un long manteau noir pour la répartie, une chevelure dorée pour les impressionner et les talons pour imposer sa volonté. Grand Dieu mais où était passée celle qui rêvait par le passé ? L’homme en noir depuis longtemps s’était évaporé, retourné à sa place derrière sa bienaimée. D’un œil la vue était soudainement rouge, faute au liquide carmin qui s’échappait sans relâche, de cette plaie saignante qui ne faisait que le picoter. Et dans le silence de la nuit noire, le Wolfgang entendit son prénom retentir. Surprise se lut sur ses traits, mais déjà vers la voiture on le poussait. A la revoyure les amis, cette nuit il se tirait d’ici ! Veste en cuir sur les épaules, habillé à l’image du parfait citoyen moyen, à mi-chemin entre le fraternel et l’audacieux, il ne put retenir un énième élan de surprise en constatant la limousine d’un noir brillant. Ce luxe depuis longtemps il l’avait oublié. La portière s’ouvrit à l’arrière où on l’invitait à grimper, mais il ne put s’empêcher de se retourner, à l’image de la féline qu’il pensait connaître si bien. La provocation vint résonner jusqu’à ses oreilles comme la plus douce des mélodies, mais en son sein l’angoisse grandit. Venait-elle vraiment de jouer avec le feu avec P’ ? Non elle n’avait pas osée ? En un battement de cils, en lui, le doute aurait dû s’installer, mais non jamais elle ne pourrait être de mèche avec P’. Au loin l’ombre des gorilles disparut, et face à ce silence il se retrouva incongru. Quel drôle de soirée pour quelqu’un qui n’espérait pas croiser l’un de ses fantômes du passé. L’un de ceux que l’on aurait voulu connaître mieux. L’un de ceux qui aurait pu être tellement plus s’il n’avait pas décidé un jour de faire basculer la balance de leurs rêves. Leurs espérances. Grand Dieu, mais où était passée celle qui rêvait avec lui par le passé ?

Son regard croisa le sien au moment où elle extirpait une serviette du mini bar, lui sagement installé dans les sièges en cuir de la limousine. De nouvelles questions vinrent alors traverser son esprit, quelle aurait été sa vie s’il n’avait pas décidé de fuir ? Probablement à l’image de celle de ses aînés, fade, triste et manipulée. D’une main, il vint caresser l’accoudoir qui avait été abaissé, d’un cuir parfait il s’agissait à n’en pas douter. Pendant son inspection, il ne put retenir son échine de trembler face à un frisson qui venait de s’immiscer à l’intérieur de son être. Lentement il sentit, la serviette du mini bar venir s’appliquer sur sa tempe souillée. Les yeux baissés, Gray ne put retenir un sourire de venir étirer ses traits à l’interrogation de la jeune femme, tant d’années s’étaient écoulées.

« C’est Gray. Mais je pense que tu le savais déjà. ». Sa main vint doucement attraper celle de la féline qui s’appliquait à faire disparaître le sang, si douce comparée à la sienne à présent abîmée par les années. Elle avait percé à jour sa couverture, il ne serait même pas étonnant qu’elle sache tout de sa vie maintenant. Comment elle avait su ? Il n’était pas vraiment certain de vouloir le savoir. « La question serait plutôt… Comment toi, as-tu su que je serais là, Ivy ? ». Si elle avait mis à mal sa couverture, ce second prénom donné en guise de véritable identité à l’époque, lui jamais n’avait percé la sienne. Elle avait un terrain d’avance, une marge immense quand lui ne savait rien, pas même son véritable prénom.  

La voiture errait dans les longues allées bordées de vies malgré ce temps hivernal. Des longues allées qu’il avait souvent empruntées à pieds, mais pas dans sa jeunesse, non, il les avait empruntées bien plus tard, à l’image de ce soir. Un soupir s’échappa doucement de ses lèvres, comme si le poids sur ses épaules venait de s’abaisser, ou peut-être n’était ce que celui du silence qui creusait entre eux deux ce mur invisible. Un mur creusé par les ans. La Faction avant le sang, c’était ce qu’ils disaient, mais ils ne partageaient pas le même sang, non, juste des rêves, des idéaux, qu’ils avaient un jour évoqué entre deux journées de leurs Enfers personnels. La voir ainsi ne fit que remuer des éléments du passé qu’il avait sans le vouloir oublier pour mieux avancer. Maintenant qu’elle lui faisait face, le divergent ne pouvait véritablement s’empêcher de penser, ce qu’il serait advenu d’eux s’il était resté. Alors les prunelles sombres se posèrent sur les silhouettes singulières placées à l’avant, toutes deux habillées de ces costumes qu’il jugeait indécents. Qu’il serait étrange de sentir aujourd’hui, le fin tissu de luxe venir effleurer sa peau toujours meurtrie. A cette pensée un nouveau sourire naquit, tandis que les ténébreuses venaient trouver leurs semblables, plus claires, plus ternes. Le temps laissait sur eux ses marques, mais il voyait en ces prunelles celle qu’il avait toujours connu. Au fond il aurait voulu lui dire qu’elle aurait dû partir, mais il ne la connaissait pas autant qu’il espérait la connaître. Elle-même avait une longueur d’avance sur lui. Ce fut tel un écho dans la nuit, tel un écho à la question précédente, qu’il brisa à son tour le silence.

« Pourquoi es-tu restée ? ».

Ici, entre terre et mer. Entre paradis et enfer. Pourquoi diable es-tu restée quand nous avons tous deux un jour rêvé ? Pourquoi diable as-tu craché, sur ce que nous nous étions prédestinés ? Grand Dieu, ô oui dis-moi, mais où est passée celle qui rêvait avec moi ?
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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Mar 23 Fév - 18:30


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Et le silence doucement me berce, me délivre ses folles promesses et me fait oublier durant un bref instant ce cœur que je sais en détresse. Mes yeux pers se rivent en leurs jumeaux obscurcis par ces ténèbres, qui inlassablement nous pourchassent tandis que l'ombre engloutit les derniers éclats de vie en cette nuit aux vœux funèbres. Le contact de ta peau plus rude que la mienne me surprend, me laissant comprendre que le chemin que tu as choisi t'avais autant meurtri que ce père monstrueux qui avait fait de toi son invincible sergent. Petit soldat à l'âme troublée par l'impiété de ses serments, tu avais pourtant réussi à déserter ton régiment et au travers d'une course effrénée, délaissé tes intarissables tourments. Je te dévisage, m'interroge sur cet homme que tu prétends être à présent, ce Gray qui m'attend patiemment à cet étrange croisement où nos âmes se rejoignent enfin comme au commencement. Je te retrouve en ce sourire que tu me délivres et qui me renvoie en ce délirant espoir qui entre mes mains soudainement expire. Je ne parviens plus à rire ni même à ressentir. Abandonnée une nouvelle fois par ce frère qu'à l'époque je savais inexistant, je me retrouve aujourd'hui paralysée en cette vie que sa folie a réduit à néant. Et malgré tout je continue d'avancer, de persévérer afin de m'empêcher de sombrer définitivement en cette mer aux damnés en laquelle il souhaite me noyer. Je poursuis cette œuvre que notre père nous a insidieusement légué et m'acharne à protéger ceux qui, contrairement à moi, peuvent encore être sauvés. Voilà ce que je t'aurais répondu si de cette Ivy que tu te surprends à appeler, il avait subsisté en mon âme quelque lambeaux imprégnés de sa troublante honnêteté. Seulement aujourd'hui, c'est Arizona qui se trouve face à toi et de la vérité, elle n'a retenu que les promesses que l'on se plaît à briser, créant ainsi à partir de ces fragments oubliés, de nouveaux serments qu'elle peut allègrement manipuler afin de moins te heurter. Dissimuler afin de ne pas blesser, voilà ce que je fais de mieux à présent. Égoïste, je veux te préserver du monstre en lequel j'ai été transformé et qui, à mesure qu'il aime, ne fait qu'empoisonner. C'est pour cette raison qu'il est parti et que jamais plus il ne reviendrait. Ne laissant rien transparaître du trouble qui ébranle tout mon être, je relâche la serviette que tu tiens entre tes mains, m'éloigne doucement et, une fois confortablement assise et le dos bien calé contre le dossier du siège, je t'avoue en un haussement d'épaule :

- On va dire que ton père n'est pas le seul à avoir le monopole de la surveillance à Chicago. Je sais avoir des yeux un peu partout lorsque le sujet me semble intéressant.

Un haussement de sourcil et un fin sourire à moitié provoquant vient ponctuer ma phrase, ajoutant la touche finale à ce rôle que je joue depuis si longtemps et dont le poids peu à peu m'écrase. Tu es l'un des rares à qui je ne souhaite mentir, néanmoins, je ne peux faire autrement. Cette limousine n'est pas un lieu propice aux grandes révélations et je suis loin de vouloir m'aventurer immédiatement en un terrain aussi glissant. Je répondrais à tes interrogations uniquement lorsque je nous saurais en sécurité, toutefois, avant d'arriver à mon appartement, je devais trouver le moyen de te rendre moins voyant aux yeux des passants. M'emparant d'une tablette reliée au téléphone du chauffeur, je lui indique de faire un détour jusqu'à un magasin pour homme et d'aller y récupérer un costume à ta taille. Ce dernier s'exécute et tandis que le véhicule est enfin à l'arrêt, tu te décides à rompre le silence pesant qui nous afflige. C'est ainsi que brusquement je m'éteins en mon mouvement et immédiatement me fige. Et alors que ta candeur réclame avec douceur cette sincérité qu'en cet instant ma peur muselle avec fureur, je te réponds avec froideur :

- Sans doute pour les mêmes raisons qui t'ont poussé à fuir.

Je n'ajoute rien d'autre, me contentant de te dévisager pendant que la portière arrière s'ouvre une nouvelle fois, laissant ainsi apparaître mon chauffeur et le costume que j'ai fait mettre de côté par mesure de précaution.

- Enfile ça, tu en auras besoin si jamais tu décides de m'accompagner.

La limousine se remet en route, nous enterrant à chaque mètre qu'elle parcourt un peu plus en ce cimetière que mes mains avaient creusé et en lequel mon amertume nous avait violemment inhumé. Oui, je détruis tout ce que mes doigts ont le malheur d'effleurer et mes craintes m'emmurent en cet enfer qui me parait bien plus rassurant que ce paradis qui s'étend au-dessus de ma tête de son air faussement familier. Je continue alors de ravager toutes ces lumières qui m'ont pendant trop longtemps aveuglé, camouflant à ma vue le véritable danger que mon cœur ne saurait plus nommer, me détournant de cette lueur que je ne peux supporter et sur laquelle je rêve de cracher. Ivy n'est plus et Arizona n'est qu'une silhouette faite d'ombre et de fumée au travers de laquelle, aucun rêve ne peut se réfugier. Et je cherche, oui, je cherche une raison d'exister mais rien en cette terre ne semble pouvoir me contenter ni même à la raison me ramener, alors j'agis par automatisme afin de ne pas définitivement sombrer. Le voiture s'arrête définitivement, je comprends alors que nous sommes finalement arrivés. Je te scrute un instant, m'interrogeant sur celui que tu es devenu et le choix que tu t'apprêtes à faire puis, d'une voix calme, je t'offre les différentes possibilités qui composent chacune une variante de ta destinée :

- Tu as un choix à faire et celui-ci est extrêmement simple. Soit tu restes à l'intérieur de cette voiture et mon chauffeur te déposera là où tu souhaites aller, tu retourneras alors à ta vie de fraternel tourmenté en ayant la joie de définitivement m'oublier. Soit tu viens avec moi en cet immeuble et je répondrais à toutes ces questions qui te hantent depuis le jour où l'on s'est rencontré. Tu vois? Le choix est simple. La fuite ou la vérité.

Je te laisse alors le temps de la réflexion et sors du véhicule pendant qu'à mesure que je patiente, les questions fusent en mon esprit. Tu es parti une première fois alors qu'est-ce qui t'empêcherait de le faire une seconde fois. À l'image du vent, nul ne sait où ta fougue peut te mener ni en quelles édifiantes contrées ta folie te pousse à t'embourber. Téméraire, tu braves inlassablement cette autorité qui depuis longtemps t'a répudié et entre les mains de la mort t'a froidement placé. Alors oui, aujourd'hui je me demande bien jusqu'où ce Gray que personne ne peut contrôler peut bien vouloir aller.



Dernière édition par Arizona J. O'Malley le Dim 28 Fév - 16:45, édité 1 fois
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Gray J. Wolfgang

❖ Date de naissance : 08/10/1989
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❖ Profession : Bras droit des Sans Faction, membre actif de la résistance - Ex Barman au Harvest et rat de laboratoire pour le compte de Moira Rosenbach.
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❖ Forces & Faiblesses : Tolérance face à la douleur - Techniques de combats à mains nues - Manipule plutôt bien les lames, il les préfère aux armes à feu - Sa plus grande faiblesse réside maintenant dans le fait que le Conseil connait sa Divergence - A des cauchemars récurrents sur son enfance - Garde un oeil constant sur ses aînés et les O'Malley.
❖ Philosophie : Season two l I'm gonna shoot you down. - Season one l Count only on yourself, otherwise you'll just die, victim of treason
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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Sam 27 Fév - 10:34



Fifty shades of Sadness

FT. ARIZONA J. O'MALLEY


 
 
 


Quels sont les maux qui te rongent, dis-moi ? Que font les ténèbres dans ces azurines qui se surprenaient à rêver autrefois ? Elles n’y ont pas leur place. Pourquoi ne les chasses-tu donc pas ? Quels sont les maux qui te rongent, dis-moi, pour t’avoir poussé à rester ici, l’endroit même où tout n’était pour toi, comme pour moi, que l’unique raison de notre trépas ?

La limousine avançait lentement et le temps lui semblait s’être arrêté. Le monde extérieur, bruyant en ces rues animées malgré l’hiver qui les damnaient, ne parvenait pas jusqu’à l’intérieur de l’habitacle, ou à peine. En sourdine. Sa main libre caressait le cuir noir qui lui paraissait même encore plus doux que la propre cuirasse de sa peau. Le luxe était quelque chose de bien étrange, quelque chose qu’il n’avait jamais réellement compris, simple matériel abstrait dans son esprit, lui, l’ancien rêveur qui préférait croire aux sentiments plutôt qu’aux dorures et autres fioritures. Gosse de riche, il l’était pourtant, l’avait été pendant de nombreuses années et en avait même joué. Que restait-il de ce gosse de riche à présent ? Probablement aucune trace, ou peut-être quelques rares mauvaises habitudes conservées pour une éducation reçue complètement décalée. Sans doute était-ce pour cela qu’ils s’étaient immédiatement compris. Sans doute était-ce pour cela que leurs vies s’étaient croisées pour mieux se séparer, et enfin, se retrouver. L’image qu’il apercevait d’elle, qu’elle lui rendait était celle d’une femme forte, indépendante, sachant pertinemment ce qu’elle voulait, ou non. Mais il y avait également cette déchirure dans ce regard, ces prunelles alarmantes qui se posaient longuement dans les siennes. Ils étaient tels deux animaux qui apprenaient à se reconnaître et s’apprivoiser en même temps, jaugeant l’autre pour savoir s’il passerait du stade ennemi ou bien ami. Il aurait voulu mettre les mots sur ce fléau qui paraissait l’abattre et l’élever en même temps. Si bien souvent l’on disait qu’il disposait d’une aura mystérieuse autour de lui, il en voyait la même autour de la jeune femme qu’elle était devenue. Ils n’avaient plus rien à voir avec ces enfants qui rêvaient, autrefois, la tête perdue dans les nuages, espérant un jour meilleur. Un avenir choisi, bien à eux. Gray sentit sa poitrine se serrer face à ce constat, car bien qu’ils ne se soient cherchés pendant tout ce temps, il ne l’avait pas oubliée.

La serviette fut rapidement posée une fois qu’il fut assuré que son hémoglobine ne dégringolerait plus le long de son visage. A certains endroits le sang avait séché mais la majorité des traces avait disparu grâce à Ivy. Un bref instant suffit à ce qu’il tourne la tête pour observer au-dehors ceux qu’il côtoyait la majeure partie du temps lorsqu’il se promenait en ces lieux, mais son attention se reporta bien vite sur les courbes féminines à ses côtés, et le silence en fut rompu. Car la question ne pouvait pas ne pas être posée, il s’y risquait. Il fallait dire que la jolie blonde avait débarqué de nulle part, pile au bon moment. La nonchalance qui émanait soudain de ce mouvement d’épaules laissa le divergent légèrement perplexe, mais il n’en montra rien, se contentant de garder les yeux rivés sur elle. Il fallait dire que des deux, celle qui brillait le plus était bel et bien elle, pas lui, qui arborait des vêtements ternis. La réflexion eut le don de faire hérisser ses poils à la mention de ce dénominatif qu’il détestait tant.

« Il n’est pas mon père, rien que mon géniteur. Je ne partage avec lui que la même lueur sinistre et violente dans mes prunelles. Elles sont aussi sombres que les miennes. ». C’était un fait avéré. « Je suis ravi de voir que tu me considères comme un sujet intéressant. ». Un fin sourire étira à nouveau ses lèvres tandis qu’il hochait la tête pour observer à nouveau à l’extérieur. « Ton timing était parfait. ».

Voilà donc à quoi ils en étaient réduits pour l’instant ? Des jeux de sourires et des remarques mesurées mais toutefois sincères ? Gray ne mentait pas. Pas cette fois. Imaginer qu’elle puisse déjà tout connaître de lui était en soi un certain soulagement. Ne persistait entre eux que ce mystère qui planait au-dessus de sa tête blonde impeccablement habillée. Il ne voyait pas un monstre, et ne le verrait sans doute jamais puisqu’il n’était pas loin d’en être un également. Ils n’étaient le reflet que de ce que l’on avait fait d’eux. Formatés, éduqués pour mieux terrasser. Le fraternel avait compris avec le temps, et seulement depuis quelques semaines seulement que son monde était loin d’être aussi libéré qu’il le pensait, l’ombre de P’ planait constamment au-dessus de sa nuque, peu enclin à laisser son traître de fils tenter quoi que ce soit. Car si Gray s’était enfui, il avait emmené avec lui ce honteux secret qui pourrait tout compromettre, ou non. Avec le temps, ça aussi il pensait l’avoir compris, jamais justice ne serait faite convenablement, pas tant que P’ serait haut placé. Ne s’étaient alors révélés au grand jour que deux options possibles : sa mort, ou la sienne. Seulement alors la liberté leur serait acquise, à eux, fils et filles d’un fou, et dont la folie n’avait d’égal que son égo lui-même. Perdu dans ses songes, il ne vit qu’à demi-mesure la jeune femme attraper la tablette et donner un ordre au chauffeur, ce monde de servitude était bien loin derrière lui, et en  y réfléchissant, si P’ avait eu des bonnes à tout faire c’était très probablement au travail. Chez eux, il n’y avait qu’eux. Le véhicule se mit à l’arrêt, si doucement que le divergent ne sentit qu’ils s’étaient arrêtés. Le silence était retombé entre eux, pendant ce temps, mais comme poussé par une envie soudaine de comprendre, la question s’évapora dans les airs, à l’instant même où il reposait ses ténèbres sur elle.

Sans doute les même raisons qui t’ont poussé à fuir.La froideur dans ses mots, cet élan d’obscurité dans ses billes claires il le revit encore, ne faisant qu’accentuer ses doutes. Qu’avait-il bien pu se passer pour qu’elle ne devienne cette ombre d’elle-même, à certains moments. En cet instant, le fraternel sentit son cœur faire une embardée, car il ne comprenait que trop bien la triste vérité. « Tu n’as pas eu d’autre choix… ». Fin murmure dans le silence de la voiture, tandis que la porte arrière s’ouvrait à la volée, offrant une réaction épidermique au jeune homme qui dévisagea en un éclair l’homme se pencher. Sans avoir le temps de dire ouf, Gray se retrouva avec un costume flambant neuf sur les genoux, confortablement protégé par un plastique transparent. Il n’en avait pas vu de tel depuis un très long moment et il devait coûter une petite fortune. Les paroles d’Arizona se firent mystère, une nouvelle fois, tandis que la limousine redémarrait en direction des beaux quartiers. « Es-tu vraiment certaine de vouloir revoir Graham ? ». Simple question lancée à voix haute mais qui n’attendait pas véritablement de réponse. Il comprit le but de la manœuvre au moment-même où les mots avaient franchi le seuil de ses lèvres.

Ses doigts libérèrent le fin tissu de leur protection. Lentement il en effleura les coutures, ramené soudainement des années en arrière, se rappelant de la blancheur maculée de ce liquide carmin qui était le sien. La violence de ses propres ténèbres vint se faire éclat dans ces prunelles assombris alors que ses mains ne cessaient d’analyser le costume sombre. Gray était devenu un homme, brisé certes, mais un homme tout de même, et il n’avait jamais eu le loisir de contempler ce qu’il aurait pu être s’il était resté. Serait-il devenu un être aussi méprisable que son paternel ? Un parfait assassin aux allures d’ange ténébreux ? Un parfait menteur, manipulateur et faussement gentleman ? Il aurait pu le jeter, ce costume, purement et simplement pour tout ce qu’il représentait, mais intérieurement une voix lui susurrait qu’il n’y avait aucun danger derrière cela. Il faisait confiance à celle qui ne rêvait plus. Ainsi, il laissa tomber la veste en cuir, amie de sa nouvelle vie, rapidement suivie par le T-shirt sombre. D’un geste calculé, il fit également tomber les chaussures, puis le pantalon, sans la moindre gêne. Bientôt, il attrapait la chemise blanche entre ses doigts, en silence, et l’enfilait comme une vieille habitude. Dire qu’il n’était pas ébranlé serait mentir, au fond il était anxieux à l’idée de porter à nouveau ce genre de vêtement. Il la boutonna presque jusqu’en haut, car il n’y avait qu’un détail qu’il ne porterait pas : la cravate. Pour finir, Gray referma la veste de costume et serra sa boucle de ceinture. Il termina la manœuvre juste avant que la limousine ne s’arrête définitivement. Alors sa voix se mit une nouvelle fois à résonner dans l’habitacle fermé, tel un écho lointain du passé qui le rattrapait ce soir. Dans ses mots, il sentit cette aura mystérieuse, mais également cet élan de ténèbres qu’il ne comprenait encore. S’il avait su, s’il avait pu, il aurait fait le rapprochement. S’il avait su, qu’inlassablement le Destin ne cessait de le lier à cette famille particulière, il aurait véritablement cru que Mère Nature ne faisait rien au hasard. Il en était déjà intimement persuadé, mais ce doute se serait confirmé. S’il savait qu’il avait face à lui une O’Malley. S’il avait su, s’il avait pu. Et en elle il lut toute la mélancolie de leur condition et de leur exclusion, lui exilé, elle qui était restée. Il l’observa descendre de cette voiture, sous probablement toute ses coutures, jusqu’à ce que la portière ne se referme sur ce choix à faire.

Les secondes s’écoulèrent, lentes, longues, probablement une véritable torture pour la silhouette féminine qui attendait là-dehors. La fuite ou la vérité. Un choix des plus simples. Qu’est-ce qui le retenait de prendre la fuite et d’ignorer ce monde dans lequel il avait été immergé pendant tant d’années ? La fuite ou la vérité. Non, ce n’était pas ce qu’il cherchait. Gray était cet homme brisé que l’on ne parvenait toutefois à terrasser. Quand bien même on le mutile ou le blesse, il ne baissait jamais les yeux face à de pareilles bassesses. Empli de démons et de résolutions, il sut au moment même où elle sortit de la voiture que son choix était le bon. Nul ne sait combien de temps s’écoula avant que finalement la portière ne s’ouvre, que les chaussures lustrées d’un noir de jais ne se posent sur le sol, foulant la terre de son passé qu’il avait à maintes reprises voulu oublier.

Es-tu vraiment certaine de vouloir revoir Graham ? Ou ne cherches-tu qu’à voir celui que j’aurais pu devenir si j’étais resté ? Quelle est l’image qu’il te renvoie, lui, qui franchit le seuil de ta limousine pour venir se poser à tes côtés ? Cet homme aux traits brisés, habillé de mille parures, celle que tu lui as fait enfiler. Mais quels sont ces maux qui te rongent, dis-moi ? Que font les ténèbres dans ces azurines qui se surprenaient à rêver autrefois ? Elles n’y ont pas leur place. Pourquoi ne les chasses-tu donc pas ?

Et dans un souffle, alors qu’il lève les yeux vers l’immense modernité de sa « maisonnée », les prunelles sombres s’attardent sur leurs semblables. Puis en un sourire, il te glisse : « Il faudra dire à ton chauffeur que je tiens à  récupérer ma veste en cuir. »
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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Lun 29 Fév - 14:18


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- Et pourquoi pas? Après tout, c'est lui que je pensais retrouver.

Mi-provocante mi-amusée, je t'adresse cette légère pique plus pour m'aider à me détacher de cette étrange situation que pour te blesser. Je n'en ai ni la force ni la volonté et j'ose espérer que jamais tu ne te mettras à douter de ma loyauté. Le regard vissé à la fenêtre, j'observe inlassablement ce monde qui tout autour de nous s'agite tandis que tranquillement tu t'apprêtes. D'un œil fatigué, je les regarde faire, vivre à toute allure, ces êtres qui inconsciemment nous encerclent et qui profitent de chaque instant avec cette insouciance qui nous manque tant, pendant qu'à l'intérieur de cette voiture, le temps semble s'écouler bien plus lentement, comme si l'univers lui-même souhaitait nous faire prisonnier de ce singulier moment. S'ils savaient ce que nous savons, continueraient-ils à dormir si paisiblement sur leurs deux oreilles? Vaine question qui inlassablement vient marteler mon esprit de sa morne litanie lors de mes rares instants de répit et dont la réponse sombrera à jamais en l'abîme de nos éternels non-dits. C'est alors que la limousine s'arrête et que je t'abandonne avec ce choix qui fut également le mien autrefois. Et si le temps me paru atrocement long à l'intérieur du véhicule, une fois à l'extérieur, celui-ci me semble tout simplement interminable. Alors j'attends, perdue entre deux œillades. J'attends, pendant que mon esprit au loin divague. Dans les limbes de nos souvenirs, je recherche nos lointains éclats de rire qui aujourd'hui ne nous sont plus audibles et que les ombres ont su habillement pervertir. Au travers d'un soupire s'égare nos doucereux délires et, pour je ne sais quelle raison, je me surprends à me demander si un jour nous pourrons véritablement nous reconstruire. Pouvons-nous réellement avancer malgré ce passé qui empiète irrémédiablement sur notre présent et qui, du bout du pied, vient entacher cet avenir que nos espoirs commencent seulement à esquisser? Comment se serait déroulé ma vie si, moi aussi, j'avais choisi de tout oublier? Est-ce là l'unique solution que tu as trouvé pour en réchapper? Effacer jusqu'aux traits de ceux qui t'ont un jour aimer et gommer d'une main déterminée les silhouettes de ceux que tu as choisi de tout bonnement abandonner. C'est ce que j'ai voulu faire lorsque moi aussi je m'en suis allée. Partir sans même me retourner. Partir et à jamais bannir de cette mémoire ceux qui en tout temps ont cherché à me faire chuter. Seulement, une fois entre les bras de cette vie qu'il m'a sournoisement dissimulé, je n'ai pu fermer les yeux sur les nombreuses vérités qu'elle m'a confié. C'est alors que je me suis retournée pour les contempler, toutes ces merveilles qui m'éblouissaient comme elles m'épouvantaient. Je les ai admirés pour finalement les aimer et de cet amour inconditionnel est née celle que tu n'aurais jamais soupçonné. Soudain, la portière s'ouvre enfin et un nouveau soupire vient franchir le seuil de mes lèvres. Soulagée, mon visage s'éclaire et en une fraction de seconde, ton sourire parvient à dissiper ces ténèbres qui constamment m'encerclent. Te dévisageant un instant, je te réponds tout en commençant à avancer jusqu'à l'immeuble :

- Ne t'en fais pas, le cuir c'est pas trop son truc et puis, de toi à moi, je pense qu'il est bien conscient que cette veste ne lui ira jamais aussi bien qu'à toi.

C'est en silence que je te guide en cette tour de verre, gravissant ensemble le mont de mon obscur univers, puis passant à tes côtés les différentes sécurités, nous franchissons les portes de mon royaume fait de cristal à la nitescence immaculée qui, à la nuit tombée, s'imprègne de cette myriade d'ombres qui tentent rageusement de l'assiéger. D'ici je surveille cette ville qui entre mes mains tranquillement sommeille tandis que mes yeux pers veillent sur elle d'une fermeté sans pareil. Souveraine, je m'élance en l'appartement, me remémorant à chacun de mes pas cette erreur que j'ai déjà commis une première fois et que je réitère ce soir avec toi. En mon antre je l'ai fait entrer, me livrant à lui comme jamais je ne l'ai un jour envisagé. Aveuglée par ces chimères que sa divine présence avait le pouvoir de ressusciter, je lui ai permis de lire en mon cœur lorsque ses mains broyaient déjà mon âme sans la moindre pudeur. Et la vie brusquement en moi s'est arrêtée de circuler, pétrifiée par la folie de cette moitié à laquelle le ciel m'a depuis toujours rattaché, j'ai senti la mort tendrement m'enlacer pendant qu'en moi sa haine déversait l'horreur et la terreur. Et je les vois, nos ombres qui sans relâche encore aujourd'hui s'affrontent, s'opposent et dans l'obscurité de ce salon qu'il a ravagé se mettent soudainement à danser. Oh oui, grand Dieu je les vois, ces spectres laissés par sa mortifiante absence qui me réclament avec insistance lorsque je dépose le regard en cette table basse que j'ai fait remplacer. Plus rien ici ne laisse présager ce qui a bien pu se passer en cette amère soirée, seuls les souvenirs qui en ma mémoire resteront éternellement gravés, viennent de temps à autre me hanter à mesure que je tente désespérément d'oublier ce frère qui n'a jamais su m'aimer. Je prends alors place, t'invitant à faire de même d'un geste de la main :

- Il est grand temps de mettre les choses au clair.

Croisant les jambes, je t'observe te mettre à ton aise avant de déchirer le voile de cette vérité que tu es venu chercher :

- Si tu es ici c'est parce que tu as des questions et que j'en détiens les réponses. Si tu es ici, c'est également parce que tu es différent. Toute ta vie, on a essayé de faire de toi quelque chose que tu n'es pas. Aujourd'hui encore, en acceptant de porter ce costume, tu te retrouves à endosser le rôle de cet autre qui te dévisage constamment et que tu méprises tant. À qui la faute? À ces autres qui s'acharnent à te briser pour mieux te modeler ou à toi qui, malgré les années, ne parviens toujours pas à imposer ta volonté ?

Je t'analyse, m'imprégnant du moindre de tes faits et gestes tout en conservant cette pointe de fierté en mes iris à l'acier dénaturé par cette édifiante réalité qui, au travers de mes mots, vient à grandes chevauchées te rattraper :

- Tu es né Graham Jaden Wolfgang, m'a apprivoisé en tant que Jaden et a fuit en devenant Gray. Tu penses qu'entre ces multiples identités se dressent des hommes différents. Seulement, ce que tu ne comprends pas, c'est que toutes ces facettes que tu fais miroiter à ce monde pourrissant, ne sont que d'infimes aspects du divergent que tu es véritablement. Je ne suis pas la seule à être au courant et ils feront tout pour retourner contre toi cette force que tu considères comme une faiblesse.

La surprise s'empare de tes traits et je te laisse le temps de digérer le premier de mes méfaits. L'entends-tu cette obscure litanie qui résonne jusqu'aux plus profondes de nos mornes abîmes? Prisonnier des sables du temps, elle nous réclame et nous annonce que nous ne pouvons revenir en arrière, car ce que notre sang a fait, seul notre sang peut le défaire.



Dernière édition par Arizona J. O'Malley le Mer 2 Mar - 14:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Mar 1 Mar - 20:20



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Et pourquoi pas ? Remonter le temps en étant différent. Et pourquoi pas ? Entrer dans la peau d’un autre, de cet autre qui avait presque toujours subi en silence. Et pourquoi pas ? Sentir le tissu luxueux glisser sa peau comme l’on enfilerait un masque, désireux de disparaître derrière des traits depuis longtemps disparus. Jeu dangereux. Jeu malicieux. Pourquoi pas ?

La portière s’ouvre sur un autre homme. Il est toujours brisé, au fond, mais sur ses traits rien ne se voit. Il avance lentement jusqu’à la jeune femme qu’elle est devenue, fantôme du passé qu’il avait choisi de ne pas oublier, là où il aurait pu fuir. Le choix, il l’avait fait, sans réellement chercher cette vérité qu’elle se plaisait à vouloir lui conter. Il ne demandait rien, mais ne pouvait nier non plus cette pointe de curiosité qui torturait son esprit. Si vite retrouvée, il ne pouvait décemment pas la laissée, elle sans qui il aurait été encore plus abîmé. Lentement il arrive, vêtu de soie et de cette « cuirasse » qui a tout d’un autre, et étrangement tout de Graham, ou de même de Jaden. Ce dernier était le rêveur, celui qui avait accepté de s’éloigner des sombres pensées, de l’horreur du temps présent lorsqu’ils n’étaient encore que des enfants. Graham était quelque part entre la violence et l’intelligence, là où Gray voguait entre raison et déraison. Indolence et détermination. Il n’avait pas pris la peine de croiser son reflet dans la vitre teintée de la limousine qui reprenait sa route, sentant au fond de lui qu’il souhaitait garder la surprise de se voir ainsi vêtu. Maintenant sept longues années qu’il les avait quitté, ces costumes. De quoi pouvait-il bien avoir l’air ? Dans la poche de son pantalon, la fameuse cravate, fin tissu qui enserrait les cous telle une laisse, c’était probablement l’une des raisons pour lesquelles il les avait toujours détestées. Marque de soumission, subtil point de tension. Malgré ces songes, un sourire se glisse pourtant sur son visage, étirant ses lèvres et éclairant ses prunelles sombres d’un nouvel éclat tandis que, malicieux, il s’assure que sa veste en cuir ne sera pas perdue dans les méandres d’une ruelle délabrée. Il y tient beaucoup trop. D’un simple battement de cil, Gray avait lu le soulagement sur les traits de sa sauveuse au moment où sa silhouette avait quitté le divin véhicule. Enfin elle semblait s’ouvrir, s’épanouir un tant soit peu. Un bout d’Ivy qui remontait à la surface comme l’on remontait le temps et les aiguilles d’une montre.

Sans crier gare elle redémarre, silhouette féline au milieu des astres que représentent les buildings environnants. Jamais il ne s’était enfoncé si loin dans le quartier érudit, du moins pas depuis une éternité. Et il se souvient alors que jamais il n’avait véritablement eu à loisir d’observer les richesses de cette faction d’origine, lui, capitonné la majeure partie du temps dans un appartement de luxe, prison dorée duquel il ne pouvait s’échapper qu’à moments donnés. Alors la remarque d’Arizona vient chatouiller ses tympans, et ne souhaitant nullement garder le silence, le fraternel se rapproche et la rattrape sans mal, nouveau sourire au coin des lèvres.

« Deuxième compliment de la soirée, je devrais sans doute me mettre à rougir. Que dirait Monsieur Wolfgang Senior s’il apprenait qu’une érudite appréciait les vestes en cuir ? ». Provocation que P’ aurait mal pris, à n’en pas douter une seule seconde, ce qui faisait d’autant rire Gray qui accepta enfin de lever le masque de dureté qu’il avait enfilé jusque-là. Simplement heureux de la retrouver, avec ses maux et ses défauts. Ils en avaient tous, surtout lui. Sûrement était-ce là l’une des raisons pour lesquelles ils s’entendaient si bien, même sept ans après, alors que la vie leur en faisait toujours baver.

En vérité, le compliment l’avait sincèrement touché, mais il ne l’avoua qu’à demi-mots, suivant son guide entre les géants de verre, purs bijoux de construction. Puis enfin elle se dresse, la haute tour, le royaume d’une ancienne rêveuse, à l’image de tout érudit qui se respecte et se parjure dans le luxe sans jamais vouloir en redescendre. La nuit est tombée depuis plusieurs heures maintenant, quand ils franchissent les différents portiques de sécurité. Intérieurement le Wolfgang comprend la raison de ce « déguisement », il passe inaperçu. Lorsque la porte finit par s’ouvrir, il franchit doucement le seuil dans un silence quasi religieux et devant lui s’étend alors l’immensité de Chicago qui se reflète dans la grande baie vitrée qui orne tout son salon. A cet instant, Gray est comme hypnotisé par les lumières qui luisent, viennent s’éclater en milles étoiles dans ses prunelles assombries par les ténèbres. Chicago est magnifique vu d’ici, à en oublier le temps qui passe. Il se sent soudainement ramené en arrière, une nouvelle fois, alors qu’il observait avec les yeux émerveillés d’un enfant ces lucioles qui ne fanaient jamais. Qui étaient présentes, chaque soir. Réconfortantes. La respiration lente, le divergent se sent happé par ces lueurs pendant bien deux bonnes minutes. Deux minutes pendant lesquelles on pourrait presque lire en son âme tout ce qui le trouble et fait de lui ce qu’il est. Aux yeux du monde il était différent, vendu comme une menace ou encore un traître, peu reconnaissant de tout ce que les érudits lui ont offert. Intérieurement, tout n’est qu’une mélancolique symphonie sinueuse qui se heurte aux murs de son âme, changeant au besoin de la situation à laquelle il fait face. Habile serpent qui tente de survivre, loup carnassier.

Il ignore les affres de la violence qui ont souillé le sol de ce riche appartement. Il ignore que la table basse qu’il se met à fixer a été brisée quelques jours plus tôt. Et il ignore qu’Il était ici, lui aussi, mais pas pour les mêmes raisons qui l’amènent aujourd’hui. Il ne sait rien du lien qui les unie, les déchire, lui ne connaît que l’image d’un passé terni, il ne connait qu’Ivy. Pourtant il aurait pu reconnaître ces billes claires qui ont le don de transpercer les âmes pour mieux venir les chercher. Il aurait dû être capable de les reconnaître, profondément semblables. Profondément mélancoliques, à leur manière. Il ne reconnaît que le son typique d’un canapé en cuir qui s’affaisse sous le poids d’un corps humain, et tout aussi lentement, comme décalées du temps, ses prunelles sombres passent de la table basse à la silhouette féminine qui l’invite déjà à s’asseoir. Ces dernières quitte un instant le doré de ses cheveux et le bleu de ses yeux pour venir se perdre à nouveau sur l’étendue lumineuse que lui offre la baie vitrée. Une image floue vient brouiller le parfait reflet d’une ville à semi endormie. Une ville qui souffre et s’autodétruit. Là, perdue au milieu de ces lucioles, erre un géant stoïque qui n’a plus rien à voir avec le jeune garçon renfermé qui se crispait pour ne rien montrer. Là, au beau milieu, celui qu’il voyait d’ordinaire dans le miroir. Seule la barbe de trois jours venait trahir son envie de liberté. D’échappatoire. Graham le scrutait de ces ténèbres qui voulaient tout dire, et il aurait presque pu jurer qu’il se moquait de lui. Lèvres pincées, Gray chassa l’image floue et s’avança pour enfin s’asseoir dans les douceurs du canapé, invité dans ce luxe dont il avait perdu l’habitude mais qui se mariait si bien avec sa tenue du soir. Toujours rendu muet, le divergent vient reposer ses ébènes sur la silhouette féminine, aises prises quand son bras vint trouver le dossier du canapé, main sagement posée. S’il voulait il aurait pu en effleurer la nuque de celle qui était restée. Il écoutait. La vérité allait être annoncée.

Les mots s’imprègnent, dans son cœur, son âme. Et s’il ne sait comment elle est parvenue à être au courant, s’il sait qu’il aurait dû frémir à l’idée que quelqu’un puisse si facilement tout savoir de lui, lui qui s’était caché sous l’identité de Jaden à l’époque, il n’en est pourtant rien. Les seules expressions qui passent sont bien ancrées dans ces billes noires qui scrutent inlassablement la jeune femme, l’air sérieux. Au fond de lui, Gray reste ébranlé, surtout à l’idée que d’autres puissent connaître la vérité. Surtout Lui. Joe avait deviné mais elle était sa sœur, ce n’était pas… Pareil. Salem savait, depuis le début, à l’instant même où il avait déboulé dans cette ruelle mal odorante. Elle savait. Sans s’en rendre réellement compte, le divergent venait de froncer les sourcils, simplement soucieux, nullement mauvais.

« Comment tu sais ? ».

Le rideau tombe, soudainement, lentement, à mesure que les prunelles s’abaissent au sol et se relèvent pour venir trouver les siennes.

« Comment tout le monde peut toujours tout savoir sur mon compte, là où moi-même ai-je toujours mis un point d’honneur à ne strictement rien révéler. Jamais. ». Il sait qu’il peut jouer carte sur table avec elle, il sait qu’elle ne le trahirait pas, pour une raison qui le dépassait totalement il avait toujours cru en elle, quand bien même il se cache derrière un deuxième prénom.

Instantanément il retombe dans le silence, scrutant, analysant celle qui rêvait avec lui autrefois. Cet autre qui connaissait tout, là où lui ne savait rien. Lentement un sourire revient se dessiner sur ses traits, et son front se détend. « Et toi ? Est-ce qu’il t’arrive de vouloir user d’une double identité ? Tu n’avais pas d’autre choix que de rester, je l’ai compris à l’instant même où tu m’as renvoyé la balle. Tu es restée parce que dans tes trippes tu savais que c’était ce que tu devais faire, coûte que coûte, peu importe le sacrifice. Mais pourquoi ? ». Il marque un temps d’arrêt. « Pourquoi es-tu restée ? ».  

Et pourquoi pas ?
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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Mer 2 Mar - 14:15


I look and stare so deep in your eyes
❝Got me Hoping you'll save me right now || Feat Gray J. Wolfgang & Arizona J. O'Malley❞




- Sans doute qu'il a laissé le plus admirable de ses atouts lui filer entre les doigts ou alors que je n'ai aucun goût vu sa mauvaise foi.

Léger rire qui s'échappe de ma gorge étranglée par ces responsabilités qui me musellent depuis toutes ces années, me rendant ainsi compte que malgré cette distance qui nous a brutalement séparée, notre complicité est restée intacte et que rien ne pourra véritablement l'ébranler. Seulement, nous avons changé et je sais qu'aujourd'hui tu devras dire adieu à celle qui, à tes, côtés repeignait d'or et d'argent le plus sublime de tes cieux. Plus je m'embourbe en cet appartement que derrière moi tu parcours silencieux, plus je sens se rapprocher la potence dressée par nos bien nébuleux aveux. L'entends-tu ce cœur qui, contre la mort continu à se battre, lorsque rien ici-bas ne vient ébranler les traits figés de cette pauvre poupée d'albâtre? Ne fais pas de moi cette autre en laquelle tu crois déjà. Prends cette image et de tes deux mains broie là tant qu'elle gît encore agonisante entre tes doigts. Et alors que je dois t'éloigner de moi, je ne fais que te rapprocher encore un peu plus de celle qui d'ici quelques instants t'emplira d'effroi. À la fontaine du savoir je me suis abreuvé pour mieux t'épouvanter, mon ascension m'a fait pousser les portes de ceux que nul ne doit défier et, de mes mains criminelles, j'ai dérobé cette lumière que tes yeux désabusés ne pouvaient contempler au travers de cette obscurité en laquelle tu t'es délibérément emmuré. Sur cette terre que mes pieds ont frénétiquement foulé, je t'ai recherché afin de mieux les chasser, tous ces vieux démons qui avec sévérité nous avaient persécuté. Et lorsque de leur joug je pensais m'être enfin libéré, que de mon esprit je t'avais finalement congédié, c'est droit à toi que les dieux m'ont ramené. Ô toi qui es mon obscure reflet, comprends-tu maintenant à quel point nous sommes liés? Car ce n'est que pour mieux nous rassembler que l'illustre Destinée nous a si subitement séparé. Je surprends tes prunelles rêveuses et vagabondes glisser sur ce monde qui en dehors gronde et de toutes ces insolentes lumières nous inonde. Ne laisse donc pas cette pléiade d'artifice engourdir tes sens et emplir ton cœur de ses délicieux supplices car ici, seul subsiste le cadavre mis à nu de la vertu sur lequel vient danser le vice sans la moindre retenue. Tu m'interroges, la mine défaite de nos bien trop nombreux secrets, pendant que l'anxiété grave ses lignes en ce front qui se plisse à mesure que la peur de ton silence te déloge et en ton âme se glisse.

- Sans doute parce que la vérité finit toujours par éclater. Peu importe le soin qu'on prend à la dissimuler, le nombre de tombeau en laquelle on tente de l'enterrer, elle finit toujours par nous hanter avant d'être ressuscitée par des mains insoupçonnées.

Le muscles de ton visage se détendent et alors que tu tentes de me percer à jour, je me lève et me dirige jusqu'à la cuisine depuis laquelle j'extirpe une bouteille de tequila suivi de deux verres. Une dose de courage avant de s'élancer au front là où la guerre depuis sept ans fait déjà rage. Nous pensions pouvoir nous tenir loin de ces indomptables mirages qui en tout temps nous dévisagent. Toutefois, au loin se lève cet impétueux orage qui mugit comme il ravage. Et je suis fatiguée de te voir fuir et de devoir encore te mentir aussi, si je ne peux te dire toute la vérité, je t'offrirais alors ces fragments que tu es en droit de réclamer :

- Il y a des jours où je ne le sais plus moi-même. Tant et si bien que, je me dis parfois que je suis juste une putain de masochiste.

Je reviens alors auprès de toi et m'assieds sur le canapé, déposant verres et bouteille sur la table basse, emplissant les deux récipients de l'acidulé nectar qui dans quelques instants viendra embraser nos deux trachées. Je finis par ajouter en faisant glisser l'un des deux shot jusqu'à toi :

- J'ai passé tellement de temps à mentir aux autres et à moi-même que j'ai fini par en oublier comment tout a bien pu commencer. Je sais les secrets que tout le monde tait, entre mes mains la vérité devient une arme dont je me sers pour éjecter tout ce qui à mes yeux d'enfant capricieux déplaît.

Portant l'alcool à mes lèvres, j'en prends quelques gorgées avant de basculer ma tête en arrière, de fixer ce plafond d'un blanc immaculé en lequel vient se perdre la moindre de mes pensées :

- Je pensais qu'en chassant toutes ces ombres qui sévissent en notre monde, je ferais le bien et permettrais à la vie de retrouver un semblant d'équilibre. Je croyais servir la justice et lutter pour laisser éclater toutes ces voix qui sont restées étouffées par les monstres qui nous ont enfanté. J'étais pleine de bons sentiments et pourtant, vois ce que j'en ai fait. Je ne suis plus qu'une de ces ombres qui ment constamment et qui s'est elle-même laissée corrompre par ce mal qui en toute heure la ronge. J'ai tellement passé de temps auprès de ces géants que je m'amuse à faire tomber, que j'ai fini par devenir exactement comme eux.

Je fais alors doucement glisser mon regard en le tien, ancrant mes deux abîmes en lesquels luit ce fébrile éclat céruléen qui dangereusement se reflète en leurs jumeaux assassins :

- Je ne m'appelle pas Ivy mais Arizona. À me voir comme ça, l'on pourrait croire que je ne suis que l'une de ces nombreuses poules de luxe qui se pavanent sac Chanel en main en arpentant joyeusement Downtown. Seulement, lorsque je sombre entre les ruelles assourdissantes du centre-ville, ce n'est que pour aller m'enterrer d'un pas décidé entre les murs de la Willis Tower. Pourquoi me diras-tu? Tout simplement parce que je suis le bras droit de cette faction que tu détestes tant. Je suis devenue l'un des chiens de Moira et lorsqu'elle me siffle, dans la seconde j'accours et deviens son brave petit larbin inoffensif.

Je finis alors d'une traite mon verre, me redresse puis, le laissant choir entre mes mains suspendues dans le vide, buste en avant, j'ajoute avec froideur :

- J'ai vendu mon âme au Diable pour diner à sa table et lorsque viendra mon heure, je serais celle qui en sa coupe répandra le venin. Voilà pourquoi je suis restée, parce que j'ai choisi d'être le visage de sa fin et peu importe les crimes inscrit en mes mains, je ne regrette rien.

Et tu ne l'entends plus ce cœur qui contre toute attente à cessé de battre, car plus rien ici-bas ne parvient à ébranler les traits figés de cette pauvre poupée d'albâtre. Ne fais pas de moi cette autre en laquelle tu crois et oses placer ta foi. Non, prends cette image et de tes deux mains broie là tant qu'elle gît encore agonisante entre tes doigts. À la fontaine du savoir je me suis abreuvée pour mieux t'épouvanter et c'est en ce singulier enfer que j'ai décidé de m'emmurer car, je te l'ai dit, plus rien ne parvient à ranimer cette âme qui aux ténèbres toute entière s'est damnée.  

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Gray J. Wolfgang

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❖ Philosophie : Season two l I'm gonna shoot you down. - Season one l Count only on yourself, otherwise you'll just die, victim of treason
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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Mer 2 Mar - 20:22



Fifty shades of Sadness

FT. ARIZONA J. O'MALLEY







Les ténèbres se noient dans l’océan d’azur, se perdent dans les éclats de malice qui traversent ces prunelles claires comme de l’eau de roche. Il ne comprenait pas pourquoi tant de compliments à son égard. Est-ce qu’il était transformé à ce point en homme modèle pour obtenir pareilles louanges ? Son reflet dans la glace ne lui donnait pourtant pas cette impression de gentillesse et d’honneur. En silence il est venu s’asseoir à ses côtés, prenant ses aises avec une grâce qu’il ne se connaissait plus, qu’il avait oublié durant toutes ces années. Habitude qui revient au galop sans qu’il ne s’en rende même réellement compte. Lentement, ses yeux se déplacent, inspectent et tantôt se perdent dans l’immensité de cette mer de lumière que lui offre l’extérieur. Cet extérieur qu’il méprise autant qu’elle, ce monde qui les déteste pour être ce qu’ils sont.  Lentement il s’égare puis reporte son attention sur la chevelure dorée qu’il pourrait presque effleurer du bout des doigts. Les mots s’échappent, s’entrelacent, se font soupçonneux et dangereux. Pourtant hormis une légère tension rien ne se voit, si ce n’est ces sourcils qui se froncent à mesure qu’elle lui révèle des informations sur ce qu’il sait pertinemment être. La nervosité s’empare de son âme tel un fer rouge marquant la peau, mais il ne se laisse pas envahir par ce sentiment malsain. Il sait qu’elle n’est pas de ceux qui trahissent, le sent au plus profond de ses tripes, et c’est pour cette raison qu’il ose la défier du regard, replongeant ces ébènes qui savent aussi bien mentir que les laisser lire dans son for intérieur. Ce cœur qui saigne, fendu en deux et que certains essayent vainement de recoudre. Il ne se passe que très peu de temps silencieux avant que la question ne fuse finalement hors de ses lèvres, elle l’avait dit c’était l’heure des vérités, alors il s’interrogeait et l’interrogeait en retour. Comment pouvait-elle savoir tout ça ? Lui qui n’avait jamais rien dit. A personne.

« La vérité éclate seulement si certains ont accès à cette dernière. ». Ces paroles se veulent peut-être un peu plus assassinent que les précédentes, mais Gray ne cherche qu’à comprendre d’où vient la faille. Il y a un enjeu beaucoup trop important derrière. Il devait protéger sa sœur. Malgré tout, ses traits se détendent car il y a en définitive certaines vérités sur son compte qu’il voudrait apprendre.

Le jeu des identités, ils y ont tous les deux joués, mais le divergent l’ignore encore. Intérieurement, il pense avoir percé une brèche, faille qu’elle accepte de lui montrer. Le Destin les a séparé pour mieux les faire se retrouver, il y avait forcément une logique à cela. Tout avait toujours une logique implacable, intelligemment dissimulée pour que lorsque l’on s’en aperçoive il ne soit trop tard. La silhouette féminine se lève, et à mesure qu’elle se dirige dans la cuisine il peut remarquer à nouveau cette démarche féline et ces talons qui claquent. Alors il ne la quitte pas des yeux, son bras déployé sur le dossier du canapé revenant se plier pour lui permettre de passer une main dans ses cheveux d’un noir de jais, à l’image de ces prunelles qui luisent d’un drôle d’éclat. Les mots font mouche une nouvelle fois, mais appellent des explications plus précises. C’est donc à semi de profil, tête reposée dans la paume de sa main qu’il scrute à nouveau l’érudite venant tout juste de ramener deux verres et une bouteille de tequila. Il savait que l’alcool n’était jamais utilisé de façon anodine, lui qui en côtoyait tous les jours que Dieu faisait, au risque de rencontrer de pauvres âmes saoulées par tout ce qui se tramait autour d’eux. Des âmes se sentant impuissantes, méfiantes, cherchant à faire la différence mais qui n’ont en définitive comme réponse que la plus horrible des violences.

Le verre glisse sur la table de verre et vient s’arrêter devant cet homme habilement habillé. Un homme qu’il ne reconnait pas, ou que trop bien. Il sait qu’il ne résistera pas à l’envie de goûter à ce liquide translucide capable de faire taire chacun de vos sens, vous donnant le sentiment de les décupler. Invincible on se sentait, avec pareil délice. Mais l’heure n’est pas au geste brusque, l’heure est à l’écoute, et il se noyait dans ses paroles, ces fragments de vérité qu’elle acceptait de lui donner. En silence il écoute, muet et immobile telle une statue figée dans le marbre. Seules ses prunelles glissent entre ce visage et ces mains qui s’apprêtent à vider le contenu du shot au fond de sa gorge délicate. Délicate ? Gray n’était pas fou ni aveugle, il savait pertinemment que derrière ce masque de fierté se cachait une mélancolie certaine, mais également une force qu’elle ne soupçonnait peut-être même pas. Plus ils s’enfoncent dans les aveux, et plus il sent, intimement convaincu que leurs destins ne peuvent pas être écartés. Sur l’instant, le divergent était prêt à rétorquer, mais elle ne lui en laissa pas le temps, car déjà les azurines venaient se reposer dans ses ébènes, signe que la suite ne serait sûrement pas plaisante à entendre. Ce qu’il voulait dire mourût au bord de ses lèvres, balayé par le vent tel un simple grain de sable dans le désert d’Orient. Elle ne s’appelle pas Ivy, mais Arizona. Elle aussi a joué le jeu des identités, tout comme lui. Ce ne sont pas là les pires aveux. Le couperet tomba après, au moment même où la dénomination de bras droit s’évapora de ses lèvres fines. Le rideau venait de tomber.

Instinctivement, il se crispe, sent sa mâchoire comme sur le point de céder, mais au lieu de ça, au lieu de la contempler de ce semi air de rage qui s’insurge en son être, il se redresse, se penche juste assez pour venir attraper le verre de tequila qu’il vient avaler cul sec. L’alcool descend, réchauffe sa gorge, brûle son œsophage avec une impressionnante vivacité.

Tu n’es qu’une prisonnière ici-bas. Prisonnière de cette mission que tu t’es donnée, et je ne le comprends que trop bien. Ce besoin. Le sentiment de se perdre dans les mensonges et les jeux de dupes. Si tu te penses assassines, sache qu’il n’y a rien de plus qui me fascine. Et tu serais surprise de savoir toutes les atrocités que j’ai commises. Je ne vais pas m’arrêter, je ne compte pas m’arrêter alors je le sais. Tu n’es qu’une prisonnière ici-bas. Prisonnière de cette mission que tu t’es donnée, pour nous protéger, te protéger. Et dans ces silences que tu tais, ces identités que tu omets à force de trop en user, je commence à voir les traits de l’ultime vérité. Je ne place pas ma foi en toi car je suis avec toi. D’hier et d’aujourd’hui, il n’y a rien de ce que tu dis qui puisse troubler ma vie.

C’est dans ce silence qui tombe que d’une main il vient attraper la bouteille d’alcool pur pour mieux en déverser ses gouttes dans le verre qu’elle tient suspendu. D’un geste aiguisé, habitué, dans le sien il vient ensuite en déverser. Lentement les ébènes cherchent les éclairées, par le temps ternies, et lorsqu’il les fauche, ce n’est que pour mieux s’y perdre. Ses traits sont détendus quand bien même il n’approuve qu’elle se soit laissée emprisonnée dans ces affres de mensonges et d’insanités.

« Bon. Mauvais. Personne n’est l’un, personne n’est l’autre. Sans doute est-ce notre divergence qui nous pousse à souffrir ainsi, ou peut-être n’est-ce que les autres qui ne comprennent pas. ». Il y avait pourtant des exceptions. « Il n’y a à mon sens que des idéaux et des hommes, ou des femmes, prêts à écraser leur prochain pour arriver à leurs fins. On se fixe tous un but. Tu n’es ni bonne ni mauvaise Arizona.». Doucement un sourire étira ses lèvres, car il venait d’utiliser « notre » non « ma ». Alors il se rapproche, d’elle et de sa mélancolie. « Loin de moi l’idée de te dire que j’approuve. ». Vendre son âme au diable, un énième signe qui aurait pu le perturber, un signe qui ne trompait pas. « Je ne cautionne pas ce statut de bras droit, mais je m’en fous du nombre d’âmes que tu as dû souiller, et que tu vas souiller. Tu as fait ce choix-là, tout comme j’ai fait le mien sept ans auparavant, et ça ne change rien. ».  Il porte le verre à ses lèvres et en avale le contenu d’une traite. A nouveau. « Et de toi à moi… Je préfère Arizona. ». Gray sourit, de ce franc sourire qui ravage les cœurs. Sa main s’abaisse pour laisser le verre reposer sur la table basse et il vient à nouveau s’enfoncer dans le canapé, rapproché d’elle. Son bras vient retrouver sa place initiale et il ne cesse de scruter ses jumelles.

« On est ce qu’on est. Avec nos qualités et nos défauts. On ne peut demander à la blanche colombe de rester blanche toute sa vie. Il faut savoir voler de ses propres ailes, et c’est ce que tu as fait. Ne les laisse pas obscurcir ton jugement sur ce que tu penses faire de bon. ».

Cartes sur table. Encore.

Les affres de l’alcool enivrent ses sens et sans réellement s’en rendre compte, il s’est un peu plus rapproché. Doucement il sent sa tête basculer en arrière pour observer comme elle l’avait fait un peu plus tôt, ce plafond impeccable. Il ne danse ni ne vacille, quand bien même le poids sur ses épaules semble s’être considérablement allégé. Sa gorge en réclame encore, de ce liquide réconfortant mais pour l’instant il observe, en silence, ce blanc immaculé semblable à cet appartement de luxe qu’il n’avait jamais oublié.

Et si nos cœurs doivent s’arrêter de battre, qu’ils le fassent maintenant ou tambourinent à jamais.
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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Jeu 3 Mar - 16:42


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Comment peux-tu voir cette lumière en mes yeux lorsque moi-même je me suis détournée du plus auguste de nos cieux? Pourquoi me rassurer lorsque tout ce que tu as à faire est me détester? Ne le vois-tu donc pas, ce glaive qui trône patiemment en ta main et qui de son furieux râle me réclame ? Saisis-le et punis-moi ! Brise-moi et finis en avec celle qui au lieu d'être une est myriade à la fois. Je te l'ai dit, je suis épuisée et ce soir, je n'ai tout simplement plus la force de continuer. Alors si tu n'en finis pas avec moi, laisse-moi et surtout ne te retourne pas, ne m'oblige pas à contempler ce portrait que mes doigts vont dévaster une nouvelle fois. Ce soir alors que je pensais pouvoir être brave, voilà que grâce à lui, je me rends compte n'être qu'une simple lâche. Je n'ai pas eu la force de l'affronter et ai baissé les bras au premier obstacle rencontré quand j'ai passé ma vie entière à briller pour le contenter. Je l'ai forcé à s'en aller sans essayer de comprendre le mal qu'au travers moi il essayait si ardemment d'annihiler. Pourquoi? Parce qu'il est bien plus simple d'ignorer la vérité que de le contempler m'égorger de sa lame acérée. Alors oui, ce soir, je vais tout bonnement arrêter de lutter. Et les murs que j'ai érigés autour de cette forteresse qui contient mon cœur et sa purulente détresse sont en train de s'affaisser. Petit à petit, brique après brique, je les sens s'effriter sans même vouloir les consolider. Qu'ils cèdent si c'est ce qui doit arriver. Peut-être est-ce là ma punition pour avoir vainement tenté de me révolter. Je te laisse en ma coupe déverser le poison qui bientôt meurtrira ma raison et nourrira avec passion ma déraison. Elle n'est plus qu'une chaîne de plus qui me retient en cette prison qui lentement se désagrège et, je le sais, qu'il n'y a qu'en ses ruines que cessera mon insidieux manège. Je t'écoute, silencieuse, tandis que tu me dépeins le portrait de cet autre que je connais que trop bien mais qui, en cet instant, ne me dit étrangement plus rien. Je ne me reconnais plus, le sais-tu?

Loin de ce grand contrôle que j'ai toujours pensé avoir sur ma vie, je me retrouve à dériver en cet ailleurs qui me porte constamment malgré moi peu plus loin. Il y a des jours où mon esprit subitement sombre en ce tumultueux naufrage et c'est ainsi que brutalement je vogue d'une émotion à l'autre, espérant atteindre un quelconque rivage en lequel je laisserais échouer ma carcasse épuisée de toutes ces vagues qu'elle a avec hardiesse affronté. Mais rien, je ne trouve rien qu'une multitude de visages qui dans l'ombre de ces monstrueux récifs me dévisagent. Il y a des matins où tout va bien, où je pense pouvoir affronter le jour qui vient d'un air serein mais, je me trompe et fonce soudainement droit vers mon propre déclin. Et je ne comprends pas, non, je ne comprends pas pourquoi je réagis comme ça. Alors vois-tu, il y a des jours puis des soirs comme celui-là où je ne me reconnais tout simplement pas et, c'est exactement pour cette raison que tu n'as pas le droit de me dire que tu me préfères comme ça car, celle qu'en cet instant tu vois est tout sauf la véritable Arizona. Portant l'alcool à mes lèvres, je t'imite et te suis en ce cul sec qui embrase ma trachée et espère le voir rapidement emporter au loin ces résidus que, trop crédule, j'ose encore nommer rêve. Le sourire qui étirait tes lèvres quelques minutes plus tôt et qui avait réussi à me rassurer ne parvient désormais plus à m'ébranler. Et c'est dans ces effrayants instants que je me rends compte que c'est mon âme toute entière qui est anesthésiée, éternellement paralysée par ces chimères qui depuis cette fameuse nuit, une à une, ne font que s'évaporer. Grand Dieu mais que s'est-il véritablement passé? Salem, qu'as-tu bien pu briser en moi pour que, depuis, je ne puisse plus me relever? Sans que je m'en rende compte, nos deux corps mécaniquement se rapprochent et, ce n'est que lorsque je tourne la tête en ta direction, que je remarque à quel point tu es proche. Je passe alors délicatement une main sur ta joue, arpentant doucement ces traits que mes doigts ne connaissent plus et qui, tendrement, se réapproprient ce visage à l'allure à la fois plus mâture et plus sage.

- A-t-elle seulement un jour été blanche Gray?

Amère, je sens cette ancienne douleur lancinante tenter de se frayer un chemin en ce cœur qu'elle afflige en toute heure. Avant qu'à mes yeux les larmes ne montent, je fais alors volte-face, souriant comme à mon habitude en feignant d'être cette autre que je ne suis déjà plus. Dans un éclat rutilent, j'empoigne sèchement la bouteille et me sers un autre verre, mentant comme auparavant afin de dissimuler celle que je redoute tant. Cette faiblesse qui froidement gerce et lentement nous crève. Ironique, je t'avoue en riant :

- Oh bon sang, je viens de repenser à ce que tu as dit sur notre divergence. Tu te rends compte? Moi l'habile érudite et toi le vil divergent, tout deux assis l'un en face de l'autre. Je suis celle que le monde adule car je suis censée représenter l'admirable savoir, l'une des cinq vertus de l'Homme, quand toi, tu es celui que tout le monde hait alors qu'en ton cœur se rassemble l'humanité toute entière. Troublant paradoxe tu ne trouves pas?

T'ajoutant à mon tour quelques gouttes d'alcool en ton shot, je bois le mien à nouveau d'une traite avant de me reservir pour la troisième fois puis, venant à nouveau m'échouer à tes côtés, je t'observe avant de t'avouer :

- Le savoir est un pouvoir qui sans la vérité ne peut nous éclairer. Seulement, je crois que le monde ne veut pas de cette lumière, au lieu de ça, il préfère se vautrer dans ce noir qu'il connait si bien et qui le rassure de tous ses familiers cauchemars.

Je lève alors mon verre en ton nom, m'installe un peu plus confortablement, prends mes aises en ramenant mes jambes sur la partie libre du canapé et m'appuie finalement contre le dossier de ce dernier afin de pleinement te contempler :

- À notre société de merde et à la connerie humaine qui est au moins aussi infinie que l'immensité du ciel.

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Gray J. Wolfgang

❖ Date de naissance : 08/10/1989
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❖ Profession : Bras droit des Sans Faction, membre actif de la résistance - Ex Barman au Harvest et rat de laboratoire pour le compte de Moira Rosenbach.
❖ Faction : Divergent, Factionless - Anciennement Amity - Origines Erudites
❖ Forces & Faiblesses : Tolérance face à la douleur - Techniques de combats à mains nues - Manipule plutôt bien les lames, il les préfère aux armes à feu - Sa plus grande faiblesse réside maintenant dans le fait que le Conseil connait sa Divergence - A des cauchemars récurrents sur son enfance - Garde un oeil constant sur ses aînés et les O'Malley.
❖ Philosophie : Season two l I'm gonna shoot you down. - Season one l Count only on yourself, otherwise you'll just die, victim of treason
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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Ven 4 Mar - 15:18



Fifty shades of Sadness

FT. ARIZONA J. O'MALLEY







Il y a cet éclat dans tes yeux qui ne ment pas. Tu as juste oublié qu’il est là. Crois-moi je le vois. Cette lumière se cache derrière les barrières de ton âme torturée, et c’est au plus profond qu’il faut aller la chercher. Il y a cet éclat dans tes yeux qui ne ment pas, et je sais qu’au plus profond de toi il y a ce cœur qui bat et qui se bat. Tu as simplement oublié qu’il est là.

Lorsque la main glisse sur ses traits défaits et immobiles, il ne recule pas, aucun geste n’est fait. La fuite il ne la prendra pas. Et tandis que l’alcool se répand dans ses veines, Gray se rapproche inconsciemment de celle qui osait se comparer à une poule habillé en Chanel. Il ne voit rien de tout cela dans ces prunelles ici-bas. Il ne sent que cette mélancolie dans la caresse qu’elle lui impose sans qu’il ne s’y oppose. Mais que lui est-il donc arrivé ? Il sait le poids des érudits, il imagine le poids que son statut lui incombe, mais pourquoi se force-t-elle à sombrer lentement dans sa tombe ? C’est quelque chose qu’il ne peut tolérer ni même accepter, pas alors que le Destin les a fait se retrouver. Ses prunelles sombres ne cessent de l’observer, la toiser pour mieux tenter d’analyser, et il le voit cet éclat dans ses yeux. Il le voit de source sûre. Les mots s’étaient échappés de ses lèvres telles une douce et précise caresse, avec juste ce qu’il fallait de pointe de sécheresse, sans qu’il ne se montre pour autant plein de bassesses. Car l’alcool circule déjà dans ses veines, se répand, vil serpent pour mieux annihiler ses sens, lui qui devrait croire qu’ils n’en sont qu’accrus. Vulgaire mensonge qu’un barman ne saurait tolérer, tant il connait les méfaits des liquides qu’il a osé, et ose encore délivrer. Le divergent ne peut deviner le mal qui la ronge, ni même qui est la raison de ces maux qui dans le Styx la plonge. Tout ce qu’il sait, c’est que ses paroles sont vraies.

La main glisse et s’échappe, hors de portée, lui qui s’est pourtant rapproché. Il ne voit pas les larmes arriver aux abords de ses yeux qu’elle pense séchés. Il ne devine qu’une certaine contrariété. Elle doute, sur elle-même, sur ce qu’elle est. Elle ne sait plus, complètement perdue, et elle s’enivre. Il n’y a nulle pitié dans le regard de Gray qui continue de la scruter, au moindre geste, de ces ténébreuses qui jonglent entre différentes identités. Le sourire qu’elle lui envoie, nullement ne le dupe, il ne connait que trop bien ce genre de sourire forcé que tout le monde pourrait boire. Mais pas lui. Pas lui qui sait l’art de la manipulation. Non pas qu’il ne pourrait être dupé, loin de là, mais il connait les tics et les manies de celui qui essaye de cacher le plus profond de son être. Son état d’âme. Silencieusement, le fraternel sait, qu’il ne peut rétorquer, puisque déjà la bouteille s’effrite entre ses mains de porcelaine et déverse en son verre les affres d’une nouvelle sensation brûlante qui ne tardera pas à la prendre à la gorge. Dans ce silence hellénistique résonne alors le doux éclat d’un rire franc, avant qu’elle ne reprenne ses mélodieux chants. Alors lentement un sourire s’étire sur le visage du divergent, celui que tout le monde hait là où l’érudite est adulée par son intelligence et son savoir. Vertu de l’Homme, vertu de l’ultime pouvoir. Intérieurement pourtant il ne se trompe ou ne répond. Son sourire et l’éclat dans ses prunelles sombres, légèrement voilées par l’alcool qui se répand ne trompe pas.

Ce n’est qu’en fin maître du silence qu’il l’observe se servir à nouveau après avoir bu d’une traite le contenu de verre de cristal. Il l’observe déverser le liquide dans son propre shot puis s’installer confortablement dans le canapé, lui se penche finalement en avant pour attraper ledit verre et le lève à son tour vers elle.

« A notre société de merde et nos statuts qui divergent. ».

Il avale le contenu d’une traite, pour la énième fois, sent la brûlure déchirer sa gorge et la rassurer. Ses sens s’envolent et ses prunelles se posent vers le plafond pour la seconde fois tandis qu’il se laisse retomber contre le dossier du canapé, toujours plus proche. Il passe sa langue sur sa lèvre inférieure, l’air songeur, avant de tourner la tête vers celle qui a pris ses aises sur ce doux canapé de cuir. Cette colombe qui pense avoir toujours été grise, salie par les horreurs de l’Humanité elle-même. Abusée, souillée, trompée, par cette connerie humaine pour qui elle a levé son verre. Et il ne sait quoi répondre à tout cela, il sait combien sa divergence est un problème pour cette société, ce gouvernement pour qui elle travaille. Malgré tout, il ne parvient à être en colère, ni même à lui en vouloir. Il ne cautionne pas mais ce n’est pas pour autant qu’il lui en tient rigueur, elle ne fait que se protéger, elle, et les autres. Eux. Tout ceci sonne tellement comme ce que Salem lui a conté que ça aurait dû en être perturbant. Intérieurement, le son de cloche résonnait, mais Gray ne pouvait décemment s’en apercevoir, perdu dans les affres de souvenirs trop lourds et dans les vagues de la tequila dont la houle commençait à faire vaciller ce fameux plafond. A l’extérieur, les lucioles se mettent à tanguer tandis que la chaleur semble imploser son corps de l’intérieur. C’est alors en regardant par la baie vitrée qu’il rompt le silence qui s’était une nouvelle fois imposé.

« Ils ne nous accepteront jamais. Tu le sais. ». Ce n’est que la triste vérité, et doucement, les prunelles auparavant fascinées par tant de lumière, à demi voilées, viennent enfin se plonger à corps perdu dans leurs jumelles que la vie a attristées.

Ne le vois-tu pas cet éclat dans tes yeux ? Ceux qui font de nous ces pauvres malheureux autrefois à la recherche d’un monde merveilleux. Ne le vois-tu pas cet éclat de rire qui attise et attire comme le plus tendre des satyres ? Je t’en supplie garde moi quand le monde te rejette. Aime-moi avant que ton cœur ne s’éjecte. Serre-moi si tu sens qu’à l’intérieur tout ce que tu es te débecte. Car il n’y a pas pareil éclat que celui que je vois dans tes prunelles ici-bas.

Alors le temps se fige et le silence se glisse, sur leurs traits défaits. L’espace-temps lui-même marque un arrêt. En lui se lisent tous les méfaits de la mélancolie, nul ne peut le nier. Il a ce même éclat qu’en elle, elle oublia. De côté il se tourne, sans rompre le contact qui veut tout dire, les aspire en même temps qu’il l’admire. Il sait qu’il ne peut revenir en arrière quand le temps vient de briser les dernières barrières. Est-ce l’alcool qui enivre ou ce cœur fendu en deux qui bat et le fait souffrir ? Nul ne le sait. La main abîmée vient trouver la peau délicate et fraîchement parfumée de cette poupée de marbre qu’elle pense être devenue. A l’image de son prédécesseur, il analyse, découvre les profondeurs, cherche la moindre peur qui l’anime et la hante. Les traits fins se découvrent d’une main tandis que l’autre vient dégager une mèche rebelle de ce visage d’albâtre dont il ne peut plus se détacher. Chicago toute entière vient d’arrêter de respirer. Dans cette nuit noire, alors qu’ils s’exprimaient à demi-mots leurs désespoirs, il n’était plus question de faire appel aux Moires. Nul ne se pencherait sur leur salut, et nul Destin ne se rassasierait de leurs chagrins. En cet instant il sent ce besoin inavouable et viscéral commencer à l’emmener dans cette spirale qu’il devine infernale. Nul besoin de le cacher puisqu’en son océan d’azur il est déjà venu s’échouer.

A mesure que son visage s’est rapproché, il ne pouvait plus douter. Aucun geste de recul n’est fait. La fuite il ne la prendra pas. Ce n’est que lorsque Chicago se remet à respirer que le mal est fait, en ce baiser échangé que sans crier gare il est venu chercher.  

Il y a cet éclat dans tes yeux qui ne ment pas. Tu as juste oublié qu’il est là. Crois-moi je le vois. Cette lumière se cache derrière les barrières de ton âme torturée, et c’est au plus profond qu’il faut aller la chercher. Il y a cet éclat dans tes yeux qui ne ment pas, et je sais qu’au plus profond de toi il y a ce cœur qui bat et qui se bat. Tu as simplement oublié qu’il est là. Je t’en supplie garde moi quand le monde te rejette. Aime-moi avant que ton cœur ne s’éjecte. Serre-moi si tu sens qu’à l’intérieur tout ce que tu es te débecte. Car il n’y a pas pareil éclat que celui que je vois dans tes prunelles ici-bas.
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Arizona J. O'Malley

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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Mar 8 Mar - 18:39


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Tes mots en mon esprit viennent trouver leur effroyable écho, et alors que mes déserts de glace en lesquels s'agite le morne hiver qui jamais ne se lasse embrasent l'obscurité qui devant nous se prélasse, ce vide que je ressens depuis des semaines ne fait que violemment s'accentuer. Non, j'aurais beau essayer, avec assiduité prier les plus redoutables déités, rien ne pourra ranimer cette âme que toute vie à abandonner. C'est alors qu'en un haussement d'épaule résigné, pour la première fois, je capitule face à cette société qui m'indiffère autant qu'elle peut m'écœurer en cette singulière soirée.

- Pour ce que ça change.

Suivant le mouvement de ton visage, je te laisse sonder mon cœur en ce regard échangé et te laisse admirer les ruines que mon passé a si brillamment dévasté. Et si tes iris plongeant en les miennes te semblent ternes et voilées, sache qu'elles ne sont que le reflet de cette misérable que tu t'efforces de sauver. Ne vois-tu donc pas? Elles sont là, ces limbes qui ne demandent qu'à nous dévorer, voraces, jamais elles nous laisseront leurs échapper. Pourquoi t'acharnes-tu alors qu'elles ont déjà gagné il y a de ça sept longues années? Fronçant brièvement les sourcils, je me surprends à douter de mes propres paroles. Qu'est-ce que je suis en train de raconter? Comment puis-je aussi facilement abandonner? Mais qui es-tu, toi que je ne reconnais plus? Et de nouveau, je me retrouve perdue en cet amas diffus d'émotion qui me parasite à mon insu, rendant mon esprit à chaque fois encore un peu plus confus. Je m'égare au travers des méandres de mes dissonantes pensées pendant que sans un bruit, tu viens délicatement m'embrasser sans que je ne puisse véritablement te repousser. Résonne, entêtante mélodie qui envoûte et enivre pendant que mon cœur dérive puis chavire. Vibre, délirante cacophonie qui délivre avec force ces quelques notes d'harmonie que le ciel unit puis désunit en mon monde rythmé par les tintements de mon obscure disharmonie. Libère, puissant accords qui se fait maître de nos corps tandis que par ta simple volonté nos ombres s'affrontent puis se confondent en nos âmes que tu couvres d'or. Éclate, illustre grâce qui sublime mon univers tombé en disgrâce et qui s'effondre à mesure que le temps passe puis terrasse tous les vestiges issus de mon orgueil avide et vorace. Rugis, aliénante symphonie qui vise droit nos cœurs maudits, de son chant qui exalte nos âmes à la perdition elle nous condamne, tandis que de ce plaisir interdit naît le plus insidieux de mes délits. Peu importe le souffre de l'auguste Ordalie, à tes côtés je me fais déplorable impie et me laisse simplement consumer par le brasier de mes envies.

Égoïste, je m'accroche à tes lèvres qui déversent en moi la fièvre alors que déjà, à mes yeux plus rien ici-bas n'existe. La ressens-tu, cette furieuse envie de vivre qui me grise comme elle me tétanise lorsque avec langueur je m'éteins en un sulfureux soupire? Ma main droite moulée contre ta nuque, durant un bref instant je doute et romps cette étreinte qui m'appelle à mesure que je la redoute et que mes craintes intérieurement me persécutent. Glissant mon autre main sur ton torse tout en déposant mon front contre le tien, je recherche un moyen de fuir ces démons qui sournoisement m'encerclent et de leur air mesquin me réclameront au petit matin. Mais vois-tu, je ne suis qu'une égoïste et puisque plus rien à mes yeux n'existe, rien que pour cette nuit, je fais de toi mon merveilleux illusionniste. Du feu à la glace et de la glace au feu, sur mes genoux altière je me dresse, m'empare de cette joue qu'avec ferveur je caresse et m'accapare cette bouche solitaire que je fais en cet instant de volupté ma tendre prisonnière. Peu importe la moralité et les conventions qu'en tout temps j'ai respecté, tu es la seule âme qui puisse me délivrer de cette prison en laquelle le devoir m'a cantonné. Mes lèvres contre les tiennes par à-coup se font offrandes, de leurs étreintes irraisonné jaillit cette ardeur que jamais tu n'as soupçonné et alors que nos corps avec dévotion violemment se rapprochent puis s'enlacent, l'ange que tu as connu laisse place à ce démon que le ciel avec rage réprimande. Nos deux souffles, étincelles de vie, divinement s'entremêlent pendant qu'avec fougue je te repousse contre le dossier du canapé et t'observe de cet éclat scandaleux qui damnerait le plus saint de tous les pieux. Impétueuse amazone aux azurs luxurieux, d'un geste je remonte légèrement ma mini-jupe, prends place sur tes cuisses devenu trône de mes plus somptueux caprices, laisse mes mains s'égarer contre ce torse qui se bombe avec hardiesse puis, engouffre mes doigts fins et délicats entre les espaces laissés libre par les boutons de cette chemise qui avec sévérité t'oppresse.

- Et maintenant, montre-moi le véritable Graham.

Que je te souffle avec langueur, te fixant profondément de mes yeux salvateurs, avant d'empoigner les deux pans de tissu et d'éventrer d'un coup sec et brutal la pièce à présent fichue car ici, nous pouvons enfin abandonner nos peurs et nous défaire de toutes ces voix qui rugissent depuis les profondeurs. Mes opalines te scrutent et t'envisagent, à mesure que mes mains de ton buste jusqu'à ton visage qu'à présent elles encadrent, aventureuses, elles t'apprivoisent et que ma bouche enchante comme elle profane, cette volonté qu'en un assaut elle muselle alors que le temps autour de nous doucement se fane. Avide, je fais tomber ta veste contre le carrelage livide. Nos deux corps tanguent et oscillent au travers du vaste néant en lequel l'on se prélasse follement, suivant les impétueux mouvements insufflés par cette passion qui se déverse à tout notre sang. Oh oui, la voilà qu'elle rugit, l'aliénante symphonie qui vise droit nos cœurs maudits et ressuscite en nos âmes de son chant les plaisirs interdits qui deviennent nos plus insidieux délits. Elle résonne, l'entêtante mélodie qui m'envoûte et m'enivre pendant que mon cœur dérive puis chavire. Et elle vibre, la délirante harmonie qui avec force me délivre de l'odieuse cacophonie que le ciel, par jalousie, unit puis désunit en mon monde qu'il rythme de son obscure disharmonie. Alors que nos ombres s'affrontent puis se confondent en nos âmes à présent recouvertes d'or, je recherche encore cet éclat qui m'extirpera d'entre les morts.


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❖ Multicomptes : Envy D. Carter & J. Ryder Storm - G.H. Nolan Wheeler & Gabriel A. Blackwood
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❖ Faction : Divergent, Factionless - Anciennement Amity - Origines Erudites
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MessageSujet: Re: GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18) Dim 13 Mar - 18:38



Fifty shades of Sadness

FT. ARIZONA J. O'MALLEY







Tu le cherches, cet éclat que tu ne voudrais voir briller que pour toi. Tu le cherches cet Autre qui courbait l’échine autrefois. Cet inconnu qui te scrute ici-bas et dont, de pair, tu essayes de percer les mystères. En ce regard, lentement tu t’accroches, à l’image de mon âme qui entre en collision avec la tienne, se cantonne puis fusionne. Tu le sais, à ce souffle partagé que bientôt les choses changeront à tout jamais. Tu le cherches, cet éclat que tu ne voudrais voir briller que pour toi. Prends-garde à celui que tu choisis, car tu risquerais de ne pouvoir t’en défaire cette nuit.

Ses lèvres se collent aux siennes avec une langueur démesurée. Il sent les effluves de l’alcool courir et nourrir ses veines, commencer à tronquer cette image de la réalité qu’il pensait assurée. Les doutes se dissipent et virevoltent, lentement ils se révoltent à l’idée que cette nuit tout puisse n’être qu’oubli. Il la sent, cette main délicate à la poigne de fer, venir glisser contre sa nuque, offrant à son corps un frisson qu’il n’aurait pas pensé ressentir. Il la sent, cette seconde, qui en silence se pose sur cette poitrine qui se baisse et s’abaisse au rythme de sa respiration qui lentement s’accélère. Il a beau tenter de se raisonner, il sait qu’il ne peut le nier. L’envie est là, tapie au fond de lui. L’envie n’est pas lasse, de vouloir la découvrir. Mais elle s’éloigne pendant que le doute l’assaille, maintient le peu de distance qui leur reste, analysant chacun de ses gestes, front contre le sien, peau contre peau. Tu sais pertinemment qu’il est déjà trop tard, tu vas commettre cet écart, ranger cette mélancolie au placard. Il est déjà trop tard. Fuis tes démons, car cette envie est la meilleure des perditions. Leurs corps se font proches sans encore se toucher, et ce n’est qu’au bout de quelques secondes qu’enfin il se sent être accaparé. Sur ses genoux, la féline se redresse, quand tout autour d’eux tangue d’ivresse. La main sur sa joue se fait possessive, ultime signe qu’ils vont partir tout droit à la dérive. Qu’à cela ne tienne, il va là où le vent le mène, et si ce soir il doit se damner, il le fera volontiers.

Cette tour de verre le ramène bien des années en arrière, les lumières au-dehors dansaient également, là où à l’intérieur tout n’était question que de rompre le temps. Rien ne le perturbe, cependant, car il s’agit ici d’un moment hors de l’espace-temps. Oubliés les instants passés, il n’avait plus rien à voir avec ce supplicié. En son sein l’orage gronde, alors que ses azurs en lui l’inondent. Torrent intérieur qui jamais ne se meurt, il sait depuis plusieurs minutes que les méandres de l’Enfer font d’eux leurs imparfaits. S’il couvre leurs âmes d’or, cette ardeur qu’elle lui offre en est le trésor. Vestige sacré d’un être qu’il n’aurait jamais soupçonné. Si en lui la surprise se meurt, ce n’est que pour son plus grand bonheur. Vil tentatrice, de ses lèvres dont elle se fait l’impératrice, Gray le sent et le sait, il n’en reviendra jamais. Avec hardiesse il lui répond, à tous ces baisers qui les entraînent dans cette superbe perdition. Ses mains la cherchent et ce corps qui est sien se rapproche, s’empresse, à l’image de ces doigts qui, dans sa chevelure dorée en viennent à se perdre. Entre deux souffles il la redescend, cette main, destinée à d’autres desseins. Il la désire, elle, jusqu’au petit matin, mais jamais il ne soupçonne cette lionne qui en elle résonne. L’écho de la sauvagerie qui sort d’outre-tombe, comme pour mieux lui rappeler qu’elle n’est plus cette jeune femme qui un jour a rêvé. Ils sont différents, maintenant, ont affronté le temps, les gens. Emmurés dans leurs cages dorées on a voulu les y voir, mais même enfermés dans le noir ils ont réussi à trouver le goût de l’espoir. Si aujourd’hui, elle semble l’avoir perdu, Gray le sait, il compte bien combler cet élan disparu.

Il voudrait tirer, sur cette chevelue dorée. L’attirer, l’emprisonner pour à jamais la garder. Mais le temps disparait là où la fougue apparait. Repoussé contre le dossier du canapé, ses paupières closes se rouvrent.Ne le vois-tu pas cet éclat ? Il est là. Regarde-le, renaître de ses cendres, s’insinuer avec aisance dans ces pupilles plongées dans l’obscurité. Regarde-le bien, cet éclat, car c’est de par tes gestes qu’il se révélera. Gray la scrute, droit dans ces prunelles où tout chancelle. De ses yeux il ne peut se détacher, car déjà son esprit s’est envolé. Il se perd dans ces eaux bleues qui se font violence et envieuses. Le désir qui les grisent tous les deux, il le sent, très clairement. Immobile et silencieux, il la laisse le surplomber, passer ses jambes de chaque côtés pour mieux venir l’immobiliser tout entier. En un éclair ses prunelles se détachent, juste le temps pour lui de repérer ce qui doit l’être, cette mini-jupe qu’en douceur elle relève, juste assez pour ne pas la déchirer. Cet éclat qui traversent leurs yeux leur est identique, à tous les deux. Les mains du supposé fraternel sont restées posées sur le doux cuir du canapé, car patient il attend. Il sait que ce moment est déterminant. En ces jumelles voisines il devine qu’Arizona n’en restera pas là. Cela se sent à ces doigts qui l’effleurent, stoppés dans leurs ardeurs par le fin tissu de cette chemise blanche. Cela se sent par le biais de ce feu, qui prend consistance dans ses yeux bleus. Puis finalement les voilà, ces mêmes doigts qui s’insèrent à l’image de vipères. Par les interstices, il le sait, tout ceci n’est que l’image de son caprice. Dans le silence de la pièce les mots s’élèvent, salvateurs. Le défi deviné est enfin lancé. Car c’est cet éclat qu’elle cherche ici-bas. Un fin sourire lentement se dessine, à mesure que les ébènes s’abaissent et se redressent, se rivant dans leurs semblables opposées, dans lesquelles il avait vu cet éclat de ténèbres se dessiner.

Les boutons craquent et explosent, d’un coup sec leur monde implose. Ce n’est que lorsque leurs lèvres se touchent à nouveau qu’enfin il libère l’animal en sommeil. Qu’on le lui interdise, car il pourrait bien la garder sous son emprise. Son souffle se mélange au sien avec une voracité jamais exprimée. Du dossier son dos s’extirpe, lui permettant de venir retirer le premier d’une longue série. Au sol la veste se glisse, mais déjà l’animal s’agite. D’un geste mesuré ses mains viennent la trouver. Pernicieuses elles viennent trouver le chemin de ces courbes qu’à chaque nouvelle minute il désire davantage. Sans demander de permission, elles soulèvent le pan de tissu coincé à sa taille et langoureusement elles glissent le long de sa colonne vertébrale. Haut qu’il soulève, puis rabaisse, usant déjà d’un jeu dangereux. Son corps se rapproche du sien, le cherche et l’oppresse au rythme de ces baisers échangés dont il ne peut se séparer. Il réclame ce qu’elle est venue chercher. Lorsque les sournoises arrivent jusqu’à sa nuque, l’une y reste pour mieux remonter dans cette chevelure dorée tandis que l’autre reprend le chemin inverse. Elle redescend si lentement que la jeune femme ne peut deviner où en sera la chute. Lui le sait, quand avec langueur il vient mordre cette lèvre inférieure. Sa main, elle, descend constamment, jusqu’à la limite de son séant. Alors à cet instant ses paupières se rouvrent pour mieux la dévisager, analyser chaque réaction. Lentement il tire sur cette lèvre inférieure, véritable objet de désir, quand de ses doigts perdus entre ces mèches rebelles il l’oblige à pencher la tête en arrière. Il finit par la lâcher, cette lèvre qui l’obsède, et fougueusement il s’empare de la peau de ce cou mis à nu, y déposant mille baisers, tantôt furtifs tantôt fautifs. Entre deux souffles, il la marque, cette peau qu’aujourd’hui il s’accapare.

Lorsque finalement ses doigts s’éclipsent de sa chevelure mise en bataille, ce n’est que pour mieux se redresser. Sans crier gare le divergent prend appui sur ses deux jambes, s’extirpe de ce canapé avec elle, mains sagement posées là où il faut pour la porter. Sachant pertinemment qu’il ne pourrait contenir l’éclat sauvage aperçu dans les yeux de la féline, c’est avec empressement qu’il l’emmène. D’un simple coup de pieds, il envoie une chaise grincer et valser à la limite de la baie vitrée. Sur le bord de la table du salon, il la dépose, parfaitement assise, les jambes de la jeune femme probablement toujours enroulées autour de sa taille. De ses deux mains il l’emprisonne, ce doux visage que de ses yeux il questionne. Ses lèvres viennent une nouvelle fois trouver les siennes avant que d’un geste empli de fougue il force son dos à venir trouver la surface vitrée. C’est à peine s’il lui laisse le temps de respirer car déjà ses mains se remettent à soulever le haut noir et soyeux, fine pièce de luxe, juste assez pour dévoiler ces courbes désirées. A elle, enchaîné, il se penche et c’est avec fièvre que ses lèvres progressent sur sa peau mise à nue, entamant l’ultime descente, de la naissance de sa poitrine jusqu’à la limite de son nombril, ses mains de part et d’autres de ses hanches. Avec langueur, il remonte son visage jusqu’au sien, replace une mèche rebelle derrière l’oreille d’Arizona, la toise pendant quelques secondes avant de lui offrir un baiser plein de douceur. Contraste poignant à ce qu’il venait tout juste de faire avant. Ceci n’est qu’un vulgaire leurre, car pendant qu’elle se questionne à l’idée d’obtenir cette tendresse surprenante, en silence une de ses mains prends le relais. Elle glisse, effleure, épouse chaque courbe, fait le tour de son nombril avant de s’aplatir et passer la barrière de sa jupe. Elle entame l’ultime descente, jusqu’à y trouver ce qu’elle est venue y chercher. Non loin de là, les lumières de Chicago brillent toujours, et tandis qu’il lui offre ce premier échantillon, la ville s’est définitivement arrêtée de respirer.

Tu l’as cherché, cet éclat que tu voulais ne voir briller que pour toi. Tu l’as cherché et c’est lui qui t’as trouvé.
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GRIZONA ▲ fifty shades of sadness (-18)

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